Kakejikus artisanaux

松尾芭蕉 — Matsuo Bashō
月梅図 — Tsuki Ume-zu
« Lune et prunier »
Attribué à Matsuo Bashō 松尾芭蕉 (1644–1694) Époque Edo, XVIIᵉ siècle
Encre et légères couleurs sur papier, ancienne peinture en forme d’éventail montée en kakejiku.
Cette œuvre ancienne, montée à partir d’une feuille d’éventail, représente un prunier se détachant devant un large disque lunaire très pâle. Quelques traits d’encre suffisent à évoquer le tronc noueux et ses branches, tandis que la lune apparaît presque effacée, comme voilée par l’atmosphère.
À gauche, la composition est accompagnée d’une calligraphie cursive dont le rythme fluide répond directement à celui des branches. L’ensemble repose sur une remarquable économie de moyens : le vide, les zones laissées en réserve et la sobriété des lignes participent autant à l’image que les éléments effectivement peints.
Le sujet 月梅 — tsuki ume, « lune et prunier », appartient au répertoire poétique traditionnel japonais. Le prunier, ume 梅, fleurit à la fin de l’hiver et annonce l’arrivée prochaine du printemps. Associé à la lune, il évoque le silence, la solitude, la pureté et la beauté discrète d’un paysage encore froid. Une bande verticale jointe à l’œuvre porte une ancienne attribution mentionnant 芭蕉翁 — Bashō-ō, « le vieux maître Bashō », ainsi que 松尾桃青 — Matsuo Tōsei, nom utilisé par Bashō avant l’adoption de son célèbre nom de plume.
Matsuo Bashō 松尾芭蕉 (1644–1694) demeure l’une des figures majeures de la littérature japonaise de l’époque Edo. Maître du haikai et auteur du célèbre Oku no Hosomichi 奥の細道, il développa une esthétique profondément liée à l’observation de la nature, au dépouillement et à la perception de l’instant.
La monture ancienne, associant un brocart bleu profond à motifs géométriques et floraux, des textiles brun-or et un fin encadrement décoratif, constitue également un élément important de l’ensemble.
Cette pièce séduit surtout par son caractère intime et poétique : une lune presque effacée, quelques branches de prunier et une calligraphie libre, réunies sur une feuille d’éventail ancienne.
Attribution : Matsuo Bashō 松尾芭蕉
La prudence reste nécessaire : en l’absence d’expertise comparative de l’écriture, du sceau et de la provenance, il convient de présenter l’œuvre comme attribuée à Matsuo Bashō, et non comme autographe certaine.
Hauteur : 108 cm
Largeur : 30 cm
Prix : 650 euros









松林桂月 — Matsubayashi Keigetsu
月下梅花図 — Gekka Baika-zu
« Prunier en fleurs sous la lune »
Japon — époque Meiji 明治時代 (1868–1912) Encre et légères couleurs sur soie
Signature : 桂月 — Keigetsu, avec sceau rouge
Saison : début du printemps — 晩冬・初春
Sous la lumière calme d’une pleine lune, un vieux prunier — 梅, ume déploie ses branches noueuses couvertes de délicates fleurs blanches. La composition oppose avec beaucoup de force le tronc sombre et puissamment travaillé à l’encre à la douceur presque immatérielle du disque lunaire.
Le traitement du prunier est particulièrement expressif. Les masses d’encre noire donnent au vieux bois une présence presque sculpturale, tandis que les ramifications plus fines et les jeunes fleurs apportent légèreté et mouvement. La lune, au contraire, demeure silencieuse et immobile, laissant entre l’astre et l’arbre un vaste espace de respiration.
Le prunier en fleurs est l’un des grands symboles du passage de l’hiver au printemps au Japon. Fleurissant alors que le froid peut encore être présent, il évoque la résilience, le renouveau et la vitalité. La saison la plus juste pour cette œuvre est donc cette période intermédiaire située entre la fin de l’hiver et les premiers jours du printemps.
La composition repose également sur l’importance du 余白 — yohaku, l’espace laissé libre. La lune et le prunier ne remplissent pas la surface : ils émergent du vide. Cette retenue donne à la peinture son atmosphère contemplative et accentue le dialogue entre la permanence de l’astre et la fragilité des premières fleurs.
松林桂月 — Matsubayashi Keigetsu
Matsubayashi Keigetsu (1876–1963) fut l’une des figures importantes de la peinture japonaise moderne issue de la tradition Nanga 南画. Élève de Noguchi Yūkoku 野口幽谷, il développa un style personnel fondé sur une maîtrise remarquable de l’encre, particulièrement adaptée aux paysages, arbres anciens, bambous, pruniers et sujets végétaux.
Cette œuvre de l’époque Meiji appartient donc à la première partie de sa carrière. On y retrouve déjà plusieurs caractéristiques essentielles de son langage : vigueur presque calligraphique du pinceau, contrastes d’encre profonds, goût pour les arbres anciens et utilisation très raffinée du vide.
Le montage, dans des tonalités bronze et brun doré, accompagne particulièrement bien la sobriété de la peinture et renforce la luminosité du prunier et de la lune.
Une œuvre élégante et profondément poétique, où la force du vieux prunier répond à la sérénité de la lune, tandis que les premières fleurs annoncent silencieusement le retour du printemps.
Hauteur : 185 cm
Largeur : 37 cm
Prix : 350 euros









春秋二幅画 — La splendeur du printemps et de l’automne
吉田元陳 — Yoshida Genchin (1728–1795)
Avec les calligraphies attribuées au prince Fushimi-no-miya Kuniyori (伏見宮邦頼親王) et à Hirohata Sakitoyo (廣幡前豊).
Japon · Époque d’Edo, XVIIIe siècle · Deux kakejiku · Peinture en couleurs sur soie
Présentation de l’ensemble
Cette somptueuse paire de kakejiku célèbre deux des plus belles expressions de la nature japonaise : la floraison des cerisiers au printemps et l’embrasement des érables à l’automne. D’une remarquable élégance, ces deux peintures forment un ensemble d’une grande richesse esthétique et poétique. La finesse du dessin, la délicatesse des couleurs et la maîtrise des espaces vides révèlent une sensibilité artistique particulièrement raffinée.
Chaque œuvre possède sa propre personnalité, mais les deux compositions se répondent avec une harmonie admirable. Le printemps exprime la fraîcheur et le renouveau, tandis que l’automne déploie toute la splendeur de ses couleurs. Leurs montages assortis, associant une soie bleu pâle à un riche brocart bleu nuit orné de motifs dorés, soulignent encore leur caractère précieux.
L’ensemble associe la peinture attribuée à Yoshida Genchin et deux poèmes calligraphiés sur des tanzaku, ces bandes de papier suspendues aux branches. Une attestation de 1783 désigne précisément le peintre et les deux auteurs des calligraphies : une rencontre remarquable entre peinture, poésie et culture de cour.
Le printemps — La grâce des cerisiers en fleurs
Le premier rouleau représente un vieux cerisier dont les branches se couvrent de magnifiques fleurs blanches délicatement teintées de rose. Le tronc aux nuances vert-gris contraste avec la légèreté des fleurs. Les branches sinueuses se déploient librement dans l’espace, créant une composition aérienne d’une grande élégance.
Chaque bouquet est traité avec une remarquable délicatesse. Les pétales blancs, les boutons rosés et les jeunes feuilles composent une harmonie subtile, donnant l’impression d’assister à l’éveil de la nature. Une étroite bande de papier poétique, appelée tanzaku (短冊), suspendue aux branches, porte un waka du Kokin Wakashū calligraphié, selon l’attestation, par le prince Fushimi-no-miya Kuniyori.
L’artiste laisse une place généreuse au vide, permettant au regard de circuler librement et renforçant le sentiment de calme et de légèreté. Le poème invite à demeurer auprès des fleurs jusqu’à leur chute, plutôt qu’à les cueillir. La peinture devient ainsi une méditation sur la beauté éphémère du printemps.
Une peinture d’une beauté exquise, où la finesse des fleurs et l’élégance des lignes célèbrent toute la poésie du printemps japonais.
L’automne — La splendeur des érables
Le second rouleau offre un contraste saisissant par l’intensité et la richesse de ses couleurs. Les branches d’un érable s’étendent gracieusement dans l’espace, portant un feuillage aux nuances somptueuses de jaune doré, d’orange lumineux et de rouge profond. La subtilité des dégradés et la finesse du dessin donnent à chaque feuille une présence délicate.
Quelques feuilles détachées flottent doucement dans l’espace, introduisant une sensation de mouvement et évoquant le passage du temps. Une bande de papier poétique suspendue aux branches porte un waka du Shūi Wakashū calligraphié, selon l’attestation, par Hirohata Sakitoyo. Le poème exprime le désir de cueillir les feuilles d’érable avant que le vent ne les emporte.
L’équilibre entre le tronc vigoureux, les ramifications délicates et les feuillages éclatants témoigne d’une remarquable maîtrise de la composition. Une œuvre somptueuse, dont la richesse chromatique et la légèreté du mouvement expriment toute la magnificence de l’automne japonais.
Un dialogue exceptionnel entre les saisons
Le cerisier en fleurs évoque la naissance, la fraîcheur et la promesse des beaux jours. L’érable aux couleurs flamboyantes célèbre la maturité, la beauté du changement et le caractère éphémère de toute chose. Au printemps, le poète souhaite contempler les fleurs jusqu’à leur chute ; à l’automne, il souhaite emporter les feuilles pour les soustraire au vent. Les deux textes se répondent dans une même conscience de la fragilité de la beauté.
Les trois personnalités associées aux œuvres
吉田元陳 — Yoshida Genchin (1728–1795)
Peintre de l’époque d’Edo, Yoshida Genchin, de son nom personnel Morikiyo (守清), appartient à l’école Tsurusawa, liée à la tradition Kanō. Disciple de Tsurusawa Tangei (1687–1769), il reçut le rang de Hokkyō en 1757, travailla pour la cour impériale à partir de 1758 et fut élevé au rang de Hōgen en 1777. Lors de la reconstruction du palais impérial de Kyoto en 1790, il participa avec Tsurusawa Tansaku et leurs disciples aux décors peints de plusieurs bâtiments de cour.
伏見宮邦頼親王 — Prince Fushimi-no-miya Kuniyori (1733–1802)
Deuxième fils du prince Fushimi-no-miya Sadatake, il mena d’abord une vie religieuse bouddhique et exerça notamment les fonctions de supérieur du Tōdai-ji. Revenu à la vie laïque en 1774 pour reprendre la maison princière Fushimi-no-miya, il en devint le dix-huitième chef. Il reçut en 1775 la charge de Hyōbu-kyō. L’attestation de 1783 lui attribue la calligraphie du poème du cerisier.
廣幡前豊 — Hirohata Sakitoyo (1742–1784 selon la notice)
Issu de la famille aristocratique Hirohata, il fut nommé Naidaijin, ministre de l’Intérieur de la cour, en 1775, et reçut le premier rang de cour en 1781. Son épouse était une fille du prince Fushimi-no-miya Sadatake, ce qui établissait un lien familial avec le prince Kuniyori. L’attestation de 1783 lui attribue la calligraphie du poème des érables.
Traduction des deux poèmes
1. Printemps — Le cerisier
Transcription originale du tanzaku :
折とらは於し遣尓も阿る可櫻者那 / いさやと加李亭散まてハミむ
折とらば惜しげにもあるか桜花
いざ宿かりて散るまでは見む
Traduction : « Serait-il regrettable de cueillir ces fleurs de cerisier ? Allons plutôt prendre ici un abri et les contempler jusqu’à ce qu’elles tombent. »
Source : Kokin Wakashū (古今和歌集). Poème d’auteur anonyme ; calligraphie attribuée au prince Kuniyori. Texte établi d’après la transcription modernisée fournie dans la notice japonaise.
2. Automne — Les érables
もみぢ葉を手ごとに折りてかへりなむ
風のこころも後ろめたきに
Traduction : « Cueillons chacun des feuilles d’érable et rentrons avec elles, car les intentions du vent ne m’inspirent guère confiance. »
Source : Shūi Wakashū (拾遺和歌集). Le poème est attribué dans la notice à 源延光朝臣 (Minamoto no Nobumitsu) ; calligraphie attribuée à Hirohata Sakitoyo.
Traduction des inscriptions et des documents
1. Boîte extérieure
春秋二幅画
Lecture : Shunjū nifuku-ga. Traduction : « Deux peintures du printemps et de l’automne. » 春 : printemps ; 秋 : automne ; 二幅 : deux rouleaux suspendus ; 画 : peintures. Les petites étiquettes illustrées se rapportent aux sujets saisonniers.
2. Intérieur du couvercle
明治三午年正月吉辰調之
Traduction : « Examiné en un jour propice du premier mois de la troisième année de Meiji, année du Cheval. » Il s’agit du premier mois de 1870 ; cette date concerne une inscription ou un examen ultérieur, non la création des peintures.
髙田氏
« Monsieur Takada » ou « famille Takada ». Le rôle exact de cette personne n’est pas établi.
露白山人鑒之
« Examiné par Rōhaku Sanjin. » La notice transcrit aussi deux sceaux : 荒木之印, « sceau d’Araki » ; 露白, « Rōhaku ».
3. Signature et sceau du peintre
法眼元陳画
Inscription sur la pochette de l’attestation : 御筆者 — « Auteurs des calligraphies ».
Lecture : Hōgen Genchin ga. Traduction : « Peint par Genchin, titulaire du rang de Hōgen. »
守清之印
« Sceau de Morikiyo », nom personnel de Yoshida Genchin. Le vendeur annonce une garantie d’authenticité, sous conditions ; celle-ci ne remplace pas une expertise indépendante.
4. Attestation manuscrite de 1783
La notice attribue cette attestation, ou origami (折紙), à 谷口正循, Taniguchi Masayuki (1743–1805), dignitaire de la famille Hirohata. La pochette porte 御筆者 : « Auteurs des calligraphies ». Transcription et traduction, dans l’ordre de la notice :
春秋二幅画
« Deux peintures du printemps et de l’automne. »
法眼吉田元陳守清
« Yoshida Genchin Morikiyo, titulaire du rang de Hōgen. »
右御賛
« Inscriptions poétiques accompagnant les œuvres mentionnées ci-dessus. »
桜
« Cerisier. »
伏見兵部卿邦頼親王
« Prince Kuniyori de Fushimi, titulaire de la charge de Hyōbu-kyō. »
紅葉
« Feuillage d’automne. »
廣幡前内大臣前豊公
« Son Excellence Hirohata Sakitoyo, ancien ministre de l’Intérieur. »
以上
« Ce qui précède. »
右無相違者也
« Les indications ci-dessus sont exactes. »
天明三癸卯歳
Le document est daté de la fin du printemps de l’an 1783 et porte le kaō de Taniguchi Masayuki. La notice le décrit comme un dignitaire de la maison Hirohata.
« Troisième année de Tenmei, année du Lièvre d’eau » : 1783.
季春
« Dernier mois du printemps. »
飛騨守源正循
« Minamoto no Masayuki, titulaire du titre de Hida no Kami. »
Le document porte un kaō (signature stylisée). L’attestation, datée du vivant des trois personnalités nommées, constitue un témoignage historique important sur l’attribution des peintures et des calligraphies. Elle est distincte de l’inscription de 1870 sur la boîte.
Une paire d’une beauté remarquable
La délicatesse presque immatérielle des fleurs de cerisier répond à l’éclat flamboyant des feuilles d’érable. La douceur du printemps et la magnificence de l’automne se rejoignent dans une même célébration de la nature. L’élégance des compositions, la subtilité du dessin, la richesse des couleurs et le raffinement des montages confèrent à cette paire une présence exceptionnelle.
Les poèmes, les calligraphies attribuées à deux personnalités aristocratiques et l’attestation de 1783 ajoutent une profondeur littéraire et historique à cette harmonie picturale.
Hauteur : 185 cm
Largeur : 57 cm
Prix : 1500 euros



















都路華香 — Tsuji Kakō
梅花書屋 — Baika Shoya
« Le pavillon aux fleurs de prunier »
Élégant kakejiku de Tsuji Kakō (1871–1931), figure majeure de l’école de Kyoto entre les ères Meiji et le début de Shōwa.
Technique : encre et couleurs sur papier.
Formé auprès de Kōno Bairei, Kakō compte parmi les artistes importants issus de ce cercle, aux côtés notamment de Takeuchi Seihō. Son œuvre se distingue par une grande liberté de pinceau, un sens aigu du vide et une poésie sobre qui annoncent pleinement la modernisation du nihonga à Kyoto.
Cette œuvre, intitulée 梅花書屋 — Baika Shoya, peut se traduire par « Le pavillon aux fleurs de prunier ». Le titre évoque un lieu retiré, associé à l’étude, à la contemplation et à la floraison du prunier, motif traditionnel de renouveau et de persévérance.
La composition adopte un langage très épuré, caractéristique de Kakō : l’espace laissé libre joue un rôle essentiel, tandis que quelques lavis et traits d’encre suffisent à créer une atmosphère silencieuse et méditative. Le traitement du motif privilégie la suggestion plutôt que la description, avec une grande économie de moyens.
L’œuvre est accompagnée de son 共箱 — tomobako, ainsi que d’une seconde boîte de protection, constituant un ensemble particulièrement complet.
Hauteur : 198 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 350 euros







木村武山 — Kimura Buzan
竹と筍図 — Bambou et jeune pousse
Kakejiku japonais – encre et légers rehauts sur papier
Élégant kakejiku de Kimura Buzan (木村武山, 1876–1942) consacré au bambou. La composition est construite autour d’un long chaume gris qui s’élève presque sur toute la hauteur de l’œuvre, peint à l’encre diluée avec une grande économie de moyens. À sa base, quelques feuilles de bambou traitées dans une encre noire beaucoup plus dense viennent créer un puissant contraste graphique.
À gauche apparaît une jeune pousse de bambou — 筍, takenoko, rendue par des lavis gris accompagnés de rehauts brun-ocre. Ce détail enrichit fortement la lecture de l’œuvre : au bambou adulte, symbole de force et de constance, répond la jeune pousse, image de croissance, de renouvellement et de continuité.
Le sujet se rattache naturellement au printemps et au début de l’été, période d’apparition et de croissance des jeunes pousses de bambou, même si le bambou reste dans l’art japonais un motif apprécié tout au long de l’année.
La peinture repose sur une grande sobriété. Buzan suggère la structure du bambou par de larges touches grisées et quelques accents plus sombres aux nœuds. Les feuilles, elles, sont exécutées dans un geste plus nerveux et calligraphique. Cette opposition entre la verticalité calme du chaume et l’énergie des feuilles donne à l’ensemble beaucoup de présence.
Le bambou est l’un des grands symboles de la culture japonaise : droiture, souplesse, résistance et capacité à plier sans rompre. Associé à la jeune pousse, il peut également évoquer la transmission entre générations et la promesse d’un nouvel élan.
La monture ancienne, dans des tonalités brun-or et bronze, présente un discret décor tissé qui accompagne particulièrement bien la sobriété de la peinture. Les extrémités du rouleau sont de couleur ivoire ; leur matière précise ne peut pas être affirmée sur photographie. Le kakejiku est accompagné de sa boîte de rangement en bois.
Une œuvre à la fois sobre, puissante et très japonaise, où Buzan fait dialoguer le bambou adulte et la jeune pousse dans une composition dominée par l’idée de croissance, de force et de renouvellement.
Hauteur : 194 cm
Largeur : 42 cm
Prix : 300 euros









Nakajima Raishō 中島来章 — Oiseau en vol et Adonis du printemps
Kakejiku japonais — encre et couleurs légères sur papier
Artiste : Nakajima Raishō 中島来章 (1796–1871)
Époque : fin de l’époque Edo
Très élégant kakejiku de Nakajima Raishō, peintre actif à Kyoto à la fin de l’époque Edo et rattaché à la tradition picturale de l’école Shijō. La composition repose sur un remarquable équilibre entre vide et mouvement. Dans un vaste espace laissé presque entièrement libre, un petit oiseau traverse le ciel en plein vol. Au-dessous, un relief rocheux apparaît par larges lavis d’encre noire et grise, traité avec une grande liberté de pinceau. À son pied poussent quelques Adonis du printemps — fukujusō 福寿草, reconnaissables à leurs fleurs jaunes et à leur feuillage naissant.
La présence des fukujusō est essentielle à la lecture saisonnière de l’œuvre. Parmi les toutes premières fleurs à apparaître après l’hiver, elles annoncent traditionnellement au Japon le tout début du printemps. Leur nom, 福寿草, littéralement « herbe du bonheur et de la longévité », leur confère également une dimension particulièrement auspicieuse.
L’oiseau est traité avec beaucoup plus de précision que le paysage : plumage gris et brun légèrement coloré, œil souligné et ailes rendues par une succession de traits rapides qui donnent une véritable sensation de mouvement. Ce contraste entre le détail de l’oiseau et la spontanéité presque abstraite du paysage est caractéristique d’une peinture cherchant davantage à transmettre une atmosphère qu’à décrire minutieusement la nature.
La signature 来章 — Raishō apparaît dans la partie inférieure de la peinture, accompagnée de deux sceaux rouges.
L’association des Adonis jaunes, du paysage encore austère et de l’oiseau en mouvement situe précisément la scène au moment où l’hiver commence à céder la place au printemps. Le sujet exprime ainsi le réveil discret de la nature après la saison froide.
Le rouleau bénéficie par ailleurs d’un hyōsō particulièrement raffiné, associant des soieries crème, gris-vert et or à motifs tissés. Il est conservé dans une boîte en bois, sur laquelle une petite reproduction de la peinture permet son identification.
Une œuvre à la fois sobre et poétique de Nakajima Raishō, particulièrement adaptée à une présentation saisonnière de fin d’hiver / début de printemps dans un tokonoma
Hauteur : 213 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 350 euros









Kanō Yasunobu 狩野安信
Hirondelle sur tige — 燕図
Japon — époque d’Edo
Encre et couleurs légères sur papier
Élégante peinture de Kanō Yasunobu 狩野安信 (1614–1685) représentant une hirondelle posée sur une fine tige, dans une composition d’une grande sobriété. L’oiseau est traité avec une remarquable économie de moyens : dos sombre, gorge brun-roux, ventre clair et longues rectrices caractéristiques, tandis que la végétation est réduite à quelques traits d’encre souples et nerveux.
L’ensemble repose sur un jeu subtil entre présence et vide. La large réserve de papier autour de l’oiseau amplifie la sensation de calme et de légèreté, tandis que la courbe de la tige introduit un mouvement discret qui anime toute la composition.
Le montage est particulièrement raffiné, avec un brocart bleu à décor végétal et floral, souligné autour de la peinture par une fine bordure dorée. Le revers associe des tons bleu pâle, crème et ivoire. Les extrémités du rouleau sont en matière claire polie.
Signature
La peinture porte la signature :
安信筆 — Yasunobu hitsu
« Peint par Yasunobu »
accompagnée d’un sceau rouge.
Kanō Yasunobu fut un peintre majeur de l’école Kanō, l’une des plus importantes écoles picturales du Japon prémoderne. Actif au XVIIe siècle, il appartient à la grande tradition officielle de la peinture Kanō de l’époque d’Edo.
Saison
L’hirondelle, tsubame 燕, est traditionnellement associée au printemps et au début de l’été, période de son retour au Japon. La composition convient donc particulièrement à un kazari printanier ou de début d’été, notamment en association avec un suiseki sobre ou une présentation de saison.
Hauteur : 134 cm
Largeur : 60 cm
Prix : 250 euros









Kanō Yasunobu 狩野安信
Deux hirondelles en vol — 燕図 Tsubame-zu
Japon, début de l’époque d’Edo — XVIIᵉ siècle Encre et légères couleurs sur soie
Kakejiku avec boîte de conservation en bois, Élégant kakejiku représentant deux hirondelles saisies dans un vol croisé, leurs corps se frôlant tandis que leurs ailes largement déployées occupent presque tout l’espace pictural.
La composition frappe par sa vivacité et son extraordinaire économie de moyens. Quelques traits d’encre rapides, souples et nerveux suffisent à suggérer la vitesse, la légèreté et la tension du mouvement. Les ailes, presque transparentes par endroits, contrastent avec les têtes et les plumages sombres, tandis que de délicates touches rosées animent la gorge des oiseaux.
Cette maîtrise du geste donne à la scène une impression immédiate de spontanéité : le peintre ne cherche pas à décrire chaque plume, mais à saisir l’instant même du passage des oiseaux dans l’air.
L’inscription calligraphiée accompagne la peinture comme un poème consacré au retour des hirondelles et au renouveau de la saison. Elle peut être rendue librement ainsi :
« Les jeunes hirondelles annoncent le renouveau.
Portées par le vent, elles volent par deux,
se poursuivant dans l’air léger,
messagères du printemps revenu. »
La peinture porte une signature se lisant 安信筆 — Yasunobu hitsu, « peint par Yasunobu », accompagnée d’un sceau rouge. Kanō Yasunobu appartient à l’une des générations majeures de l’école Kanō au début de l’époque d’Edo. Fils de Kanō Takanobu et frère cadet du célèbre Kanō Tan’yū, il participa pleinement à la tradition picturale officielle développée sous le shogunat Tokugawa.
Le montage ancien est particulièrement remarquable. La petite peinture est enchâssée dans une somptueuse soie brochée ivoire et or, ornée de chrysanthèmes et de longues herbes, dont les lignes courbes répondent avec subtilité au mouvement des ailes. La richesse du textile crée un contraste précieux avec la sobriété de la peinture et renforce son caractère raffiné. Le revers ancien, le cordon de suspension, les embouts de rouleau de teinte ivoire et la boîte de conservation complètent un ensemble d’une belle cohérence historique et esthétique.
Une œuvre particulièrement poétique, où la spontanéité du vol, la calligraphie et le raffinement du montage s’accordent dans une composition d’une grande élégance
Hauteur : 114cm
Largeur : 26cm
Prix : 450 euros









Sōshū 宗州
竹雀 — Bambou et moineau
Kakejiku japonais
Élégant kakejiku représentant un moineau posé sur une branche de bambou, dans une composition verticale particulièrement équilibrée. L’oiseau, traité avec finesse dans des tonalités brun-roux, grises et noires, est représenté le bec ouvert, apportant une impression de vie et de spontanéité à la scène.
Le bambou, peint avec légèreté dans différents tons de vert, structure l’ensemble par ses tiges élancées et ses feuilles souples. L’artiste joue avec les espaces laissés libres autour du sujet, donnant à la peinture cette respiration caractéristique de l’esthétique japonaise. La peinture porte la signature 宗州 — Sōshū, accompagnée d’un sceau rouge. L’œuvre est conservée dans une boîte en bois inscrite, dont le titre correspond au sujet représenté :
竹雀 — Take-suzume
« Bambou et moineau »
Le bambou occupe une place importante dans la culture japonaise. Toujours vert, souple mais résistant, il symbolise traditionnellement la force intérieure, la droiture et la capacité à s’adapter sans rompre. Le moineau, oiseau familier des jardins japonais, apporte à cette symbolique une dimension plus intime et vivante.
Le montage est particulièrement soigné, associant brocart doré à motifs floraux et textiles aux tonalités sobres, qui prolongent harmonieusement la délicatesse de la peinture.
Une œuvre délicate et très décorative, fondée sur un thème classique de la peinture japonaise, où la simplicité apparente du sujet laisse toute sa place au mouvement, au rythme et à l’évocation de la nature
Hauteur : 120 cm
Largeur : 30 cm
Prix : 250 euros









Watanabe Seppō 渡辺雪峰 —
Bouvreuil sur branche fleurie — 鷽花木図
Japon, première moitié du XXᵉ siècle
Encre et couleurs sur papier — Kakejiku
Élégant kakejiku de kachō-ga 花鳥画, représentant un bouvreuil mâle posé sur une branche couverte de délicates fleurs jaune pâle et blanc crème. La scène évoque la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, saison du renouveau dans l’esthétique japonaise.
L’oiseau constitue le point focal de la composition. Son plumage est rendu avec beaucoup de finesse : calotte et ailes noires, dos gris bleuté et gorge rouge rosé. Ce traitement précis contraste avec les branches peintes plus librement à l’encre et les fleurs légères disposées sur toute la hauteur.
La longue branche descendante et les larges espaces laissés libres donnent à l’œuvre une remarquable sensation de calme et de profondeur. L’ensemble est caractéristique d’une peinture japonaise privilégiant l’équilibre entre observation naturaliste et suggestion poétique.
La peinture porte en bas à droite la signature 雪峰 — Seppō, accompagnée d’un sceau rouge. L’œuvre peut être présentée comme attribuée à Watanabe Seppō 渡辺雪峰 (1868–1949).
Le montage ancien en soie damassée ivoire et or pâle, particulièrement élégant, s’accorde parfaitement avec les tonalités douces de la peinture.
Une composition raffinée et très décorative, remarquable par la qualité d’exécution du bouvreuil et par son atmosphère paisible de début de printemps
Hauteur : 209 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 250 euros









Shōin 松隠
梅之画 — Ume no ga — « Prunier en fleurs »
Japon, probablement époque Meiji–Taishō Encre et légers rehauts de couleur sur papier
Signature : 松隠 — Shōin, accompagnée d’un sceau rouge Boîte de conservation en bois de paulownia
Élégant kakejiku consacré au prunier en fleurs (ume 梅). Une branche sombre, exécutée d’un trait énergique et presque calligraphique, s’élève dans la composition tandis que quelques fleurs et boutons apparaissent avec une remarquable économie de moyens.
L’artiste associe une encre noire profonde, de longs traits gris très légers et quelques délicates touches brun-rouge. Le vaste espace laissé vierge autour du sujet accentue la verticalité de la branche et donne à l’ensemble une grande sobriété, caractéristique de l’esthétique japonaise où le vide participe pleinement à la composition.
La peinture porte clairement la signature 松隠, qui se lit Shōin, accompagnée de son sceau rouge. Je conserve ici uniquement ce nom d’artiste attesté par la signature, sans lui attribuer un patronyme non confirmé.
Au revers du rouleau figure l’inscription :
梅之画 — Ume no ga
« Peinture de prunier »
Le prunier, qui fleurit alors que l’hiver n’est pas encore complètement achevé, est au Japon un symbole de résistance, de renouveau et de l’arrivée prochaine du printemps. Le thème rattache naturellement cette œuvre à la fin de l’hiver / tout début du printemps.
Une composition très dépouillée, où la vigueur de l’encre contraste avec la fragilité des premières fleurs, donnant au rouleau une présence particulièrement raffinée.
Hauteur : 175cm
Largeur : 40cm
Prix : 250 euros









梅に鶯図 – UME NI UGUISU
Description
Moineau posé sur une branche de prunier en fleurs. Composition verticale équilibrée, trait léger et précis. Les fleurs rosées apportent un contraste subtil à l’encre.
Peinture de type kachō-ga (fleurs et oiseaux).
Exécution fine, composition aérée, bon usage du vide.
Artiste : Signature : 花陰 (Ka’in)
Période : Vers 1900–1930 (fin Meiji / Taishō / début Shōwa)
Monture en soie, format vertical classique (kakejiku standard)
Impression
Pièce décorative japonaise traditionnelle, lisible et équilibrée, adaptée à une présentation sobre.
Hauteur : 195 cm
Largeur : 52 cm
Prix : 250 euros








Morimura Gitō 森村宜稲
雌雀養雛図 — Mesuzume Yōsū-zu
Moineau nourrissant ses petits
Japon, époque Taishō – début Shōwa
Encre et légers pigments sur soie, montage en brocart.
Signature et sceau de l’artiste. Coffret ancien en bois inscrit et signé.
Très beau kakejiku de Morimura Gitō 森村宜稲 (1872–1938) représentant une scène intime de vie animale : un moineau adulte revient auprès de ses petits installés à l’abri d’un élément architectural.
La composition est construite avec une remarquable économie de moyens. De larges lavis gris suggèrent l’architecture tandis que les oiseaux, beaucoup plus finement détaillés, deviennent immédiatement le centre de l’œuvre. L’importance accordée au vide renforce l’impression de calme et donne à la scène une grande légèreté.
雌雀養雛図 — Mesuzume Yōsū-zu
雌雀 — mesuzume : moineau femelle
養雛 — yōsū : nourrir, élever les oisillons
図 — zu : représentation
« Moineau femelle nourrissant ses petits »
La longue calligraphie qui accompagne la peinture développe poétiquement le même thème. En français, son sens peut être rendu ainsi :
« Dans leur nid, les petits attendent,
guettant le retour de leur mère
qui vient leur apporter la nourriture. »
Le texte transforme ainsi une simple observation de la nature en une évocation sensible de l’attente, du soin maternel et de la continuité de la vie.
Le montage ancien associe des tons crème à un élégant brocart bleu-gris semé de petits motifs dorés. Les jikusaki clairs et le kiribako ancien, portant le titre de l’œuvre ainsi qu’une inscription intérieure datée, signée et scellée, complètent un ensemble particulièrement cohérent.
Une œuvre sobre, raffinée et pleine de sensibilité, idéale pour une présentation de printemps ou de début d’été, notamment en association avec un suiseki.
Hauteur : 208cm
Largeur : 53cm
Prix : 400 euros









FLEURS DE CERISIER ET PAPILLON EN VOL
桜花蝶影図 — Ōka Chōei-zu
Description
Superbe kakémono représentant une branche de cerisier en pleine floraison, déployée avec une élégance naturelle dans la partie basse du champ pictural. Les fleurs, d’un blanc délicatement nuancé, semblent vibrer sur le papier, tandis qu’un papillon clair, aux ailes subtilement bleutées, traverse l’espace avec une légèreté presque irréelle.
Quelques pétales tombants viennent parfaire cette scène suspendue, capturant l’instant le plus précieux du printemps japonais.
Esthétique
Grande maîtrise du vide (ma), qui structure l’œuvre et en amplifie la puissance silencieuse. Le dessin est précis, souple, parfaitement équilibré.
La palette, volontairement retenue, révèle une grande finesse d’exécution, notamment dans le traitement du papillon, d’une transparence remarquable.
L’ensemble dégage une sensation de calme absolu, typique des meilleures œuvres de tradition kyotoïte.
École : Maruyama–Shijō (Kyoto)
Inscrite dans la lignée du naturalisme raffiné initié par Maruyama Ōkyo, cette œuvre illustre parfaitement l’élégance et la sensibilité de l’école Shijō : observation juste de la nature, composition aérée et poésie du geste.
Un travail représentatif des ateliers cultivés de Kyoto, destinés à une clientèle exigeante.
Période :Fin Edo – début Meiji (XIXe siècle).
Signature
Signature verticale accompagnée d’un sceau rouge. Lecture probable : 豊秋 Toyoaki — attribuable à un peintre d’atelier de bon niveau, dans le cercle Shijō.
Monture (表装 – Hyōsō)
Monture élégante en soie aux tons beiges, parfaitement en accord avec la douceur du sujet.
Jikusaki en bois laqué décorés de motifs floraux, renforçant l’unité esthétique de l’ensemble.
Hauteur : 188 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 300 euros








MOINEAU ET CAMELIA
une branche de camélia (椿 / tsubaki) avec fleur et bourgeons. Le camélia symbolise : la noblesse/la pureté/ le renouveau, Dans l’esthétique japonaise il est souvent associé : à la fin de l’hiver / début du printemps.
Le moineau symbolise : la vitalité/la vie quotidienne
/la joie simple.
Dans la peinture japonaise, un oiseau volant vers une fleur signifie souvent : e réveil de la nature. Le style est très typique de la peinture japonaise traditionnelle appelée : kachō-ga (花鳥画) peinture fleurs et oiseaux.
Technique utilisée : encre sumi/légers pigments / lavis doux.
Le dessin est : rapide/ expressif/très fluide. Points très bons : mouvement naturel du moineau/équilibre de la composition/traitement simple mais vivant.
La signature lit : 翠庵 (Sui-an) pigments doux typiques XIXe siècle. 1880 – 1920 Points forts : dessin fluide/sujet très japonais/belle simplicité/composition équilibrée.
Hauteur : 130 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 250 euros









MOINEAU ET CERCLE
Petit oiseau probablement moineau japonais (suzume / 雀) ou proche du mejiro. Dans la peinture japonaise, ces petits oiseaux symbolisent :
• vie quotidienne/simplicité/nature paisible
Le cercle est un ensō (円相).
Signification dans la tradition zen :
• univers/totalité/illumination/cycle de la nature
Caractéristiques du cercle dans le kakejiku : tracé en un geste rapide/volontairement irrégulier/ouvert et imparfait
Signification de cette imperfection : esthétique wabi-sabi /beauté de l’imperfection spontanéité du geste/univers en mouvement La composition repose sur une idée philosophique : le cercle = l’univers l’oiseau = la vie simple
C’est un thème fréquent dans la peinture zen.
La ligne sous l’oiseau : suggère une branche minimaliste/stabilise la composition/crée un axe vertical dans l’image
Composition artistique : Style : forte utilisation du vide (ma 間)
Caractéristiques visibles : pinceau rapide/touches légères/dégradé dans le plumage/économie de moyens
Cela correspond aux traditions : Shijō/ou peinture zen tardive
Montage du kakejiku : Papier ancien et soie Embouts en bois
Période la plus probable : fin Edo — début Meiji 1820 – 1880
Message visuel : « dans l’immensité de l’univers, une simple présence vivante suffit à créer l’équilibre »
Hauteur : 185 cm
Largeur : 29 cm
Prix : 300 euros









OISEAU ET MAGNOLIAS
Sur un fond doré calme et lumineux, une branche de magnolia en fleurs traverse l’espace comme une ligne vivante. Les fleurs blanches, larges et souples, s’ouvrent lentement. Leur cœur rosé semble encore tiède de la sève du printemps. Les pétales ne sont pas seulement peints : ils respirent.
Chaque fleur possède un modelé très doux, presque nacré, obtenu par superpositions de pigments minéraux. Entre ces corolles silencieuses se tient un oiseau sombre.
Il est posé sur la branche avec une tension légère dans le corps. Le bec ouvert, la tête levée vers la fleur. On dirait qu’il chante.Son plumage est traité avec une grande économie de moyens
Cette sobriété renforce la lumière des fleurs. L’oiseau ne domine pas la scène. Il en fait partie, comme un instant de vie suspendu. Style artistique : Le style appartient à la tradition nihonga / kachō-ga (花鳥画) Ce type de peinture apparaît souvent dans les écoles : Shijō/ou Rinpa tardif
La signature se lit probablement : 之久 Yukyu / Shikyū / Yukihisa (selon lecture artistique) Ce type de signature est typique d’un peintre japonais du XIXe ou début XXe siècle.
Datation la plus probable 1880 – 1910
Cette peinture possède une qualité rare : elle est calme sans être vide. Le fond doré apporte une chaleur silencieuse. Les fleurs semblent presque flotter dans la lumière. Et l’oiseau, minuscule présence vivante, donne à l’ensemble un souffle. C’est exactement le type de rouleau qu’on imagine dans un tokonoma au début du printemps, accompagné : d’un bonsaï en fleur/ou d’un petit suiseki évoquant la saison.
Une peinture faite pour regarder le retour de la lumière.
Hauteur : 198 cm
Largeur : 35 cm
Prix : 250 euros









MOINEAU ET NEIGE
Moineau (雀 – suzume) représenté au solQuelques flocons de neige autour Thème classique japonais : moineau sous la neige
Symbolique : fin de l’hiver / vie fragile mais persistante / poésie de la nature simple
Sujet très courant dans la peinture kachō-ga (花鳥画 : fleurs et oiseaux).
Signature de l’artiste : 橋野光信 Hashino Mitsunobu
Inscription sur la boîte (tomobako)
Début du printemps, année Shōwa 62
Cela correspond au style : école Maruyama-Shijō École naturaliste active à Kyoto.
La peinture semble dater de : fin période Edo – début Meiji ≈ 1850 – 1900
Hauteur : 185 cm
Largeur : 29 cm
Prix : 270 euros









OISEAU EN VOL
Peinture japonaise suspendue (kakejiku) représentant un oiseau en plein vol dans un espace presque vide. La composition est extrêmement épurée : l’oiseau traverse un ciel brumeux, suggéré par un lavis léger, laissant une grande place au vide. Cette utilisation du vide est caractéristique de la peinture japonaise classique où le ma (間) — l’espace silencieux — donne à l’image sa respiration et sa profondeur. Le mouvement de l’oiseau est rendu avec un pinceau très sûr. Les ailes déployées et la légère torsion du corps suggèrent un instant fugitif capturé dans le ciel.
Oiseau en vol (probablement hirondelle ou petit oiseau migrateur stylisé). Les oiseaux en vol apparaissent souvent dans les peintures kachō-ga (peintures d’oiseaux et fleurs).
Signature : 清雲 Seiun « Nuage pur » ou « Nuage clair ».
Caractéristiques : composition minimaliste /lavis très léger/trait calligraphique précis / grande importance du vide Ce style s’inscrit dans la tradition des peintures d’oiseaux inspirées de la nature. Fin époque Meiji – période Taishō – début Shōwa 1900 – 1940
Lecture poétique :
« Dans le ciel silencieux, une seule aile traverse la brume le printemps est déjà là »
Hauteur : 180 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 300 euros






FLEURS DE PRINTEMPS
Ce kakejiku représente un éventail japonais (sensu) peint de fleurs délicates, probablement pruniers ou camélias stylisés, disposées sur de fines branches. La composition est placée sur un fond doré, évoquant les paravents japonais traditionnels.
L’éventail est un motif classique de la peinture décorative japonaise. Il symbolise :
• l’élégance/ la célébration/ les arts raffinés.
La forme ouverte de l’éventail évoque aussi l’expansion et la prospérité.
Une signature cursive apparaît à gauche de l’éventail accompagnée d’un sceau rouge. La lecture reste difficile mais correspond probablement à un nom d’artiste de style nihonga.
Peinture réalisée avec : encre sumi/pigments légers/lavis délicats.
Composition artistique
La composition est volontairement minimaliste :
• un grand espace doré/un éventail central
Ce type de composition s’inspire des paravents décoratifs japonais (byōbu) et des motifs de l’école Rinpa. Les fleurs évoquent le printemps et la renaissance de la nature. Ce type de montage est typique des rouleaux de la période Shōwa (milieu XXᵉ siècle). Les embouts (jikusaki) semblent en ivoire ou os ancien, matériau courant pour les rouleaux de bonne qualité.
Période Shōwa vers 1930 – 1960)
Peinture décorative japonaise dans la tradition nihonga. Il s’agit d’un kakejiku décoratif de bon goût, idéal pour une présentation saisonnière.
Hauteur : 113 cm
Largeur : 66 cm
Prix : 250 euros






OISEAU SUR BRANCHE FLEURIE
Peinture japonaise suspendue (kakejiku) représentant un petit oiseau posé sur une branche fleurie. La composition se développe horizontalement : une branche sombre traverse l’espace et porte plusieurs fleurs blanches tandis qu’un oiseau se tient posé à droite.
Le fond clair et légèrement doré crée une atmosphère calme et lumineuse. La peinture appartient au genre classique :
花鳥画 (kachō-ga)
Peinture d’oiseaux et de fleurs. Ce thème est très populaire dans la peinture japonaise car il exprime la beauté simple de la nature et le passage des saisons. Les fleurs blanches ouvertes et les jeunes feuilles sont typiques du début du printemps. Dans la peinture japonaise, les oiseaux associés aux fleurs évoquent souvent : la renaissance de la nature/ l’harmonie du monde vivant
La signature visible se lit : 翠
Peinture japonaise traditionnelle nihonga.
Caractéristiques visibles : trait souple et vivant de la branche/fleurs peintes avec précision/oiseau délicatement coloré/composition très équilibrée
Le style est décoratif mais reste fidèle à la tradition naturaliste japonaise.
Période probable :Fin Meiji – Taishō – début Shōwa 1900 – 1940
Hauteur : 110 cm
Largeur : 55 cm
Prix : 250 euros






FUJI ET UME
探信 ‒ Tanshin
Peintre japonais actif probablement entre la fin de l’époque Edo et le début de Meiji. Style lettré associant paysage, poésie et calligraphie.
Sujet : Paysage de collines embrumées parcourues de pruniers en fleurs. Les fleurs claires rythment la composition et guident le regard.
Saison : Début du printemps, Le prunier en fleur (梅, ume) est le symbole du renouveau printanier.
Poème inscrit : « Dans la brume légère,les montagnes se répondent au loin. Silencieusement, les fleurs de prunier s’ouvrent, annonçant le printemps. »
Lecture poétique : Peinture et poème décrivent un instant suspendu entre l’hiver et le renouveau. La brume adoucit le paysage tandis que le prunier affirme la vie naissante.
Lecture symbolique : Le prunier incarne la persévérance et la noblesse. La montagne voilée rappelle l’impermanence du monde.
Hauteur : 115 cm
Largeur : 62 cm
Prix : 350 euros






CAMELIA ET PRUNIER
伊川法眼(Ikawa Hōgen)
Peintre japonais de l’époque Edo tardive. Le titre Hōgen était accordé à des artistes reconnus, souvent liés aux cercles officiels ou lettrés.
Sujet : Branche de prunier en fleurs accompagnée d’un camélia rouge, traités avec une grande économie de moyens sur fond clair. Aucune présence animale : la composition repose uniquement sur le dialogue floral et le vide.
Saison :Fin de l’hiver ‒ tout début du printemps
Le prunier (梅) fleurit avant le printemps, tandis que le camélia (椿) évoque la noblesse et la retenue.
Signification poétique : Dans l’air encore froid,
le prunier ouvre ses premières fleurs. Le camélia, silencieux,
ajoute une note de profondeur ̶ élégance avant le renouveau.
Lecture symbolique : Le prunier incarne la persévérance et la pureté morale. Le camélia, fleur noble de l’hiver, suggère la dignité et la constance. Le vide environnant renforce la sensation de calme et de retenue.
Positionnement : Kakejiku idéal pour une présentation hivernale ou de tout début de printemps en tokonoma. Œuvre élégante et discrète idéale pour la cérémonie du thé.
Hauteur : 100 cm
Largeur : 35 cm
Prix : 300 euros






HIRONDELLES SUR BRANCHE
Signature : 谷城 (Tanishiro / Tanijō – lecture probable)
Description : Sur une branche souple qui se penche au-dessus de l’eau, trois hirondelles se rassemblent dans un moment fragile. L’une, posée en avant, Derrière elle, deux jeunes oiseaux attendent, eurs corps encore ronds, leurs regards tournés vers le ciel. La scène est silencieuse, suspendue dans l’air léger du printemps.
Quelques traits d’encre suffisent :
une branche, quelques feuilles, et les ondulations de l’eau suggérées par des lignes rapides.
Comme souvent dans la peinture japonaise, le vide est aussi important que le motif :Il laisse respirer la scène et évoque l’espace du vent.
Les hirondelles (tsubame) sont un motif classique : symbole du printemps/retour de la vie et des migrations/ image de famille et protection des petits
La peinture montre : un trait libre de sumi-e/une composition très épurée/un traitement naturaliste des oiseaux
Ce type de kakejiku est typique des peintures japonaises de la fin de l’époque Edo ou du début Meiji (XIXᵉ siècle).
Montage : sobre en soie beige/Format vertical /classique pour tokonoma/Jikusaki en ivoire ou os (embouts)/Boîte en kiri (paulownia)
Trois hirondelles sur une branche fragile, Le printemps arrive doucement, dans le battement discret de leurs ailes. Un instant simple et tout le monde vivant qui recommence
Hauteur : 190 cm
Largeur : 27 cm
Prix : 240 euros









FLEURS DE CERISIER
Belle peinture sur soie tres fraiche réalisée par le peintre japonais Fujii Shozan (1880/1967), le montage en soie est très beau et de qualité
Une branche de sakura s’avance dans le silence du papier ancien. Quelques fleurs blanches, déjà mêlées aux feuilles brunes, s’ouvrent doucement — comme si le printemps hésitait encore.
Le pinceau est léger, presque méditatif.La branche sombre traverse la composition avec simplicité, tandis que les pétales pâles semblent flotter dans une brume douce.
Rien n’est spectaculaire : tout est retenu, calme, élégant. C’est l’instant fragile où la fleur vient d’éclore, et où l’on sait déjà qu’elle tombera bientôt.
Le kakemono évoque : le printemps naissant
/la beauté éphémère (mono no aware)/la contemplation silencieuse de la nature. Un rouleau simple, délicat, fait pour un tokonoma de printemps, où la fleur de cerisier devient presque une pensée
Hauteur : 100 cm
Largeur : 45 cm
Prix : 150 euros






OISEAU SUR EVENTAIL ET PRUNIER
Kakemono peind à la main sur un eventail réprésentant des fleurs de prunier et un oiseau réalisé par Tesseki, période 1850-1900, extrémités en bois, belle oeuvre minimaliste, avec Tomokako
Au centre du rouleau, un éventail ouvert apparaît comme une scène silencieuse. Sur une branche légère, un petit oiseau se pose parmi quelques fleurs délicates. Le trait est simple, presque calligraphique. L’oiseau semble suspendu dans l’instant, attentif au vent qui traverse les pétales. Autour de lui, le grand espace vide du rouleau crée le calme —
comme si la nature entière respirait dans ce silence. L’éventail évoque la grâce raffinée de la culture classique japonaise,
tandis que l’oiseau parmi les fleurs suggère :
• le printemps discret/la vie simple de la nature/la beauté des choses modestes.
Un kakejiku très sobre, presque méditatif, où quelques traits suffisent à faire naître le paysage
Hauteur : 117 cm
Largeur : 61 cm
Prix : 350 euros






HIRONDELLE ET SAULE
Auteur : 署名 : 一白(Ippaku ‒ lecture probable)
Peintre japonais actif vraisemblablement à la fin de l’époque Edo ou au début de Meiji. Attribution prudente fondée sur la signature et le sceau.
Sujet :Hirondelle en plein vol sous des branches de saule retombantes. Composition élégante associant mouvement et souplesse végétale.
Saison :Printemps L’hirondelle est un kigo majeur du printemps ; le saule renforce l’idée de renouveau.
Signification poétique : Sous le saule léger, l’hirondelle fend l’air. Le printemps arrive le monde reprend souffle.
Lecture symbolique : L’hirondelle symbolise le retour et la vivacité. Le saule évoque la douceur et l’harmonie avec la nature.
Hauteur : 135 cm
Largeur : 60 cm
Prix : 300 euros






LUNE ET FLEURS DE CERISIER
署名 : 辰坊(Tatsubō ‒ lecture probable), Peintre japonais actif probablement fin Edo ‒ début Meiji. Signature cursive accompagnée d’un sceau rouge, typique d’une pratique lettrée.
Sujet : Cerisier ancien aux branches retombantes couvertes de fleurs, se détachant devant une lune claire partiellement voilée. La composition associe la masse du tronc, la délicatesse florale et la présence silencieuse de l’astre.
Saison : Printemps (soir de pleine lune ou lune montante)
Le cerisier en fleurs est le kigo majeur du printemps. La lune introduit une dimension nocturne et contemplative, fréquente dans la peinture japonaise de cette saison.
Signification poétique :Sous la lune pâle,les fleurs tombent en silence. La nuit de printemps ̶un instant suspendu entre éclat et disparition.
Lecture symbolique : Le cerisier incarne la beauté éphémère et la fragilité de l’existence. La lune, symbole de permanence et de contemplation, crée un contraste poétique avec la brièveté des fleurs. L’œuvre devient une méditation sur le temps, l’instant et la mémoire.
Hauteur : 198 cm
Largeur : 53 cm
Prix : 250 euros






HIRONDELLE ET SAULE
Ce kakejiku représente une hirondelle (tsubame) peinte à l’encre noire volant sous une calligraphie cursive fluide.
La composition est volontairement minimaliste :l’oiseau est placé dans la partie inférieure, la calligraphie descend en diagonale depuis la gauche
Ce vide important autour du sujet est typique de l’esthétique zen et lettrée, où le silence de l’espace fait partie de l’œuvre. L’hirondelle est exécutée en quelques coups de pinceau très sûrs. Les ailes longues et effilées et la queue fourchue sont parfaitement rendues.
Symbolique : L’hirondelle (燕 – tsubame) est un symbole classique de : printemps/ renouveau/retour de la vie/bonheur domestique
Dans la culture japonaise, l’hirondelle annonce l’arrivée des beaux jours et est souvent associée aux poèmes de printemps.Placée seule dans un grand espace vide, elle évoque le premier oiseau revenu du sud, traversant un ciel encore silencieux.
Signature probable : 呆堂 probablement lu Hōdō / Bōdō avec un sceau rouge d’artiste (rakkan). Ce type de signature correspond souvent à un nom d’atelier ou nom d’artiste lettré.
L’ensemble correspond à l’esthétique : Nanga / Bunjinga (南画 / 文人画) peinture des lettrés.
Caractéristiques visibles : composition asymétrique/grand espace vide/calligraphie intégrée à l’image/peinture rapide et expressive
Ce type d’œuvre était très apprécié dans les tokonoma de thé ou salons lettrés.
Montage de type kakejiku classique ichimonji : Ichimonji brodé clair/soie verte centrale/soie beige inférieure/embouts noirs laqués (jikusaki)/ papier ancien avec taches de vieillissement naturelles Le montage semble fin XIXe – début XXe siècle.
Datation probable : fin Meiji à Taishō environ 1890 – 1920
Points forts : pinceau très vivant/composition élégante/ minimalisme très japonais/bel équilibre calligraphie / peinture/sujet saisonnier idéal pour tokonoma
Parfait avec : suiseki paysage léger/bonsaï floraison/ suiseki évoquant la montagne ou la pluie
Description poétique : Dans le ciel clair du printemps, une hirondelle trace un arc rapide. Sous le pinceau libre du calligraphe, e vent semble encore vibrer dans ses ailes. Le monde est encore silencieux — mais le printemps vient d’arriver
Hauteur : 120 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 150 euros






HIRONDELLE SUR BRANCHE DE CERISIER
Ce kakejiku représente une hirondelle posée sur une branche de cerisier en fleurs (sakura). L’oiseau est peint avec un réalisme délicat : tête et dos bleu sombre/poitrine blanche/queue longue et profondément fourchue. La branche fine et souple descend en arc élégant, couverte de petites fleurs roses de cerisier.
La composition est très japonaise : asymétrique
/beaucoup d’espace vide/ligne diagonale très fluide.
Deux symboles saisonniers majeurs : Hirondelle (燕 – tsubame)
Symbole de : printemps/renouveau/bonheur domestique/retour de la vie
Cerisier (桜 – sakura) Symbole de : beauté éphémère/printemps/poésie classique japonaise
caractéristiques visibles : dessin très précis de l’oiseau/couleurs minérales douces/branches fines et calligraphiques/fleurs très délicates
Ce type de peinture est très populaire fin Meiji – Taishō – début Shōwa.
Signature visible : 正敏 Masatoshi Il s’agit probablement d’un peintre d’école naturaliste ou d’atelier Nihonga, pas forcément un maître majeur mais clairement un artiste formé.
Composition très réussie : branche diagonale descendante/hirondelle au point d’équilibre visuel/ fleurs légères qui guident le regard
C’est une composition très utilisée pour tokonoma de printemps.
Montage de très bonne qualité : soie vert céladon avec motif nuage discret/ichimonji brodé clair/papier central ivoire/jikusaki en porcelaine bleu et blanc .Les embouts en porcelaine sont un détail élégant assez fréquent début XXe siècle.
Datation probable : vers 1910–1930 fin Meiji / Taishō / début Shōwa). Ce type de kakejiku était destiné à la décoration saisonnière raffinée.
Description poétique : Sur la branche fragile du cerisier, une hirondelle s’est arrêtée. Autour d’elle flottent encore les premières fleurs du printemps. Le vent est doux, et le monde semble suspendu entre deux battements d’ailes
Hauteur : 185 cm
Largeur : 46 cm
Prix : 220 euros






Oiseau et Fleurs de Cerisier
Ce kakejiku représente un petit oiseau de printemps posé dans une branche de cerisier en fleurs. La scène est peinte à l’encre avec quelques touches légères pour les fleurs.
L’oiseau apparaît presque caché dans les branches fleuries, ce qui donne une impression très naturelle et spontanée. La composition est horizontale dans le panneau central :
oiseau et branche à gauche/poème calligraphié à droite
L’oiseau est représenté en mouvement descendant dans la branche, presque en train d’atterrir.
Le pinceau est très rapide : ailes ouvertes/corps incliné/pattes vers la branche
Ce type de mouvement est caractéristique des peintures haiga inspirées du haiku, où l’on cherche à capturer un instant vivant.
Pourquoi ce kakejiku plaît aux collectionneurs :
Sujet parfait pour tokonoma/ L’association oiseau + sakura + poème est l’un des thèmes les plus classiques du printemps japonais.
Le poème n’est pas décoratif :Il dialogue avec la scène/Image et texte racontent le même instant de printemps.C’est exactement l’esprit haiga (peinture accompagnant un haiku). Ce vide donne une respiration visuelle très japonaise.
La calligraphie est en style cursif (sōsho).
Lecture probable (structure haiku classique) :
Poème : « Sous les fleurs,
le chant d’un oiseau —
le vent du printemps »
La signature semble lire : 高鳴 Takanari / Kōmei
Montage élégant et cohérent :
Éléments : ichimonji doré motif karakusa/ soie brune à motif géométrique/papier ancien avec patine naturelle/ jikusaki en céramique mouchetée brun
Datation probablle : fin Meiji / Taishō environ 1890 – 1920
Description poétique : « Dans les fleurs du cerisier, un oiseau descend doucement Ses ailes effleurent les branches,Et les pétales frémissent Dans l’air léger du printemps son chant traverse le silence »
Hauteur : 110 cm
Largeur : 64 cm
Prix : 210 euros






OISEAU ET FLEURS DE CERISIER
Un petit oiseau de printemps est posé sur une branche fine de cerisier couverte de fleurs et de boutons. La branche traverse la composition en diagonale, créant une ligne élégante et dynamique. Le grand espace vide autour du sujet renforce la sensation de calme et de légèreté.
Œuvre probablement issue d’un atelier Nihonga ou école naturaliste japonaise.
Période : Fin Meiji – début Taishō vers 1890 – 1920
Technique : Encre et couleurs légères sur papier
/pinceau rapide et spontané/touches fines pour les fleurs de cerisier
La composition repose sur trois éléments :
1. branche diagonale très élégante
2. oiseau placé au point d’équilibre visuel
3. fleurs dispersées qui créent un rythme léger
Le regard suit naturellement la branche et arrive sur l’oiseau.
Ce type de pinceau rapide montre une influence de la peinture lettrée, où l’on cherche l’expression plutôt que le réalisme parfait.
Monture classique de kakejiku : soie vert céladon/ ichimonji décoratif discret/montage sobre et élégant.
L’œuvre capture un moment paisible du printemps japonais : un oiseau posé dans une branche de cerisier encore légère de fleurs. La simplicité du pinceau et l’espace vide donnent à la composition une grande élégance.
Hauteur : 192 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 220 euros






CASCADE ET MOMIJI
Genre : Peinture japonaise traditionnelle – Kacho ga / paysage poétique
Sujet : Une branche d érable s’étend en diagonale devant une chute d’ eau. La composition verticale laisse une large place au vide, favorisant la contemplation.
Symbolique : L érable évoque le temps qui passe et la beaute ephemere de l automne. La chute d eau suggere la continuite, le flux du temps et la permanence de la nature, creant un contraste entre fragilite et eternite.
Signature cursive accompagnee d un sceau rouge carre, indiquant un peintre forme a la tradition lettrée. Le nom exact reste a confirmer, mais le style correspond a un artiste actif a la fin de l’ere Meiji ou durant l’ere Taisho.
Appréciation artistique : Oeuvre sobre et contemplative. Le traitement du feuillage est maitrise, la palette volontairement retenue et l’usage du vide parfaitement equilibre. Il s agit d un kakejiku destine a un regard averti, au dela d’une simple oeuvre décorative.
La branche d erable suspendue devant la chute d eau invite a une meditation sur la fragilite du moment face a la permanence du monde.
Hauteur : 190 cm
Largeur : 40 cm
Prix : 230 euros






HIRONDELLE ET IRIS AU VENT
Une hirondelle traverse l’espace dans un mouvement léger au-dessus d’iris dressés. Les feuilles longues et verticales s’élèvent du bas de la composition, tandis que la fleur s’ouvre doucement vers la lumière. L’oiseau surgit dans cet espace comme un souffle vivant.
Artiste : 山陵 Sanryō / Zanryō
Cela suggère un artiste issu d’un atelier de peinture lettrée ou naturaliste.
Période : fin Meiji – Taishō vers 1890 – 1920
Technique : Encre et légères touches de couleur sur papier.
Le pinceau alterne deux styles : traits larges et puissants pour les feuilles d’iris/gestes rapides et fluides pour l’hirondelle.
Le vide central laisse respirer la scène et amplifie la sensation de mouvement. L’hirondelle est peinte en un seul geste presque calligraphique.
Les ailes sont rendues par une trace de pinceau sèche qui suggère la vibration de l’air.
Monture traditionnelle : soie bleu-vert/ ichimonji décoratif/ jikusaki en bois sombre
Cette œuvre capture un instant simple et vivant : les iris se dressent dans l’air tiède, et une hirondelle traverse le jardin. Le pinceau est libre, presque spontané, comme si l’artiste avait voulu saisir un moment fugitif du printemps.
Hauteur : 202 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 190 euros






OISEAU ET BRANCHE DE SAULE
Dans la simplicité d’un espace presque vide, un petit oiseau se pose délicatement sur une branche souple. Quelques traits de pinceau suffisent à évoquer la scène : la courbe élégante du rameau, la légèreté des brindilles, et ce petit oiseau vivant qui semble prêt à reprendre son envol. La peinture respire le calme et la finesse.
Chaque geste du pinceau est précis, économique, presque instinctif.
Cette sobriété donne à l’œuvre une grande force poétique : le regard s’attarde sur l’équilibre des lignes, sur la douceur du papier ancien et sur cette présence fragile qui anime la composition.
Le peintre utilise l’essentiel du langage pictural japonais : espace et respiration/pinceau libre et spontané/ équilibre entre vide et mouvement.
La branche trace une longue diagonale qui guide naturellement le regard vers l’oiseau, point vivant de la composition.
Période : Probablement fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle (période Meiji / Taishō).
Le style du pinceau, la qualité du papier et la monture correspondent à cette époque.Monture en soie bleu pâle avec motifs discrets. La sobriété de la monture met parfaitement en valeur la peinture.
Une œuvre pleine de délicatesse qui capture un instant simple de la nature :
« un oiseau posé, un souffle de vent, un moment suspendu »
Ce type de peinture minimaliste est particulièrement apprécié pour son élégance et sa poésie.
Hauteur : 190 cm
Largeur : 52 cm
Prix : 190 euros







竹内 栖鳳 — Takeuchi Seihō
竹雀図 — Chikusuzume-zu
« Moineau et bambou »
Japon, époque moderne
L’œuvre représente un moineau saisi en plein vol, les ailes largement ouvertes, venant animer une branche de bambou dont les feuilles se déploient obliquement dans l’espace. La composition est volontairement très dépouillée : l’oiseau et quelques tiges de bambou suffisent à construire tout le mouvement de l’image. Le vaste espace laissé libre autour du sujet renforce l’impression d’air et de légèreté.
C’est précisément l’un des aspects caractéristiques de l’art de Seihō : une observation très attentive de l’animal associée à une grande économie de moyens. Le Kyoto City KYOCERA Museum souligne chez lui l’importance du shasei, l’étude directe d’après nature, et du shōhitsu 省筆, cette capacité à suggérer la forme et la vie avec un nombre réduit de traits. Le moineau faisait d’ailleurs partie de ses sujets récurrents : plusieurs œuvres intitulées 竹雀 — « Bambou et moineau » sont répertoriées dans des collections japonaises, dont un exemplaire du début de l’ère Shōwa conservé au Oita Prefectural Art Museum.
Ici, le traitement de l’oiseau est particulièrement intéressant. La tête brun-noir et blanche est définie avec précision tandis que les ailes et le corps sont obtenus par des lavis gris beaucoup plus libres. Cette opposition entre détails concentrés autour de la tête et dilution progressive du plumage donne au moineau son mouvement. Le bambou, traité dans plusieurs tonalités de vert et de gris-vert, est construit par de rapides coups de pinceau ; quelques fines touches rougeâtres structurent les tiges sans alourdir l’ensemble.
Le rapprochement avec Takeuchi Seihō est d’autant plus cohérent que le peintre a produit plusieurs compositions associant précisément bambou et moineaux. Une œuvre intitulée Sparrow and Bamboo est notamment enregistrée par Art Platform Japan comme une peinture sur soie de Seihō, datée du début de l’époque Shōwa.
La monture est de belle qualité : brocarts beige et or autour de la peinture, partie supérieure en soie sobre, bandes décoratives verticales et jikusaki de teinte ivoire — la matière exacte de ceux-ci demanderait un examen direct. Le coffret gainé de textile bleu à motifs géométriques et sa petite vignette constituent également un ensemble de conservation particulièrement soigné. Le verso révèle néanmoins des traces d’âge et des rousseurs importantes, que l’on retrouve également ponctuellement sur le honshi.
Takeuchi Seihō, né à Kyoto en 1864, fut élève de Kōno Bairei et devint l’une des figures majeures de la modernisation de la peinture japonaise à Kyoto. Après son voyage en Europe à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, il modifia son nom d’artiste de 棲鳳 en 栖鳳.Il fut ensuite artiste de la Maison impériale, professeur et maître du cercle Chikujō-kai, avant de recevoir en 1937 le premier Ordre de la Culture.
Hauteur : 135cm
Largeur : 65cm
Prix : 350 euros









八木岡春山 — Yagioka Shunzan
燕と波図 — Tsubame to nami zu
« Hirondelles et vagues »
Japon, époque Taishō–début Shōwa
Deux hirondelles traversent un vaste espace lumineux au-dessus de vagues puissantes qui se soulèvent et éclatent en gerbes d’écume. L’une, claire, se détache avec légèreté dans la partie supérieure tandis que l’autre, d’un bleu presque noir, plonge plus bas : leur mouvement croisé anime toute la composition et conduit naturellement le regard vers la mer.
Le traitement des vagues est particulièrement expressif. De larges courbes souples, soulignées de traits plus sombres, construisent la masse de l’eau, tandis que les projections blanches de l’écume donnent à la scène son énergie. À cette agitation répond le grand vide laissé autour des oiseaux : le contraste entre l’espace calme du ciel et la puissance de la vague crée toute la respiration de l’œuvre.
La composition évoque très directement la saison chaude. Le vol vif des hirondelles au-dessus de l’eau et les éclaboussures fraîches produisent cette sensation de ryō — 涼, la fraîcheur recherchée dans les présentations estivales japonaises. La description japonaise connue de cette œuvre la présente d’ailleurs comme une scène d’été « appelant une brise fraîche ».
L’artiste : Yagioka Shunzan — 八木岡春山 (1879–1941) est un peintre japonais né à Tokyo, de son vrai nom Yagioka Ryōnosuke 八木岡亮之助. Le caractère 春山 de sa signature se lit ici Shunzan, et non Haruyama. Il étudia à partir de 1896 auprès de Shimojō Keikoku 下條桂谷, travaillant notamment la peinture issue de la tradition des Song du Nord et l’étude des peintures anciennes. Il exposa régulièrement auprès de la Nihon Bijutsu Kyōkai, entra au Bunten en 1912 et occupa ensuite plusieurs fonctions importantes au sein de l’Association japonaise des beaux-arts, notamment comme membre du comité, directeur et responsable de jury. En 1939, son œuvre Boai 暮靄 fut récompensée lors de l’Exposition universelle de New York.
Dans « Hirondelles et vagues », Shunzan s’éloigne du paysage monumental auquel il est souvent associé pour adopter une écriture beaucoup plus immédiate : formes simplifiées, mouvement rapide des oiseaux et puissance décorative de la vague. Le montage vert pâle à motifs floraux et animaliers prolonge avec beaucoup de finesse les tonalités bleu-vert et dorées de la peinture.
Une œuvre conçue avant tout autour du mouvement, de l’air et de l’eau : les hirondelles apportent la légèreté du ciel tandis que la vague introduit la fraîcheur et la force de la mer.
Hauteur : 195 cm
Largeur : 52cm
Prix : 300 euros









前田青邨 — Maeda Seison
「勝虫」Kachimushi — « Insectes de la victoire »
Kakejiku japonais – encre sur papier
Sujet : deux libellules en vol
Cette œuvre de Maeda Seison (前田青邨, 1885–1977) représente deux libellules saisies en plein vol, exécutées avec une remarquable économie de moyens. Quelques traits d’encre, rapides et nerveux, suffisent à restituer le mouvement des ailes, la légèreté des corps et cette sensation de déplacement instantané propre à l’insecte.
La composition, volontairement très dépouillée, laisse une large place au vide. Les deux libellules semblent ainsi traverser librement l’espace du papier, l’une légèrement en retrait de l’autre. Cette simplicité apparente est caractéristique d’une peinture japonaise où la maîtrise du pinceau permet de suggérer davantage qu’elle ne décrit.
勝虫 — Kachimushi
Depuis des siècles au Japon, la libellule est associée au terme kachimushi (勝虫), littéralement « insecte de la victoire ». Elle constitue un motif de bon augure particulièrement apprécié par la classe guerrière.
Cette symbolique est traditionnellement liée au comportement de la libellule, réputée avancer avec détermination, mais aussi à une ancienne légende concernant l’empereur Yūryaku. Alors qu’il chassait dans la région de Yoshino, un taon l’aurait piqué au bras ; une libellule aurait aussitôt capturé l’insecte et se serait envolée. Admiratif, l’empereur aurait célébré la libellule, contribuant à son association avec la victoire et la protection.
Le motif devint ainsi particulièrement populaire sur les armures, casques, accessoires de samouraïs, textiles, kimonos et ornements personnels. Il évoque à la fois courage, détermination, victoire et bonne fortune.
Dans cette œuvre, Seison réduit ce symbole guerrier à sa forme la plus élégante : deux insectes presque abstraits, rendus uniquement par la puissance expressive de l’encre.
La monture
La peinture est mise en valeur par une très belle monture aux tons bleu gris et or, ornée d’un décor végétal dense. Les bandes entourant directement l’œuvre présentent un motif répété évoquant des fleurs stylisées.
Les jikusaki, embouts du rouleau inférieur, sont de couleur ivoire et participent à l’élégance particulièrement raffinée de l’ensemble.
Le kakejiku est accompagné de sa boîte en bois de kiri, portant une inscription au pinceau et une petite représentation des deux libellules sur l’étiquette, reprenant directement le sujet de l’œuvre.
前田青邨 — Maeda Seison
Maeda Seison (前田青邨, 1885–1977) est l’une des figures majeures de la peinture japonaise moderne Nihonga.
Originaire de la préfecture de Gifu, il étudia auprès de Kajita Hanko (梶田半古). Très tôt remarqué dans les grandes expositions officielles, notamment au Bunten, il poursuivit une carrière qui le plaça au premier rang de la peinture japonaise du XXe siècle.
Aux côtés d’artistes tels que Yasuda Yukihiko, il joua un rôle essentiel dans le renouvellement du Nihonga, conciliant les techniques traditionnelles japonaises avec une conception plus moderne de la composition et de l’expression.
Il fut notamment :
lauréat du prix Asahi,
membre actif du Nihon Bijutsuin – Institut japonais des Beaux-Arts,
professeur puis professeur honoraire de l’Université des Beaux-Arts de Tokyo,
et finalement décoré de l’Ordre de la Culture, l’une des plus hautes distinctions artistiques japonaises.
Il passa une partie importante de sa vie à Kamakura, où il mourut en 1977 à l’âge de 92 ans.
Appréciation
Ce Kachimushi est une œuvre d’une très grande sobriété, mais précisément pour cette raison particulièrement séduisante. Seison concentre toute l’image sur le rythme des deux libellules et sur la qualité du trait.
La présence de la signature, du sceau, de la boîte ancienne et de la monture raffinée, ainsi que la cohérence iconographique entre l’œuvre et l’étiquette de la boîte, constituent un ensemble particulièrement intéressant.
Le sujet lui-même est très japonais : derrière ces deux libellules presque minimalistes se cache toute une symbolique liée au courage, à la victoire et à la bonne fortune
Hauteur : 120 cm
Largeur : 45 cm
Prix : 950 euros









木村武山 — KIMURA BUZAN (1876–1942)
白鷺 — Shirasagi
L’Aigrette blanche
Cette délicate peinture de Kimura Buzan représente une aigrette blanche au repos, entourée de fines tiges végétales qui s’élèvent verticalement dans un paysage aquatique suggéré.
L’oiseau, le cou élégamment replié et le bec incliné vers le sol, semble absorbé dans une contemplation silencieuse. Son plumage immaculé se révèle à travers de subtiles nuances de blanc et de gris, tandis que quelques touches d’encre soulignent la finesse du bec, de l’œil et des pattes.
Les longues tiges vertes apportent rythme et verticalité à la composition. Le fond, constitué de larges bandes aux tonalités ocre et beige, suggère une atmosphère brumeuse où les formes semblent émerger doucement de la lumière.
L’artiste privilégie ici la sobriété des moyens et l’équilibre des espaces, donnant à cette scène une remarquable impression de sérénité.
L’artiste — 木村武山
Kimura Buzan (1876–1942) est l’une des figures du renouveau de la peinture japonaise à la charnière des époques Meiji et Taishō.
Formé auprès de Kawabata Gyokushō, il étudie à l’École des beaux-arts de Tokyo avant de rejoindre le mouvement du Nihon Bijutsuin, fondé sous l’impulsion d’Okakura Tenshin.
Aux côtés de Yokoyama Taikan, Hishida Shunsō et Shimomura Kanzan, il participe au développement d’une peinture japonaise renouvelée, respectueuse de ses traditions tout en explorant de nouvelles formes d’expression.
Son œuvre comprend des compositions historiques, des sujets religieux et de nombreuses peintures de fleurs et d’oiseaux, dans lesquelles se manifeste son attention particulière à la nature.
Monture et conservation
L’œuvre est présentée dans une élégante monture japonaise aux tonalités dorées et beige rosé, agrémentée de brocarts bleu clair à motifs floraux dorés. Les embouts cylindriques de couleur ivoire complètent harmonieusement l’ensemble.
Elle est accompagnée de sa boîte en bois portant l’inscription 白鷺 (Shirasagi), correspondant au sujet représenté. L’intérieur du couvercle présente une inscription au pinceau accompagnée d’un sceau rouge.
Une composition d’une grande délicatesse, dans laquelle l’aigrette blanche, les lignes élancées des végétaux et la douceur des tonalités expriment toute la poésie contemplative de la peinture japonaise
Hauteur : 205 cm
Largeur : 40 cm
Prix : 400 euros
今尾景年 — Imao Keinen
月に杜鵑 — Hototogisu sous la lune
Époque Meiji–Taishō
Très beau kakejiku de Imao Keinen 今尾景年 (1845–1924), l’un des grands maîtres de la peinture de fleurs et d’oiseaux de l’école de Kyoto à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle.
L’œuvre représente un hototogisu – 杜鵑 / ホトトギス, le petit coucou japonais, traversant un ciel nocturne devant un spectaculaire croissant de lune. Il ne s’agit donc pas d’une hirondelle. L’oiseau présente la silhouette compacte, les ailes effilées et surtout le plumage ventral clair et barré caractéristique de ce motif traditionnel.
La scène est construite avec une remarquable économie de moyens. Le hototogisu surgit dans un ciel presque vide, tandis que quelques lavis gris très dilués suggèrent des nappes de brume ou des nuées. Le grand croissant de lune, laissé clair sur le fond, structure toute la composition sans jamais l’alourdir.
Cette opposition entre la précision naturaliste de l’oiseau et l’extrême dépouillement du paysage correspond parfaitement au vocabulaire pictural de Keinen, célèbre pour la finesse de son observation des oiseaux et pour son approche extrêmement raffinée du kachō-ga 花鳥画, la peinture de fleurs et d’oiseaux.
Signature et sceaux
La signature visible en bas de la peinture se lit 景年 – Keinen.
L’artiste — 今尾景年 Imao Keinen
Né à Kyoto en 1845 et mort en 1924, Imao Keinen fut l’une des personnalités importantes de la peinture japonaise de l’époque Meiji. Après avoir étudié notamment auprès de Suzuki Hyakunen, il s’imposa particulièrement dans le domaine du kachō-ga. Il reçut de nombreuses distinctions au Japon et à l’étranger, fut nommé Artiste de la Maison impériale – 帝室技芸員 (Teishitsu Gigeiin) en 1904 et devint membre de l’Académie impériale des beaux-arts.
Ses peintures se distinguent par une observation très précise des animaux combinée à une grande délicatesse atmosphérique. On connaît notamment de lui plusieurs compositions nocturnes sur soie où la lune, les oiseaux et les brumes sont traités avec cette même économie chromatique. Un exemple documenté, « Ducks under the Moon », montre précisément son goût pour la représentation très détaillée des oiseaux opposée à une lune et un paysage beaucoup plus suggestifs.
Le sujet et la saison
Le hototogisu est un motif extrêmement important dans la poésie et les arts japonais. Son premier chant annonce traditionnellement le début de l’été. Dans le vocabulaire saisonnier japonais, il est donc fortement associé à mai et juin, et plus largement au début de l’été.
L’association 月 – tsuki, la lune et 杜鵑 – hototogisu appartient à une longue tradition poétique : l’oiseau est souvent moins « vu » qu’entendu traversant le ciel nocturne. La scène exprime ainsi le passage, l’attente et la brièveté d’un instant naturel.
Monture
La monture ancienne est particulièrement harmonieuse. Le pourtour principal est constitué d’un textile gris bleu sombre parcouru de fins motifs dorés, associé à un brocart couleur or ancien. Les tons froids de la monture prolongent admirablement l’atmosphère lunaire de la peinture.
Les jikusaki, embouts du rouleau, présentent une matière ivoire/crème finement veinée. Sur photographie, je préfère simplement les décrire comme embouts d’aspect ivoire : je ne les qualifierais pas d’ivoire véritable sans examen matériel.
L’ensemble conserve également sa boîte ancienne en bois avec inscription calligraphiée. La photographie permet de voir plusieurs caractères, mais je préfère ne pas publier une transcription complète avant d’en avoir sécurisé la lecture ; cette inscription peut potentiellement préciser le titre traditionnel de l’œuvre ou son attribution.
Fiche catalogue
C’est une œuvre particulièrement séduisante de kachō-ga : le mouvement fulgurant du hototogisu face à l’immobilité du croissant de lune crée une composition à la fois très simple et très sophistiquée. Elle possède une vraie présence dans un tokonoma, notamment pour une présentation de début d’été, où son atmosphère fraîche, nocturne et silencieuse prend tout son sens.
Hauteur : 195 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 350 euros








Nonagase Banka 野長瀬晩花 (1889–1964)
若葉の庭 — Wakaba no Niwa
« Jardin des jeunes feuilles »
Élégant kakejiku de Nonagase Banka, représentant un petit oiseau perché parmi des branches de weigélia japonais (utsugi) en fleurs, aux jeunes feuillages vert tendre et aux délicates fleurs roses. Un minuscule insecte apparaît dans la partie inférieure, apportant une touche de vie discrète à la composition.
L’œuvre se distingue par son grand raffinement et son sens du vide. Le feuillage se concentre dans la partie supérieure tandis que l’oiseau est isolé sur une fine branche, créant une respiration très moderne. Les verts tendres, les roses doux et le fond clair donnent à l’ensemble une atmosphère lumineuse, paisible et légère.
L’œuvre est peinte sur soie, montée en kakejiku traditionnel, et porte la signature 晩花 — Banka accompagnée du sceau de l’artiste. Elle est conservée avec sa boîte d’origine, portant le titre Wakaba no Niwa — « Jardin des jeunes feuilles ».
L’artiste
Nonagase Banka (1889–1964) est un peintre japonais actif entre les périodes Taishō et Shōwa. Formé à Osaka puis à Kyoto, il participe au renouvellement du nihonga au début du XXᵉ siècle.
En 1918, il compte parmi les fondateurs de la Kokuga Sōsaku Kyōkai, mouvement majeur qui cherchait à renouveler la peinture japonaise en l’éloignant des conventions académiques. Ses voyages en Europe dans les années 1920 renforcent son intérêt pour une approche plus moderne de la couleur, de l’espace et de la composition.
Ses œuvres se caractérisent souvent par une palette claire, des formes simplifiées, de larges respirations et une grande sensibilité atmosphérique. Jardin des jeunes feuilles en constitue un très bel exemple.
Hauteur : 204cm
Largeur : 38 cm
Prix : 800 euros









狩野栄信(伊川) Kano Naganobu — 瀑布図 Bakufu-zu
Japon, époque Edo — début du XIXᵉ siècle, vers 1802–1816
Kakejiku — encre sur papier
Très élégant kakejiku de l’école Kanō représentant une grande cascade surgissant d’un paysage montagneux enveloppé de brume. L’œuvre est signée :
伊川法眼筆 — Isen Hōgen hitsu
« Peint par Isen, de rang Hōgen »
Cette signature correspond à Kanō Naganobu 狩野栄信 (1775–1828), huitième maître de la prestigieuse branche Kobikichō de l’école Kanō. Naganobu employa le nom Isen 伊川 durant la période où il détenait le titre bouddhique de Hōgen 法眼, obtenu en 1802 ; il fut ensuite élevé au rang de Hōin en 1816 et prit le nom d’Isen’in 伊川院. Cette forme précise de signature permet donc de situer l’œuvre dans sa période Hōgen, entre 1802 et 1816. Des œuvres conservées dans les collections publiques portent précisément la signature « 伊川法眼筆 » associée au sceau 栄信.
La composition est d’une remarquable économie. Les masses rocheuses, traitées par de larges lavis d’encre, s’effacent progressivement dans l’atmosphère tandis que la chute d’eau, presque laissée en réserve dans le papier, descend verticalement au centre. Quelques arbres accrochés aux escarpements suffisent à donner l’échelle du paysage. Le contraste entre les falaises sombres et le vide lumineux de la cascade crée cette impression de profondeur et de monumentalité caractéristique de la peinture de paysage de l’école Kanō.
Inscriptions
Sur la boîte en bois, l’inscription désigne la peinture comme une « peinture de cascade » — 瀑布図 (Bakufu-zu) et l’attribue à Isen / Kanō Naganobu.
Au revers du kakejiku, l’inscription est particulièrement intéressante. Elle se lit :
伊川法眼筆 — Isen Hōgen hitsu
« Peint par Isen, Hōgen »
Elle reprend donc l’attribution portée par l’œuvre elle-même et confirme son identification traditionnelle à Kanō Naganobu.
Le montage ancien est particulièrement raffiné, avec ses soieries aux tons beige et bleu profond ornées de motifs tissés, complétées par des extrémités de rouleau laquées rouge sombre. L’ensemble conserve une belle patine et une présentation sobre parfaitement adaptée au sujet.
Saison : été. Dans le kazari, la cascade (taki) constitue un thème particulièrement apprécié pour l’été : son eau vive et descendante introduit symboliquement une sensation de fraîcheur dans le tokonoma.
Kanō Naganobu fut l’un des peintres officiels les plus importants de la fin de l’époque Edo. Peintre au service du shogunat Tokugawa et huitième chef de la maison Kobikichō Kanō, il participa notamment aux grands programmes décoratifs officiels et renouvela la tradition picturale de l’école par son étude approfondie des maîtres chinois.
Une œuvre particulièrement intéressante pour une présentation estivale, associant la monumentalité du paysage Kanō à la fraîcheur et au mouvement continu de la cascade.
Hauteur : 170 cm
Largeur : 25 cm
Prix : 400 euros









安田靫彦 筆 — Yasuda Yukihiko (1884–1978)
富士山水図 — Fuji sansui-zu
Mont Fuji dans les brumes et barques sur les eaux
Kakejiku ancien – encre sur soie
Double boîte : boîte extérieure en bois laqué rouge et kiribako intérieure en paulownia
Très élégant paysage japonais dominé par la silhouette presque immatérielle du mont Fuji, apparaissant derrière de profondes masses de brume traitées à l’encre.
Dans la partie inférieure, plusieurs barques traditionnelles naviguent sur l’eau, certaines couvertes, dessinées avec une grande économie de moyens. Elles jouent un rôle essentiel dans la composition : elles donnent l’échelle du paysage, introduisent une présence humaine discrète et renforcent le contraste entre la fragilité des embarcations et l’immensité du Fuji.
Le peintre construit ainsi un véritable sansui, « montagne et eau », fondé sur le vide, la brume et la suggestion. Les lignes fines des vagues et des embarcations répondent aux masses sombres des nuages, tandis que le sommet du Fuji se détache avec une grande douceur.
La signature visible porte 安田靫彦筆 – « peint par Yasuda Yukihiko », accompagnée de sceaux rouges. Yasuda Yukihiko fut l’une des grandes figures du Nihonga moderne, célèbre pour la pureté de son dessin et son interprétation raffinée de la tradition japonaise.
Le montage est particulièrement soigné, avec un ichimonji doré et un riche textile bleu profond à motifs floraux dorés. La présence de la double boîte, avec kiribako intérieure, renforce encore le caractère de collection de l’ensemble.
Une œuvre très poétique, où le Fuji, la brume, l’eau et les barques composent un paysage silencieux et profondément japonais, particulièrement adapté à une présentation de suiseki ou à un kazari sur le thème montagne-eau.
Hauteur : 193 cm
Largeur : 53 cm
Prix : 450 euros









CASCADE D’ÉTÉ — 青楓瀑布図(Seifū bakufu-zu)
La chute d’eau s’efface dans une brume chaude, presque lumineuse, tandis qu’une branche d’érable vert s’avance avec légèreté. Les feuilles ne sont pas encore embrasées : elles restent fraîches, aériennes, typiques du début d’été japonais (ao-momiji). Quelques touches plus chaudes apportent du relief, mais ne suffisent pas à basculer la scène en automne.
La peinture respire. L’encre diluée, les lavis transparents et la verticalité donnent cette sensation d’humidité et de chaleur calme propre à l’été. Tout est suggestion : la cascade, le rocher, l’air lui-même.
Signé 桂峰(Keihō), avec double cachet, dans une veine décorative raffinée, pensée pour le tokonoma et l’évocation saisonnière immédiate.
Époque : Taishō – début Shōwa (vers 1910–1935)
Monture sobre et cohérente, renforçant la lecture estivale. Une pièce élégante, fraîche, parfaitement adaptée à une présentation de saison.
Hauteur : 190cm
Largeur : 48 cm
Prix : 250 euros








HIRONDELLE ET HERBES EN FLEURS
燕花草図 — Tsubame ni kasō-zu
燕花草図 — Shūhō
Période de l’œuvre : fin Edo – début Meiji (vers 1850–1890)
Ici, rien n’évoque la fin d’un cycle.
L’hirondelle est en plein mouvement, vive, tendue vers l’avant. Ce n’est pas une présence nostalgique, c’est une énergie. Elle traverse l’espace avec assurance, portée par un trait rapide, presque instinctif, qui capte l’instant sans le figer.
Les herbes ne sont pas fanées, ni alourdies. Elles montent, fines et souples, encore dans leur croissance. La fleur, légèrement ocrée, n’est pas celle d’un déclin mais d’un moment ouvert — celui où la nature est encore en expansion, sans être à son apogée.
On est dans ce moment très particulier de la saison japonaise : le début d’été (初夏). Un temps de transition, mais vers le haut — vers la lumière, vers le mouvement.
Le vide autour n’est pas une mélancolie, mais un espace de respiration. Il amplifie le vol de l’oiseau, lui donne de l’air, du rythme. C’est un vide actif, pas un vide de fin.
La signature, 秀峰 (Shūhō), s’inscrit dans cette logique : discrète, sans démonstration, au service du geste. L’ensemble évoque une peinture de tradition naturaliste, probablement fin Edo ou début Meiji, où l’on cherche la justesse plus que l’effet.
La monture, dans ses tons bleu-gris à motifs végétaux, prolonge cette douceur sans détourner l’attention. Le temps y est visible, mais il n’écrase rien — il accompagne.
Ce kakemono ne raconte pas une disparition. Il capte un instant vivant, simple, presque ordinaire — et c’est précisément ce qui le rend juste. Un passage d’air. Une saison qui commence.
Traduction boite : 花鳥図 (kachō-zu) → catégorie classique : oiseaux et fleurs (très standard, pas un titre poétique)
秀峰筆 (Shūhō hitsu) → “peint de la main de Shūhō
Hauteur : 185 cm
Largeur : 55 cm
Prix : 220 euros








BAMBOUS SOUS LA PLUIE — 竹図 (Take-zu)
Description
Des tiges de bambou s’élèvent en diagonale, leurs feuilles souples animées par un souffle invisible.
De fines touches ponctuent la surface, suggérant la pluie ou l’humidité posée sur le feuillage.
Esthétique
Travail à l’encre tout en nuances, avec un dégradé subtil dans le traitement des feuilles.
Le geste est fluide, vivant, dans une tradition lettrée maîtrisée.
Saison
Début d’été.
Pluie légère, atmosphère fraîche et végétation pleinement vivante.
Période
Probablement fin Edo – début Meiji.
Signature
Signature présente avec sceau rouge (lecture à affiner).
Style cohérent avec un peintre d’atelier ou lettré.
Monture
Monture à fond bleu décoré, plus présente visuellement, contrastant avec la sobriété de la peinture.
Ensemble ancien, avec traces d’usage.
Impression
Une œuvre de mouvement et de fraîcheur.
Le bambou ne se décrit pas — il respire
Hauteur : 185 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 300 euros








MAISON BAMBOUS
Peinture originale de Tosho Maeda de la période Showa, reputé pour ses peintures de paysages et surtout pour ses compositions calmes atmosphériques comme cette oeuvre voici la traduction du poeme :
« À Matsushima, Lorsque le vent souffle sur la pinède millénaire, Jusqu’à dix mille générations son ombre demeure »
Hauteur : 119 cm
Largeur : 61 cm
Prix : 700 euros






GINKO ET CIGALE
Genre : Peinture japonaise traditionnelle – Kachō ga (oiseaux, insectes et nature)
Sujet :Une branche feuillue occupe l’espace principal de la composition. Un insecte en vol est représenté avec précision, suspendu dans le vide, créant un point de tension visuelle délicat et vivant.
Symbolique : Les insectes évoquent la fragilité de la vie et le passage du temps. La branche suggère la stabilité, tandis que l’insecte introduit le mouvement et l’instant fugitif.
Saison : Fin de l’été à début de l’automne, période de transition propice à la contemplation.
Signature et sceau : Signature calligraphique accompagnée d’un sceau rouge ovale. Peintre formé à la tradition lettrée, actif à la fin de l’ère Meiji ou au début de l’ère Taishō.
Appréciation artistique : Œuvre sobre et équilibrée, jouant sur le rapport entre plein et vide. Le traitement de l’insecte est fin et naturaliste.
Dans le silence de la branche immobile, l’insecte suspend son vol, rappel discret de l’instant qui passe.
Hauteur : 115 cm
Largeur : 45 cm
Prix : 250 euros






IRIS ET LIBELLULE
高田美一 – Takada Biichi
Description
Kakejiku délicat représentant un groupe d’iris bleus (shōbu) s’élevant avec grâce depuis un feuillage élancé, accompagné d’une fine libellule posée en équilibre. La composition, volontairement basse, laisse respirer un vaste espace vide — un ma (間) parfaitement maîtrisé — qui suggère silence, humidité et profondeur.L’ensemble évoque un paysage suggéré plutôt que décrit.
Esthétique
L’œuvre se distingue par sa sobriété et son équilibre. Les iris sont traités avec une économie de moyens remarquable : quelques aplats de bleu profond, adoucis par des dégradés subtils, suffisent à faire naître la fleur. La libellule, discrète mais essentielle, introduit le mouvement et une tension poétique — symbole de légèreté et d’instant suspendu.
Artiste Takada Biichi (高田美一)
Artiste japonais du XXe siècle, inscrit dans une sensibilité proche du nihonga, mêlant tradition et simplification moderne.
Monture (表装 – Hyōsō)
Peinture sur soie , pigments minéraux légers. Travail subtil des dégradés, notamment dans les pétales d’iris.
Idéal avec : un suiseki évoquant l’eau ou une berge douce
• une composition légère, laissant de l’espace
Hauteur : 198 cm
Largeur : 56 cm
Prix : 250 euros






Erable et Martin pecheur
芳嶺 – Hōrei (Horei)
Description : Kakejiku raffiné représentant un martin-pêcheur en plein vol, glissant sous un feuillage d’érable délicatement stylisé.
La composition verticale est magistrale : le regard descend depuis la canopée légère vers l’oiseau isolé dans l’espace vide, créant une sensation de chute silencieuse et contrôlée.
L’œuvre joue sur le contraste entre :
la densité végétale en partie haute et l’immensité du vide dans la partie inférieure
Esthétique : Le feuillage d’érable est traité en aplats doux, presque décoratifs, tandis que le martin-pêcheur est d’une précision fine et vivante. Le bleu intense de l’oiseau capte immédiatement l’œil — véritable point focal dans une composition volontairement épurée. L’érable encore vert suggère une transition saisonnière, un moment entre chaleur estivale et fraîcheur à venir.
Artiste : Hōrei (芳嶺)
Artiste japonais probablement actif fin XIXe – début XXe siècle, dans une tradition décorative influencée par le nihonga.
Monture (表装 – Hyōsō) : Monture sobre dans des tons gris-beige avec motifs discrets.
Hauteur : 200 cm
Largeur : 40 cm
Prix : 220 euros






Coquelicots
よし久 – Yoshihisa (lecture probable)
Description : Kakejiku délicat représentant deux fleurs légères aux pétales rouges, portées par de fines tiges élancées, accompagnées d’un feuillage diffus traité en transparence. La composition verticale met en scène une croissance fragile : une fleur épanouie, une autre encore en devenir — évoquant le cycle naturel de la vie.
Esthétique : Le traitement est extrêmement léger, presque effacé.
Les pigments semblent se dissoudre dans le papier, créant une atmosphère douce et brumeuse. Les fleurs ne sont pas décrites avec précision botanique, mais suggérées dans leur présence fugace.
Les fleurs évoquent : la fragilité/la floraison brève/la beauté éphémère
Artiste Signature lisible : よし久 Yoshihisa
Artiste non identifié avec certitude, probablement actif fin XIXe – début XXe siècle dans une production décorative ou d’atelier.
Monture ancienne à décor moucheté, dans des tons beige et brun.
Technique : Peinture sur papier, pigments très dilués. Elle ne cherche pas à impressionner mais à évoquer une émotion fragile — celle d’une fleur qui ne dure qu’un instant.
Hauteur : 187 cm
Largeur : 34 cm
Prix : 130 euros






LES LOTUS
Description : Kakejiku associant un poème calligraphié à une scène picturale délicate représentant des fleurs aquatiques, probablement des lotus émergeant à la surface de l’eau. La composition horizontale du sujet, intégrée dans un format vertical, crée une respiration particulière
Une œuvre où texte et image dialoguent subtilement.
Esthétique : L’ensemble relève d’une tradition lettrée, où la peinture n’est pas autonome mais accompagne une pensée poétique.
Le traitement du paysage est léger, presque effacé : quelques touches suffisent à évoquer l’eau, la fleur, et leur reflet. L’émotion vient moins de l’image que de l’atmosphère globale.
Monture (表装 – Hyōsō)
Monture élégante dans des tons vert profond et beige. Très cohérente avec le sujet aquatique : elle renforce l’impression de fraîcheur et de calme.
Technique : Encre et pigments légers sur papier.Trait libre, lavis subtil, approche très lettrée. ce n’est pas une pièce immédiate, mais une pièce de lecture. Plus intellectuelle que décorative.
Traduction du WAKA :
« D’ici me reviennent Les souvenirs d’autrefois.
Dans la brise légère s’étouffe un souffle,
une douce mélancolie…
Dans les rêves, parmi les herbes flottantes,
Je me sens encore dériver doucement »
Hauteur : 114 cm
Largeur : 47 cm
Prix : 180 euros






Papillon et Fleurs
Composition délicate représentant une plante florale sauvage accompagnée d’un papillon en vol, dans un équilibre aérien et silencieux. Le trait est léger, presque suspendu, laissant respirer le papier ancien dont la patine apporte une profondeur mélancolique. Le papillon, esquissé avec sobriété, semble effleurer la scène — symbole fugace du temps qui passe et de la beauté éphémère. Peinture à l’encre et légères touches de couleur dans un style nihonga simplifié, proche des études naturalistes de l’époque Edo tardive / Meiji.
Une œuvre qui respire — élégante sans démonstration.
Signature visible : 有為 (Ui / Yūi) avec sceau rouge
Fin XIXe siècle (Meiji) (ou Edo tardif)
Un kakejiku silencieux, presque intime. Ici, rien ne cherche à impressionner — tout invite à contempler.
Le regard suit la tige, s’élève, puis s’échappe avec le papillon…
Comme une respiration suspendue entre deux saisons.
Hauteur : 112 cm
Largeur : 54 cm
Prix : 130 euros






Hydrangea
Superbe kakejiku représentant une hortensia (紫陽花 – ajisai) en pleine floraison, traité avec une grande délicatesse. Les pétales blancs légèrement rosés s’organisent autour d’un cœur bleu profond, créant une vibration subtile entre douceur et intensité. Les larges feuilles sombres, presque calligraphiques, ancrent la composition et apportent un contraste élégant. L’ensemble dégage une atmosphère humide, silencieuse — typique des paysages japonais en saison des pluies.
• Hortensia (ajisai) → symbole du Japon
Associé à : la pluie/la mélancolie douce/ la transformation émotionnelle
Signature : 草春 (Sōshun / Kusaharu) + sceau
Fin Meiji – Taishō (fin XIXe / début XXe)
Une œuvre élégante et sensible, qui capte parfaitement l’instant fragile où la nature bascule dans l’humidité estivale. Le regard est attiré par le cœur bleu… puis se perd dans les feuilles sombres, comme dans une pluie silencieuse.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 180 euros







中島秋圃 — Nakashima Shūho
三日月図 — Mikazuki-zu
« Croissant de lune »
Japon — première moitié du XXᵉ siècle
Kakejiku — peinture sur soie
Boîte inscrite : 三日月図 秋圃筆
« Croissant de lune — peint par Shūho »
Dans un ciel presque entièrement absorbé par la brume, un mince croissant de lune apparaît entre des nappes de nuages gris et bleutés. Aucun paysage n’est véritablement décrit, aucun horizon ne vient arrêter le regard : la composition repose sur quelques éléments seulement — la lune, les nuages, la lumière et le vide.
Le croissant, d’un blanc ivoire très doux, émerge discrètement de l’atmosphère. Autour de lui, les nuées sont suggérées par de légers lavis et par une multitude de fines ponctuations qui semblent se dissoudre dans la soie. De petites particules lumineuses animent également la surface et donnent au ciel une vibration particulièrement délicate.
L’œuvre joue ainsi sur l’apparition et l’effacement. La lune n’est jamais totalement isolée : elle semble flotter au cœur même de la brume, créant cette impression de profondeur silencieuse caractéristique de certaines peintures japonaises du début du XXᵉ siècle.
Le grand espace laissé libre dans la partie inférieure joue un rôle essentiel. Il donne à la composition son calme et sa respiration. Ce vide, loin d’être neutre, accentue la sensation de distance et de solitude et permet au regard de revenir naturellement vers le croissant lunaire.
三日月 — Mikazuki
Le titre ancien inscrit sur la boîte, 三日月図 — Mikazuki-zu, signifie littéralement « image du croissant de lune ».
Le terme 三日月 — mikazuki désigne à l’origine la très fine lune visible autour du troisième jour du mois lunaire. Dans la tradition poétique japonaise, il est particulièrement associé à l’automne et peut constituer un kigo, un mot saisonnier utilisé notamment dans le haïku. La scène peut donc être pleinement comprise comme une évocation automnale. La fraîcheur du ciel, la brume et la lumière retenue du jeune croissant renforcent cette atmosphère de début de soirée propre aux représentations japonaises de la lune d’automne.
中島秋圃 — Nakashima Shūho 1878–1961
Nakashima Shūho est un peintre japonais né à Tokyo en 1878. Son véritable prénom était Jirō 次郎. Très jeune, il étudia auprès de Kawabata Gyokushō 川端玉章, peintre majeur issu de la tradition Maruyama-Shijō, avant d’intégrer la Tokyo School of Fine Arts, l’actuelle Tokyo University of the Arts. Il en sortit diplômé en 1902. La même année, il fut nommé professeur à l’École préfectorale des arts et métiers de Toyama, à Takaoka. Il y enseigna pendant environ vingt-six ans et participa activement à la formation de nombreux artistes japonais de la génération suivante. Son rôle dans le développement artistique et artisanal de la région de Toyama fut important.
Le Toyama Prefectural Suiboku Museum conserve aujourd’hui une œuvre de Nakashima Shūho, Sansui Sagi-zu, réalisée elle aussi à l’encre sur soie et montée en rouleau, ce qui confirme l’utilisation de cette technique dans son œuvre. Le Takaoka Art Museum conserve également des peintures de l’artiste.
Dans Mikazuki-zu, Shūho montre une sensibilité particulièrement raffinée aux effets atmosphériques. Plutôt que de décrire précisément un paysage, il laisse les formes disparaître dans la brume et fait de la lumière lunaire le véritable centre émotionnel de la peinture.
Le montage participe pleinement à cet équilibre. Le brocart bleu-gris à motifs floraux prolonge les tonalités froides de la peinture, tandis que les bandes dorées encadrant le honshi répondent subtilement à la lumière du croissant.
Une œuvre profondément contemplative, où le sujet n’est pas seulement la lune, mais le silence et l’espace qui l’entourent.
Hauteur : 180 cm
Largeur : 30 cm
Prix : 800 euros









木村武山 — Kimura Buzan
白鷺 — Shirasagi
« Aigrette blanche »
Japon, première moitié du XXᵉ siècle
Kakejiku — encre et soie
Boîte inscrite : 白鷺 — Shirasagi (« Aigrette blanche »)
Cette élégante composition de Kimura Buzan met en scène une aigrette blanche immobile au bord de l’eau, à demi abritée parmi de hautes tiges de roseaux. Le sujet est traité avec une remarquable économie de moyens : quelques lignes souples suffisent à suggérer les herbes, tandis que l’oiseau se détache avec une grande douceur sur le fond clair, presque silencieux.
Toute la force de l’œuvre réside dans cette retenue. Le plumage de l’aigrette, à peine modelé par de subtils dégradés d’encre, oppose sa blancheur au dessin plus nerveux du bec, des pattes et des tiges verticales. Cette opposition entre souplesse, légèreté et structure donne à la composition son équilibre et son raffinement.
Le vide joue ici un rôle essentiel. Une large partie du champ pictural demeure volontairement dégagée, ce qui renforce la sensation d’espace, de calme et d’humidité légère propre aux paysages de marais ou de berges. L’oiseau n’est pas représenté dans une attitude spectaculaire : il est observé dans un moment de repos, presque d’effacement, ce qui confère à l’ensemble une qualité contemplative très japonaise.
Le montage accompagne admirablement la peinture. Le brocart beige à décor floral discret, associé aux bandes bleu pâle rehaussées d’or, encadre l’œuvre avec finesse et lui donne une présence lumineuse sans jamais concurrencer le sujet. Cet accord entre peinture et hyōgu renforce le caractère particulièrement harmonieux du rouleau.
Le titre 白鷺 — Shirasagi désigne l’aigrette blanche, thème classique de la peinture japonaise. Symbole d’élégance, de pureté et de tranquillité, l’aigrette est fréquemment associée aux paysages d’eau, aux roseaux et aux atmosphères saisonnières. Ici, la présence des tiges élancées et l’ambiance humide évoquent très naturellement la fin de l’été ou le début de l’automne, sans que la scène soit enfermée dans une lecture strictement saisonnière.
木村武山 — Kimura Buzan 1876–1942
Kimura Buzan est l’une des figures importantes de la peinture japonaise moderne (nihonga). Né en 1876 dans l’actuelle ville de Kasama, dans la préfecture d’Ibaraki, il fut formé dans le contexte de la Tokyo School of Fine Arts et reçut l’influence décisive d’Okakura Tenshin. Il participa également à la fondation du Nihon Bijutsuin et s’installa à Izura en 1906 aux côtés de Yokoyama Taikan, Shimomura Kanzan et Hishida Shunsō. Son œuvre couvre un champ très large, allant de la peinture d’histoire à la peinture bouddhique, en passant par les sujets de fleurs et oiseaux, domaine auquel appartient pleinement ce rouleau.
Les sources muséales retiennent pour Kimura Buzan les dates 1876–1942, et conservent plusieurs œuvres montées en rouleau sur soie, ce qui confirme la parfaite cohérence technique et stylistique de ce type de kakejiku dans sa production.
Une œuvre sobre et raffinée, où l’élégance silencieuse de l’aigrette devient une méditation sur le calme, l’espace et la grâce du vivant.
Hauteur : 205 cm
Largeur : 39 cm
Prix : 450 euros









鈴木春月 — Suzuki Shungetsu
紅葉双鳥図 — Kōyō Sōchō-zu
« Deux oiseaux blancs parmi les feuillages d’automne »
Japon, 1976 — Shōwa 51
Nihonga — pigments et encre sur soie
Kakejiku — 掛軸
Dimensions totales : 169 × 54 cm
Saison : automne — 秋
Dans l’éclat des feuillages rougis par l’automne, deux petits oiseaux blancs se tiennent côte à côte sur une branche. Leur présence calme et presque immobile forme le cœur de la composition, contrastant avec l’intensité des rouges qui animent tout le rouleau.
Suzuki Shungetsu construit son paysage selon une organisation particulièrement décorative. Le tronc gris, traversé de discrètes touches bleu-vert, structure verticalement la peinture tandis que les branches se déploient en diagonales souples. Les feuilles, peintes en aplats de rouge vermillon et carmin, forment plusieurs masses distinctes qui rythment l’espace tout en laissant subsister de larges respirations autour des oiseaux.
Le peintre joue avec beaucoup d’efficacité sur les oppositions : blanc des plumages, rouge profond des feuilles, gris du bois et fond ivoire de la soie. Les deux oiseaux sont volontairement traités avec simplicité et délicatesse ; leur proximité suggère naturellement la complicité, l’harmonie et la tranquillité du couple.
La peinture porte l’inscription : 丙辰之秋
Hinoe-tatsu no aki
« Automne de l’année du Dragon de Feu »
suivie de la signature : 春月画
Shungetsu ga
« Peint par Shungetsu »
Dans ce contexte stylistique et chronologique, 丙辰 correspond à 1976, ce qui permet de dater précisément l’œuvre.
L’artiste : 鈴木春月 — Suzuki Shungetsu, né en 1938, appartient à la génération des peintres japonais de nihonga de l’après-guerre. Son œuvre s’inscrit dans la tradition du kachō-ga — 花鳥画, la peinture des fleurs et des oiseaux, dont il reprend les thèmes classiques tout en privilégiant une expression claire, décorative et immédiatement lisible.
Cette œuvre de 1976 est particulièrement séduisante par son équilibre chromatique et par le contraste entre l’exubérance du feuillage automnal et la sérénité silencieuse des deux oiseaux. La monture vert profond, relevée de bandes de brocart clair, complète remarquablement la palette de la peinture et renforce son caractère élégant et saisonnier
Hauteur : 169 cm
Largeur : 54 cm
Prix : 350 euros









池上秀畝
Ikegami Shūho (1874–1944)
Oiseau parmi les branches de Nanten rougies
Kakejiku – encre et couleurs sur papier
Très élégant kakejiku de Ikegami Shūho 池上秀畝, représentant un petit oiseau perché parmi les fines branches d’un Nanten 南天 (Nandina domestica), dont le feuillage s’est teinté de rouge.
La composition est construite avec une grande légèreté. Les branches parcourent verticalement la peinture avec un dessin souple et délicat, tandis que les feuilles rouges ponctuent l’espace de touches lumineuses. Le petit oiseau, traité dans des tons gris, bruns et noirs, constitue le centre visuel de la scène.
Le vaste espace laissé libre autour du sujet accentue l’impression de calme et de profondeur. Cette utilisation du vide met particulièrement bien en valeur la finesse du dessin et donne à l’ensemble une élégance très caractéristique de la peinture japonaise de fleurs et d’oiseaux.
Le Nanten 南天
Le Nanten occupe une place importante dans la culture japonaise. Son nom est traditionnellement rapproché de l’expression 難を転ずる – nan o tenzuru, « détourner les difficultés » ou « transformer le malheur ».
Il est ainsi considéré comme une plante de bon augure et de protection, fréquemment utilisée dans les jardins et dans les arts décoratifs japonais. Son feuillage rougissant apporte ici une dimension à la fois saisonnière et symbolique à la composition.
Ikegami Shūho 池上秀畝
Ikegami Shūho (1874–1944), de son vrai nom Ikegami Kunisaburō, est un important peintre japonais actif de l’ère Meiji au début de l’ère Shōwa. Né dans l’actuelle ville d’Ina, dans la préfecture de Nagano, il se rend jeune à Tokyo et devient l’élève de Araki Kanpō 荒木寛畝.
Il se spécialise particulièrement dans les kachō-ga 花鳥画, peintures de fleurs et d’oiseaux, ainsi que dans les paysages. Son travail repose sur une observation très précise de la nature et sur une maîtrise raffinée de la peinture traditionnelle japonaise.
Shūho obtient plusieurs distinctions importantes aux expositions nationales : il reçoit notamment un prix à la Bunten en 1910 puis plusieurs prix spéciaux à partir de 1916, avant de devenir membre du jury des expositions impériales. Il compte parmi les représentants majeurs de la tendance traditionnelle du nihonga de son époque.
Dans cette œuvre, son intérêt pour l’observation de la nature apparaît pleinement : la finesse des branches, la disposition irrégulière des feuilles et la présence discrète de l’oiseau produisent une scène particulièrement naturelle et équilibrée.
La monture en brocart brun doré à décor végétal accompagne harmonieusement la peinture et renforce l’élégance générale du kakejiku.
Une composition raffinée de Ikegami Shūho, associant la délicatesse d’un oiseau à la forte symbolique protectrice du Nanten, dans une œuvre où observation naturaliste, sobriété et poésie se répondent avec beaucoup d’élégance
Hauteur : 197 cm
Largeur : 42 cm
Prix : 400 euros








松本仙挙 — Matsumoto Senkyo
Six moineaux parmi les érables d’automne
Élégante peinture japonaise représentant six moineaux en mouvement parmi les branches d’un érable rougi par l’automne. Les oiseaux sont saisis dans différentes attitudes, ailes déployées ou plongeant au milieu du feuillage, ce qui donne à la composition une remarquable sensation de mouvement.
Les rouges et orangés du momiji contrastent avec les tons beaucoup plus subtils des plumages, traités en gris, brun et blanc. Les branches, évoquées avec légèreté à l’encre, structurent la scène sans l’alourdir. L’œuvre appartient pleinement à la tradition du kachō-ga 花鳥画, la peinture japonaise consacrée aux oiseaux et aux végétaux.
L’artiste — 松本仙挙 Matsumoto Senkyo
Matsumoto Senkyo (1880–1932) est un peintre japonais actif entre la fin de l’ère Meiji et le début de l’ère Shōwa.
Il naît en 1880 dans le village de Nakasuji, district de Higashiuwa, préfecture d’Ehime. Son véritable prénom était Masaoki 政興.
Il entre à la Kyoto Municipal School of Arts and Crafts, où il étudie la peinture japonaise. Il y reçoit notamment l’enseignement de Yamamoto Shunkyo 山元春挙 (1872–1933), l’un des peintres importants de la scène artistique de Kyoto à cette époque.
Après ses études, Matsumoto continue à travailler sous la direction de Shunkyo. C’est son maître qui lui donne le nom d’artiste « Senkyo » 仙挙, créant ainsi un lien direct avec sa propre lignée artistique. Il participe ensuite aux grandes expositions nationales officielles japonaises, notamment la Bunten 文展 puis la Teiten 帝展, deux institutions majeures pour la reconnaissance des peintres japonais au début du XXe siècle. Matsumoto Senkyo meurt à Kyoto en 1932, à l’âge de 53 ans.
L’œuvre
Cette peinture révèle bien l’héritage de l’école de Kyoto : observation attentive de la nature, précision du dessin et recherche d’une atmosphère plutôt que d’un simple effet décoratif.
Les six moineaux constituent presque une séquence animée. Leurs orientations différentes entraînent le regard du haut vers le bas de la composition, tandis que les branches d’érable forment une diagonale souple. Le rouge du feuillage devient ainsi le fil conducteur de l’ensemble.
Le momiji 紅葉, l’érable prenant ses couleurs rouges, est l’un des motifs emblématiques de l’automne japonais. Il évoque à la fois la beauté de la saison et son caractère éphémère.
La peinture porte en partie inférieure gauche la signature de l’artiste accompagnée de deux sceaux rouges.
La monture est également particulièrement raffinée, associant des soieries crème et dorées à motifs végétaux avec de fines bandes décoratives noir et blanc. Les extrémités du rouleau sont de teinte ivoire claire. Le kakejiku est accompagné de sa boîte ancienne en bois.
C’est surtout la filiation directe avec Yamamoto Shunkyo et la participation de Senkyo aux Bunten et Teiten qui donnent à cette œuvre un intérêt supplémentaire : nous ne sommes pas simplement devant une jolie scène automnale, mais devant le travail d’un peintre formé au sein de l’un des courants importants de la peinture de Kyoto du début du XXe siècle.
Hauteur : 180 cm
Largeur : 47 cm
Prix : 350 euros









木村探元 — Kimura Tangen (1679–1767)
月下草屋 — Chaumière sous la lune
Kakejiku japonais ancien — époque Edo
Encre sur papier — œuvre peinte à la main. Ce remarquable kakejiku représente une chaumière isolée dans un paysage montagneux baigné par la lumière de la lune. La scène, volontairement dépouillée, repose sur quelques éléments essentiels : une masse rocheuse, des arbres, une habitation rustique et une clôture. L’ensemble dégage une atmosphère de silence, de solitude et de profonde contemplation.
La grande lune placée dans la partie supérieure gauche constitue le véritable centre poétique de l’œuvre. Les montagnes sont traitées à l’encre dans des lavis souples et rapides, tandis que les arbres et la végétation sont rendus par des traits plus nerveux. Cette économie de moyens, où le vide joue un rôle aussi important que l’encre, est caractéristique de la peinture lettrée japonaise et de la tradition picturale de l’époque Edo.
L’œuvre est attribuée à Kimura Tangen 木村探元 (1679–1767), peintre de Satsuma et important représentant de la tradition Kanō dans le sud du Japon. Actif au XVIIIe siècle, Tangen est particulièrement connu pour ses paysages à l’encre, dans lesquels il associe la rigueur héritée de l’école Kanō à une sensibilité plus libre et poétique.
La signature et les sceaux rouges visibles sur la partie inférieure droite accompagnent la composition. Le titre japonais fourni avec l’œuvre, 木村探元筆 月下草屋, signifie littéralement :
« Peint par Kimura Tangen — Chaumière sous la lune ».
La monture est elle aussi remarquable, avec plusieurs brocarts anciens richement décorés. Le tissu principal brun-vert est orné de petits oiseaux stylisés, tandis que les parties supérieure et inférieure utilisent un textile beige à motifs auspicieux. Les bandes bleu profond rehaussées d’or apportent une belle sophistication à l’ensemble. Le revers conserve également un tissu ancien décoratif, et les extrémités du rouleau sont en bois.
L’ensemble présente une patine ancienne cohérente avec son âge, visible notamment sur le papier, les textiles et la boîte de protection.
Une très belle œuvre de paysage de l’époque Edo, à la fois sobre, poétique et raffinée, particulièrement adaptée à une présentation de saison autour de la lune et de l’automne
Hauteur : 165 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 550 euros









Nishiyama Suishō 西山翠嶂 (1879–1958)
秋月飛鶉 — Caille en vol sous la lune d’automne
Japon, époque Taishō — 1918
Kakejiku ancien et original
Encre et couleurs légères sur soie
Boîte ancienne inscrite
Très beau kakejiku de Nishiyama Suishō 西山翠嶂, peintre majeur du Kyoto moderne, représentant une caille en vol au-dessus de panicules de millet sous un croissant de lune.
La composition est typiquement automnale. Le grand croissant lunaire, traité avec une remarquable économie de moyens, domine un vaste espace presque vide tandis qu’une caille traverse la scène au-dessus de hautes graminées chargées de graines. Cette association de lune, millet et caille appartient pleinement à l’imaginaire de l’automne japonais.
L’œuvre repose sur un équilibre très subtil entre réalisme et poésie. La caille est observée avec précision, mais son mouvement reste libre et vivant. Les longues feuilles courbées et les lourdes panicules introduisent un rythme souple dans la partie basse tandis que l’immense espace autour de la lune donne à l’ensemble une atmosphère silencieuse et contemplative.
Titre inscrit sur la boîte
L’inscription principale se lit :
秋月飛鶉
Shūgetsu hi-jun
« Caille en vol sous la lune d’automne »
Le caractère saisonnier ne prête ici pas à confusion : 秋月 signifie explicitement “lune d’automne”.
Datation et inscription intérieure
L’intérieur de la boîte porte :
大正戊午晩秋
soit :
« Fin de l’automne de l’année tsuchinoe-uma de l’ère Taishō »
Cette combinaison correspond à 1918, Taishō 7.
Elle est suivie de la signature :
西山翠嶂 — Nishiyama Suishō
avec sceaux rouges.
Cette inscription est particulièrement intéressante puisqu’elle fournit à la fois l’auteur et une datation précise de l’œuvre ou de son inscription de boîte : fin de l’automne 1918.
L’artiste
Nishiyama Suishō 西山翠嶂 (1879–1958) fut l’une des grandes figures de l’école de Kyoto au début du XXe siècle. Élève de Takeuchi Seihō, il développa une peinture fondée sur l’observation directe de la nature et un dessin extrêmement maîtrisé. Il fut notamment membre de l’Académie impériale des Beaux-Arts, artiste de la Maison impériale et reçut en 1957 l’Ordre de la Culture.
Le Musée d’Art Kyocera de Kyoto souligne son rôle majeur au sein du milieu artistique de Kyoto et son importance comme professeur et chef d’atelier.
Monture
Le rouleau conserve une très belle monture en soie vert-gris à décor tissé, raffinée et particulièrement cohérente avec les tonalités très douces de la peinture.
La finesse de cette monture, la sobriété chromatique et les extrémités claires du rouleau renforcent le caractère élégant et précieux de l’ensemble.
Appréciation
Un très beau kakejiku original de Nishiyama Suishō, réunissant tous les éléments recherchés dans une œuvre de qualité : artiste majeur, sujet classique de saison, composition raffinée, très belle monture et boîte ancienne inscrite.
La présence explicite de la mention 晩秋 — “fin de l’automne” sur la boîte ainsi que le titre 秋月飛鶉 rendent cette œuvre particulièrement appropriée pour un kazari d’automne, notamment autour de la contemplation de la lune, tsukimi 月見.
Une pièce à la fois élégante, poétique et très représentative du meilleur de la peinture japonaise de Kyoto de l’époque Taishō.
Hauteur : 210 cm
Largeur : 63 cm
Prix : 300 euros









Oiseau en vol et chrysanthèmes
Kakejiku japonais 掛軸
Encre et couleurs légères sur papier
Japon – double boîte
Élégant kakejiku de format particulièrement étroit représentant un oiseau en plein vol au-dessus de chrysanthèmes. La composition repose sur un remarquable équilibre entre le plein et le vide. Dans la partie supérieure, l’oiseau traverse seul le vaste espace laissé libre par l’artiste. Son corps sombre, ses ailes largement ouvertes et sa longue queue donnent à la scène une véritable sensation de mouvement.
À la base de la peinture apparaissent plusieurs chrysanthèmes (kiku 菊), reconnaissables à leurs capitules, leurs boutons et leur feuillage caractéristique. Ils sont exécutés principalement à l’encre, avec de délicates variations de gris et quelques rehauts blancs qui viennent ponctuer la composition.
L’immense espace séparant les fleurs de l’oiseau n’est pas un simple arrière-plan : il constitue l’un des éléments essentiels de l’œuvre. Cette utilisation du vide donne au vol toute son amplitude et confère à la peinture une atmosphère silencieuse et contemplative. La présence du chrysanthème permet ici une lecture saisonnière beaucoup plus solide. Au Japon, le kiku est l’une des fleurs emblématiques de l’automne et fait partie des aki no nanakusa dans un sens culturel plus large des motifs automnaux, même si le chrysanthème lui-même ne fait pas partie des sept herbes classiques. L’œuvre convient donc particulièrement à une présentation automnale.
Signature et sceau
La peinture porte en bas à gauche une signature à deux caractères accompagnée d’un sceau rouge.
La formulation correcte est donc :
Signé et scellé par l’artiste – attribution à déterminer.
Monture et conservation
La peinture bénéficie d’une très belle monture aux tonalités or, beige et vert-gris, particulièrement harmonieuse avec la sobriété de l’œuvre. Le brocart présente un riche décor tissé d’oiseaux et de motifs végétaux, complété par une fine bordure intérieure à décor de nuages.
Les extrémités inférieures sont en bois sombre laqué, avec une patine et quelques traces d’usage cohérentes avec l’ancienneté de l’ensemble.
Le kakejiku est accompagné de deux boîtes de conservation, une boîte intérieure en bois et une boîte extérieure de protection.
Appréciation
Une composition particulièrement raffinée par son extrême verticalité et son dépouillement. Le contraste entre la masse végétale des chrysanthèmes, concentrée dans la partie inférieure, et l’oiseau isolé dans le vaste espace supérieur produit une impression de légèreté et de profondeur. ce kakejiku possède un format particulièrement intéressant pour le tokonoma et le kazari. Son thème automnal et la grande quantité d’espace négatif en font notamment un excellent accompagnement pour une présentation de suiseki, où il apporte une indication saisonnière sans concurrencer visuellement la pierre.
Hauteur : 185 cm
Largeur : 20 cm
Prix : 250 euros








岡田閑林 — Okada Kanrin (1775–1849)
紅葉小禽図 — Deux petits oiseaux parmi les érables d’automne
Japon, fin de l’époque Edo — première moitié du XIXe siècle
Kakejiku ancien et original
Encre et couleurs sur soie
Monture ancienne en soie
Très beau kakejiku ancien de Okada Kanrin 岡田閑林, représentant deux petits oiseaux parmi les branches d’un érable japonais aux feuillages rougissants. La composition est construite avec beaucoup d’élégance autour de branches fines et sinueuses qui traversent verticalement la peinture. Les deux oiseaux, discrètement intégrés au motif végétal, donnent vie à la scène sans rompre son atmosphère calme et contemplative. Le peintre laisse volontairement une large place au vide, donnant à l’ensemble une remarquable sensation de légèreté.
Les feuilles d’érable passent progressivement du vert aux tonalités rouges et orangées. Ce motif de momiji 紅葉, l’érable aux couleurs d’automne, inscrit clairement la peinture dans la saison automnale. C’est l’un des thèmes saisonniers les plus emblématiques de l’esthétique japonaise, associé à la contemplation du changement des couleurs et au caractère éphémère de la nature.
La palette, volontairement délicate, associe rouges atténués, bruns, gris et verts subtils sur le fond clair de la soie. Cette sobriété met particulièrement bien en valeur la finesse des oiseaux et la légèreté des feuilles.
Okada Kanrin 岡田閑林
Okada Kanrin (1775–1849) est un peintre de la fin de l’époque Edo, né à Edo. Les sources japonaises le donnent comme élève de Tani Bunchō 谷文晁, l’une des grandes figures de la peinture d’Edo, et indiquent qu’il était particulièrement réputé pour ses peintures de fleurs et d’oiseaux — kachō-ga 花鳥画.
Son travail s’inscrit notamment dans la tradition picturale influencée par Shen Quan 沈銓, appelé au Japon Shen Nanpin, caractérisée par une observation attentive de la nature et une représentation raffinée des oiseaux et des végétaux.
Monture
Le rouleau conserve une belle monture ancienne, associant une soie brun profond à des parties beige-brun et à de fines bandes décoratives dorées. La patine naturelle de la monture accompagne particulièrement bien les teintes automnales de la peinture et participe pleinement au caractère ancien de l’ensemble.
L’identification saisonnière est ici nette grâce aux feuilles d’érable rougies — momiji 紅葉. Cette œuvre est donc particulièrement appropriée pour un kazari d’automne.
Appréciation
Un très beau kakejiku ancien et original d’Okada Kanrin 岡田閑林, peintre reconnu de la fin de l’époque Edo et spécialiste du kachō-ga.
La finesse des deux oiseaux, la délicatesse des érables aux couleurs changeantes, l’ampleur du vide et la belle monture ancienne composent une œuvre particulièrement poétique, parfaitement représentative de la sensibilité japonaise à la nature et aux saisons.
Hauteur : 165 cm
Largeur : 40 cm
Prix : 300 euros









Ukita Ikkei 浮田一蕙 (1795–1859)
秋花小禽図 — Cailles parmi les fleurs d’automne
Japon, fin de l’époque Edo — XIXe siècle
Kakejiku ancien et original
Encre et couleurs légères sur soie
Boîte ancienne inscrite
Très beau kakejiku de Ukita Ikkei 浮田一蕙, représentant plusieurs cailles (鶉, uzura) évoluant au milieu d’une végétation automnale.
La scène est construite avec beaucoup de finesse et de retenue. Les cailles occupent la partie basse de la composition, intégrées à un ensemble de fleurs et d’herbes d’automne, traité dans une palette délicate et naturelle. Le dessin précis des oiseaux contraste subtilement avec la souplesse des tiges et des feuillages, créant une œuvre à la fois vivante et profondément paisible.
Le choix des cailles est particulièrement évocateur dans la peinture japonaise. Associées aux herbes d’automne, elles constituent un motif classique du kachō-ga 花鳥画, la peinture de fleurs et d’oiseaux, et renforcent ici le caractère saisonnier de l’œuvre.
La boîte porte le titre :
秋花小禽図
Shūka shōkin-zu
que l’on peut traduire littéralement par :
« Fleurs d’automne et petits oiseaux »
Le terme 小禽 désigne littéralement de petits oiseaux ; dans la peinture elle-même, ceux-ci sont représentés sous la forme de cailles.
La mention 浮田一蕙 désigne l’artiste, Ukita Ikkei.
Ukita Ikkei 浮田一蕙
Né en 1795 et mort en 1859, Ukita Ikkei est l’un des peintres importants de la fin de l’époque Edo. Il appartient au mouvement de renouveau du Yamato-e, qui cherchait à réaffirmer les traditions picturales proprement japonaises. Le British Museum le décrit comme l’un des représentants majeurs de ce courant.
Son œuvre associe élégance du dessin, sensibilité poétique et attachement aux thèmes classiques japonais. Des peintures de l’artiste sont aujourd’hui conservées notamment au Metropolitan Museum of Art, au Tokyo National Museum et dans plusieurs musées japonais.
Monture
Le rouleau conserve une belle monture ancienne en soie, aux tonalités sobres et raffinées, qui accompagne parfaitement la douceur de la peinture. L’ensemble présente l’équilibre et l’élégance recherchés dans les kakejiku destinés au tokonoma.
Appréciation
Un très beau kakejiku ancien et original de Ukita Ikkei, remarquable par son atmosphère automnale, la délicatesse de ses cailles et la finesse de son traitement végétal. Une œuvre particulièrement harmonieuse pour une présentation saisonnière d’automne, réunissant un artiste reconnu de la fin de l’époque Edo, un sujet classique du kachō-ga et une belle monture ancienne
Hauteur : 190 cm
Largeur : 49 cm
Prix : 500 euros









Matsumura Keibun 松村景文 (1779–1843)
Moineau parmi les fleurs d’automne
Suzume zu 雀図
Japon, époque Edo — première moitié du XIXᵉ siècle
Encre et légers lavis sur papier
Montage ancien en kakejiku
Élégante peinture de Matsumura Keibun, l’un des principaux maîtres de l’école Shijō de Kyoto, représentant un moineau suspendu à une fine branche fleurie.
La composition repose sur une remarquable économie de moyens. Le petit oiseau, placé presque au centre de la scène, concentre immédiatement le regard. Son corps est construit par quelques touches d’encre rapides et expressives : tête fortement ombrée, plumage traité par des coups de pinceau secs et nerveux, tandis que la silhouette reste parfaitement lisible malgré cette grande liberté d’exécution.
Autour de lui, les tiges, feuilles et fleurs sont rendues dans des valeurs d’encre beaucoup plus légères. La végétation se développe en diagonale et laisse volontairement une large partie du papier intacte. Ce jeu du vide, essentiel dans la peinture japonaise, donne à la composition toute sa respiration et renforce l’impression d’un instant saisi dans la nature.
La fleur développée dans la partie inférieure évoque très vraisemblablement un chrysanthème, thème emblématique de l’automne japonais. L’association du moineau et des végétaux saisonniers appartient pleinement au répertoire des kachō-ga 花鳥画, les peintures de fleurs et d’oiseaux dans lesquelles Keibun excellait.
Signature et sceaux
La peinture porte en bas à gauche la signature :
景文 — Keibun
accompagnée de deux sceaux rouges. La signature visible et la manière picturale sont cohérentes avec l’œuvre de Matsumura Keibun 松村景文.
Matsumura Keibun
Né à Kyoto en 1779, Keibun fut le demi-frère cadet et l’élève de Matsumura Goshun 松村呉春, fondateur de l’école Shijō. Après la disparition de Goshun, il joua un rôle majeur dans la diffusion de cette école à Kyoto.Sa peinture se caractérise par l’association d’une observation attentive de la nature et d’un pinceau libre, spontané et extrêmement économique. Les oiseaux, fleurs et végétaux comptent parmi ses sujets les plus recherchés.
Le montage : Le hyōgu 表具 ancien est particulièrement séduisant. Il associe un brun profond à une soierie bleu-vert, avec deux bandes ornées de motifs végétaux dorés entourant la peinture. Cette palette sombre et raffinée met remarquablement en valeur la sobriété monochrome de l’œuvre.
Le revers conserve son montage ancien, avec traces d’usage, plis et patine liés à l’âge. Les extrémités inférieures du rouleau sont en bois brun laqué.
L’ensemble est conservé dans une boîte ancienne en bois, portant une petite reproduction de l’œuvre destinée à identifier le rouleau. Aucune inscription permettant d’attribuer la boîte elle-même à Keibun n’est visible sur les photographies fournies.
Hauteur : 105cm
Largeur : 41cm
Prix : 300 euros









岸連山 — Kishi Renzan
鳥之図 — Tori no zu — Deux oiseaux en vol
Japon, époque Edo, XIXᵉ siècle
Kakejiku — encre et légers lavis sur papier
Élégant kakejiku attribué à Kishi Renzan 岸連山 (1804–1859), représentant deux oiseaux saisis en plein vol dans une composition extrêmement épurée.
L’artiste joue ici sur le mouvement : l’un des oiseaux monte vivement, ailes largement déployées, tandis que le second descend vers lui. Le pinceau est rapide, presque calligraphique, avec des lavis gris très légers qui donnent aux plumages une remarquable impression de mouvement.
Dans la partie inférieure apparaît un large disque lunaire, à peine suggéré dans la brume. Cette lune monumentale, partiellement effacée par les lavis atmosphériques, apporte à la scène une dimension silencieuse et poétique. Les oiseaux semblent traverser un ciel crépusculaire, entre lumière et brume.
La peinture porte une signature 連山筆 — Renzan hitsu, « peint par Renzan », accompagnée de deux sceaux rouges. La boîte ancienne est également inscrite 鳥之図 連山筆 — Tori no zu, Renzan hitsu, « Peinture d’oiseaux, par Renzan ».
Le montage ancien est particulièrement intéressant, associant des soieries bleu-gris patinées à un superbe brocart doré à décor végétal. L’ensemble conserve une patine importante, cohérente avec son ancienneté, qui participe pleinement à son caractère.
Kishi Renzan 岸連山 (1804–1859) fut l’un des peintres importants de Kyoto à la fin de l’époque Edo. Élève puis fils adoptif de Kishi Ganku, il poursuivit la tradition de l’école Kishi tout en y intégrant l’observation naturaliste et la douceur de l’école Shijō. Il était notamment réputé pour ses études d’animaux et d’oiseaux ; un album de ses études ornithologiques daté de 1829 est aujourd’hui conservé à l’Université Waseda.
Époque : fin Edo, première moitié du XIXᵉ siècle.
Saison : automne, la lune et le ciel brumeux donnant à l’ensemble une atmosphère particulièrement évocatrice.
Une œuvre ancienne, très poétique, dont la sobriété du sujet et l’ample espace laissé au vide donnent une présence remarquable malgré son format particulièrement étroit
Hauteur : 190cm
Largeur : 30cm
Prix : 300 euros









Kakejiku — Pleine lune émergeant des nuages
荒木寛畝 — Araki Kanpo (1831–1915), attribué à
Époque Meiji — daté de l’automne 1896 (Meiji 29)
Encre et couleurs légères sur soie
Œuvre d’une présence exceptionnelle, représentant une immense pleine lune surgissant d’un vaste mouvement de nuages. La composition, volontairement dépouillée, repose presque entièrement sur les nuances d’encre : les masses vaporeuses s’ouvrent autour de l’astre, dont la réserve lumineuse domine silencieusement l’espace.
La monumentalité de la lune, associée à la délicatesse presque immatérielle des nuages, produit une atmosphère contemplative particulièrement réussie. L’artiste évite tout élément terrestre : ni montagne, ni arbre, ni personnage, seulement le ciel, la lumière et les nuées. Cette économie de moyens donne à l’œuvre une dimension presque abstraite et profondément poétique.
La peinture est montée dans un kakejiku de grand format, avec un remarquable tissu bleu-vert à petits motifs floraux et des bandes de brocart brun et or à décor de pivoines. L’ensemble présente une belle cohérence chromatique avec les tonalités argentées et ivoire de la peinture.
L’inscription visible porte 「明治廿九年」 — Meiji 29 (1896) et paraît indiquer une exécution automnale. La signature et les deux sceaux sont cohérents avec une attribution à Araki Kanpo, peintre majeur de la fin du XIXᵉ siècle, particulièrement reconnu pour son langage pictural raffiné hérité de la tradition japonaise.
Saison : automne — 秋 (aki). La pleine lune constitue l’un des grands symboles poétiques de l’automne japonais, particulièrement associée à la contemplation de la lune (tsukimi).
État : œuvre ancienne conservant les marques naturelles de son âge ; usures, plis et altérations visibles de la soie et du montage. Ces éléments n’enlèvent rien à la remarquable puissance décorative de l’ensemble.
Une pièce de très haut niveau, spectaculaire par ses dimensions, la monumentalité de sa lune et la qualité atmosphérique de son traitement
Hauteur : 146 cm
Largeur : 95 cm
Prix : 900 euros









Attribué à Matsuo Bashō 松尾芭蕉 (1644–1694)
富士画讃 — Fuji gasan
« Le mont Fuji et son éloge poétique »
Japon, époque Edo
Encre et lavis sur soie
Monture ancienne en brocart de soie à fils d’or – kiribako ancienne
Œuvre d’une grande rareté, ce kakejiku est attribué à Matsuo Bashō, figure majeure de la littérature japonaise de l’époque Edo. La boîte porte l’inscription 芭蕉翁 富士画讃 — Bashō-ō Fuji gasan, que l’on peut traduire par : « Le vénérable Bashō – peinture du mont Fuji accompagnée d’un éloge poétique ».
La composition représente le mont Fuji émergeant dans les brumes, presque immatériel, tandis que plusieurs reliefs sombres se succèdent au premier plan. Quelques minuscules embarcations accentuent encore l’immensité du paysage. Le traitement extrêmement dépouillé, fondé sur les valeurs brunes, les transparences et les silences laissés dans la soie, confère à l’ensemble une remarquable profondeur contemplative.
L’inscription reprend le célèbre 士峰の賛 — Shihō no san, « Éloge du mont Fuji », texte associé à Bashō et composé à l’automne 1684. Le maître y célèbre une montagne si sublime qu’elle semble dépasser les possibilités mêmes de la poésie et de la peinture.
Poème final
雲霧の
暫時
百景をつくしけり
Traduction :
Nuages et brumes —l’espace d’un instant, cent paysages se révèlent.
En quelques mots, Bashō saisit l’essence du Fuji : une montagne immuable dont les apparences se transforment sans cesse sous le mouvement des nuages et des brumes.
La monture ancienne, particulièrement raffinée, associe brocarts vert-de-gris, beige et or. Sa richesse décorative contraste magnifiquement avec la sobriété presque monochrome de la peinture et renforce le caractère cérémoniel de l’ensemble.
Saison : automne.
Une œuvre d’une exceptionnelle présence, réunissant paysage, poésie et calligraphie dans une esthétique parfaitement japonaise de suggestion et de silence. L’attribution à Bashō doit naturellement être conservée avec prudence en l’absence d’une authentification documentaire définitive, mais la concordance entre la peinture, l’inscription, les sceaux et le contenu de la boîte en fait une pièce particulièrement intéressante.
Hauteur : 120cm
Largeur : 60cm
Prix : 950 euros







Kondō Kōichirō 近藤浩一路 (1884–1962)
Mont Fuji sous la lune
Japon — époque Shōwa
Encre sur papier, montée en kakejiku
Dimensions : 130 × 32 cm
Élégante œuvre de Kondō Kōichirō (近藤浩一路, 1884–1962), figure importante de la peinture japonaise moderne, particulièrement reconnue pour ses paysages au sumi.
Formé initialement à la peinture occidentale à la Tokyo School of Fine Arts, Kondō développe ensuite un langage très personnel associant la tradition japonaise du suibokuga à une sensibilité moderne pour la lumière, les ombres et les effets atmosphériques. Membre du Nihon Bijutsuin, il est aujourd’hui conservé dans plusieurs musées japonais.
Ici, le mont Fuji apparaît comme une masse sombre et monumentale, construite par de profonds lavis d’encre. Ses contours se dissolvent progressivement dans la brume tandis que le paysage inférieur est seulement suggéré par quelques nuances grisées. Un fin croissant de lune, isolé dans l’espace laissé vide, apporte à la composition une remarquable sensation de silence et de profondeur.
Cette économie de moyens est caractéristique de Kondō : plutôt que de décrire le paysage avec précision, il cherche à en restituer l’atmosphère et la présence intérieure.
Dans la partie inférieure gauche figure la signature :
浩一路写 — Kōichirō sha
« Peint par Kōichirō »
accompagnée de son sceau rouge.
Le montage ancien est particulièrement séduisant, associant une soie beige à un spectaculaire textile bleu indigo décoré de chrysanthèmes et de rinceaux végétaux crème. Les embouts du rouleau, aux nuances veinées, complètent avec raffinement cet ensemble.
Un kakejiku de grande présence, réunissant l’un des sujets les plus emblématiques de l’art japonais — le mont Fuji — et l’écriture picturale profondément personnelle de Kondō Kōichirō
Hauteur : 130cm
Largeur : 32cm
Prix : 350 euros









森寛斎 Mori Kansai (1814–1894)
月に杜鵑図 — Tsuki ni Hototogisu-zu
Hototogisu volant devant la pleine lune
Japon — fin de l’époque Edo / début de l’ère Meiji
Encre et légers rehauts sur soie, montée en kakejiku
Dimensions : 120 × 34 cm
Signature : 森寛斎筆 — Mori Kansai hitsu
Sceau rouge de l’artiste
Élégant kakejiku attribué à Mori Kansai 森寛斎 (1814–1894), important peintre de l’école Maruyama-Shijō, représentant un hototogisu — le petit coucou japonais — volant devant une immense pleine lune.
La composition est d’une grande sobriété. Le vaste disque lunaire, laissé presque entièrement en réserve, domine l’espace tandis que l’oiseau traverse la scène au-dessus de quelques nuées traitées par de subtils lavis d’encre.
Le hototogisu 杜鵑 occupe une place particulière dans la poésie et la peinture japonaises. Associé à la nuit, au début de l’été et à la lune, son chant évoque souvent l’éloignement, la nostalgie et le caractère fugitif des saisons. Ici, son vol rapide contraste avec l’immobilité silencieuse de la lune.
Mori Kansai était réputé pour son dessin élégant, son observation précise de la nature et la légèreté de ses compositions. Dans cette œuvre, quelques traits suffisent à suggérer les ailes, la tête et le mouvement de l’oiseau, tandis que les masses d’encre des nuages se dissolvent progressivement dans le fond ancien de la soie.
Le montage est lui aussi particulièrement intéressant : brocart brun à motifs géométriques, fines bandes de soie claire décorées de motifs floraux et importantes sections bleu profond aujourd’hui fortement patinées. Les jikusaki rouges apportent une touche inhabituelle et très décorative.
Le revers conserve plusieurs inscriptions manuscrites anciennes ainsi qu’un montage présentant une usure marquée, témoignage de la longue histoire de l’œuvre.
Avec son format élancé de 120 × 34 cm, ce kakejiku offre une composition très raffinée, où la lune, l’oiseau et le vide jouent un rôle égal.
Une œuvre poétique et profondément japonaise, attribuée à Mori Kansai, dans laquelle la simplicité du sujet laisse toute sa place au silence, au mouvement et à l’atmosphère nocturne
Hauteur : 129cm
Largeur : 34cm
Prix : 400 euros









竹林山水図 – CHIKURIN SANSUI (PAYSAGE AUX BAMBOUS)
Description
Composition élégante représentant un paysage de bambous au bord de l’eau, enveloppé d’une brume légère. Les tiges élancées se dressent avec finesse, créant un rythme vertical apaisant, tandis que les montagnes en arrière-plan se fondent dans un lavis délicat.
Esthétique
Peinture à l’encre et légers rehauts dans un esprit lettré.
Trait souple, respiration de l’espace, subtilité des dégradés.
Une œuvre centrée sur la suggestion et le le calme intérieur
Artiste
Signature lue : 秀◯ (Shū…)
Artiste japonais, travail dans la tradition des peintres de paysage
Période
Époque Meiji – Taishō (fin XIXe – début XXe siècle)
Monture en soie traditionnelle, aux motifs discrets accompagnant harmonieusement la composition
Une œuvre raffinée et apaisante, idéale pour un tokonoma ou un intérieur recherchant une présence silencieuse et élégante.
Le regard se perd dans la brume et retrouve le rythme naturel du paysage.
Hauteur : 180 cm
Largeur : 53 cm
Prix : 200 euros








HERBES D’AUTOMNE ET VOL D’OISEAUX – 秋草図
Description
Peinture à l’encre et légers rehauts sur papier représentant des herbes ondoyantes balayées par le vent, accompagnées de quelques oiseaux en vol. Le traitement est fin et linéaire pour les végétaux, posé sur un fond légèrement teinté suggérant une atmosphère diffuse.
Esthétique
Composition épurée relevant de la tradition décorative japonaise. Le mouvement des herbes, rendu par un trait souple et rythmé, structure l’espace. L’ensemble privilégie la légèreté et la suggestion, avec un usage mesuré du vide.
Période
Japon, époque Meiji (fin XIXe siècle) – début XXe siècle
Signature
Signature calligraphiée présente en bas à gauche, accompagnée d’un sceau rouge.
Lecture partielle : présence du caractère 風 (vent) identifiable dans la signature.
Nom d’artiste non établi avec certitude.
Monture
Montage en kakemono avec soie à motifs.
Jikusaki en ivoire ou imitation ivoire.
Monture cohérente avec l’ensemble.
État
État correct. Rousseurs et taches visibles sur le papier. Usures d’usage sur la monture.
Impression
Œuvre décorative de tradition japonaise, centrée sur le thème saisonnier de l’automne. Une pièce élégante par la finesse de son trait et la sobriété de sa composition.
Hauteur : 202 cm
Largeur : 45 cm
Prix : 200 euros








PAYSAGE DE MONTAGNES ET PINS DANS LA BRUME – 静山筆
Description
Peinture à l’encre sur papier représentant un paysage de montagnes émergeant de brumes, animé par des pins aux silhouettes élancées. Les masses montagneuses sont traitées en lavis dégradé, créant une profondeur atmosphérique. La composition s’organise en plans successifs, entre reliefs soutenus au premier plan et formes adoucies à l’arrière-plan.
Esthétique
Travail dans la tradition du paysage lettré (sansui). Le contraste entre la structure nerveuse des pins et la douceur des lavis brumeux crée un équilibre maîtrisé. L’ensemble privilégie la suggestion et la respiration de l’espace.
Période
Japon, époque Meiji (fin XIXe siècle) – début XXe siècle
Signé 静山 (Seizan) en bas à gauche, accompagné d’un sceau rouge.
Nom d’artiste de type lettré (« montagne silencieuse »).
Monture
Montage en kakemono avec soie à motifs floraux. Jikusaki en imitation ivoire.
Présence de sa boîte de rangement en bois (kiribako).
État
Bon état général. Rousseurs légères et traces du temps sur le papier. Monture en bon état avec usures d’usage.
Impression
Paysage à l’encre de tradition japonaise, équilibré et lisible. Une œuvre décorative de qualité, représentative des productions lettrées de la fin du XIXe – début XXe siècle
Hauteur : 126 cm
Largeur : 54cm
Prix : 200 euros







LUNE DANS LES BRUMES – 月景扇面図
Description
Éventail peint à l’encre sur papier, présentant une lune pleine en réserve, entourée de lavis diffus formant un paysage suggéré. La composition, volontairement épurée, laisse les formes dans une indétermination maîtrisée, caractéristique d’un travail lettré.
Esthétique
Traitement sobre relevant de l’esthétique bunjin. L’usage du vide et du lavis structure l’image autour de la lune, sans recherche descriptive. L’ensemble privilégie l’atmosphère et la retenue.
Période
Japon, époque Meiji (fin XIXe siècle) – début XXe siècle
Signature
Inscription calligraphiée comprenant le terme 山人 (sanjin), pseudonyme de lettré (« homme retiré »).
Monture
Éventail monté en kakemono. Textile à motifs, jikusaki en bois laqué noir.
Présence de sa boîte de rangement en bois (kiribako).
Impression
Œuvre de tradition lettrée, fondée sur la suggestion et la simplicité. Une pièce cohérente, représentative de la sensibilité japonaise de la fin du XIXe – début XXe siècle.
La signature visible correspond à une lecture du 488e abbé du temple Daitoku-ji (Maruyama Deni)
avec cachet. Mention 於日本東京 (« à Tokyo, Japon »).
Idéal pour présentation en Tokonoma.
Hauteur : 124 cm
Largeur : 63 cm
Prix : 250 euros








ÉRABLES D’AUTOMNE DANS UNE GORGE LUMINEUSE
紅葉渓谷図 — 桂峰(Keihō)
Époque : Taishō – début Shōwa
Dans cette œuvre, tout est construit autour de la lumière. Une ouverture verticale, presque irréelle, traverse la composition comme une respiration, tandis que les érables d’automne viennent s’y suspendre en touches rouges vibrantes. Le regard est immédiatement capté, puis doucement entraîné vers le haut, dans un mouvement naturel et apaisant.
Les feuillages de momiji, finement posés, créent un contraste subtil entre intensité chromatique et légèreté du geste. Rien n’est figé : tout semble flotter, comme porté par une brume silencieuse. Cette manière de suggérer plutôt que de décrire donne à la scène une profondeur très japonaise, presque méditative.
La saison s’impose avec évidence : l’automne dans sa plénitude, moment de maturité et d’équilibre. Ici, le rouge n’est pas seulement décoratif, il devient émotion — une chaleur douce au cœur d’un paysage apaisé.
La signature 桂峰 (Keihō), accompagnée de son sceau, s’inscrit avec élégance dans la composition, sans jamais rompre son harmonie. L’ensemble témoigne d’une parfaite maîtrise des codes du paysage Nihonga, dans une expression fluide et équilibrée.
La monture, dans ses tonalités vert profond, prolonge naturellement la scène et renforce l’effet de profondeur. Elle encadre sans enfermer, mettant en valeur la verticalité et la respiration de l’œuvre.
Ce kakemono s’impose par son atmosphère.
Il ne cherche pas à démontrer — il installe une sensation. Une lumière qui traverse la pierre, des érables suspendus dans l’air,
et ce moment rare où le paysage devient silence.
Hauteur : 189 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 300 euros








GRAMINÉES ET SAUTERELLE
田中日華 – Tanaka Nikka
Description : Kakejiku d’une grande sobriété représentant des graminées élancées, courbées sous l’effet du vent, accompagnées d’un insecte posé avec délicatesse. La composition s’organise autour d’un mouvement diagonal, presque invisible, qui traverse l’espace. Le sujet semble apparaître puis disparaître dans le vide, comme porté par une brise silencieuse.
Esthétique : L’exécution est libre, presque calligraphique. Le pinceau capte l’essence du végétal sans jamais s’attarder sur le détail. Les graminées vibrent, oscillent, respirent — tandis que l’insecte, discret, introduit une présence fragile et éphémère.
Artiste : Tanaka Nikka (田中日華) Artiste japonais actif probablement entre la fin de l’époque Meiji et le début du XXe siècle. Le contraste subtil entre fraîcheur et profondeur accompagne parfaitement l’œuvre, sans jamais la surcharger.
Le travail du pinceau est essentiel : variation de pression, vitesse, respiration — chaque ligne est vivante. Une œuvre silencieuse, presque méditative. Elle ne cherche pas à séduire immédiatement, mais à s’installer lentement dans le regard. Plus on l’observe, plus elle révèle sa richesse.
Idéal avec : un suiseki sobre, évoquant la terre sèche ou le vent/ une composition minimaliste laissant respirer l’espace
Hauteur : 125 cm
Largeur : cm
Prix : 250 euros






OISEAU ET ÉRABLE
Peinture japonaise montée en rouleau suspendu représentant une composition en forme d’éventail. Ce type de peinture est appelé :
扇面画 (Senmen-ga) Peinture d’éventail.
Dans ce cas, l’éventail peint est intégré dans un montage de kakejiku.
La composition montre : un oiseau posé sur une branche/ des feuilles rouges d’érable/une branche sombre diagonale
Le fond beige et la forme de l’éventail donnent à l’ensemble une atmosphère très élégante et décorative. Dans la culture japonaise, l’érable rouge est l’un des symboles majeurs de l’automne.
La signature semble lire : 春年 Shunen
Peinture japonaise traditionnelle : kachō-ga (花鳥画)
Caractéristiques : pinceau libre et vivant/lavis colorés/composition élégante
Montage et style indiquent probablement : fin Meiji – Taishō – début Shōwa 1890/930
Montage en soie sobre avec :
tissu à motif discret/jikusaki en ivoire ou imitation ivoire/ cordon ancien/Le montage semble cohérent avec la période.
Lecture poétique :
« Sur la branche rouge de l’érable un oiseau s’arrête un instant —Le vent d’automne passe »
Hauteur : 130 cm
Largeur : 64 cm
Prix : 250 euros









MOMIJI ROUGE
Signature : 楽斎 — Rakusaï
Feuilles d’érable rouges tombant devant une paroi rocheuse suggérée par un léger lavis d’encre.
Description poétique : Quelques feuilles rouges dérivent lentement dans l’air.
Le paysage est presque absent : deux ombres verticales évoquent des rochers humides, et devant elles les feuilles d’automne glissent silencieusement.Le vide domine la composition. C’est dans cet espace que l’on ressent le vent et la saison. La peinture est simple, légère, presque fragile — comme l’instant où l’automne bascule vers l’hiver.
Symbolique : Les momiji (érables rouges) évoquent : l’automne/la beauté éphémère/le passage du temps
Motif classique dans les tokonoma pour la saison d’automne.
Époque probable : Fin Edo – début Meiji XIXᵉ siècle
Montage : soie brun rosé à motifs/ jikusaki en bois laqué rouge/ boîte en kiri (paulownia)
Impression : Quelques feuilles tombent/Le vent les emporte doucement Et avec elles disparaît l’automne.
Hauteur : 198 cm
Largeur : 33 cm
Prix : 270 euros









CHRYSANTHÈMES
Le chrysanthème est la fleur la plus classique de au Japon. On le voit par : les pétales courts rayonnants/les centres ronds jaunes/les feuilles dentées/ la tige ramifiée typique
Le chrysanthème évoque : l’automne/ la longévité/ la noblesse/la pureté, C’est aussi l’emblème impérial japonais.
La peinture est construite de façon très typique : branche diagonale/asymétrie/grand espace vide/fleurs regroupées, Le fond est couvert de poudre d’or dispersée (sunago 金砂子). La fleur sort d’une réserve arrondie en forme de nuage.
Cette réserve est appelée : mokko-gata (木瓜形)
forme utilisée dans les arts décoratifs japonais.
Le style Rinpa utilise très souvent : feuille d’or/poudre d’or/fonds décoratifs.
Caractéristique majeure de Rinpa :
• grand vide/motif concentré/équilibre graphique.
Datation : brocart de style XIXe. fin Edo – début Meiji 1850 – 1900
Points forts : composition élégante/belle atmosphère/poudre d’or agréable/motif classique
Il accompagne très bien : suiseki montagne
/ bonsai érable/herbe d’automne/ pierre paysage.
Style : inspiration Rinpa décorative
Période : fin Edo / début Meiji 1850 – 1900
Technique : encre, pigments et poudre d’or
Hauteur : 124 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 250 euros









LUNE D’AUTOMNE / SAULE
Ce kakejiku présente une scène nocturne d’une grande sobriété : une pleine lune d’automne apparaît dans un ciel légèrement brumeux tandis qu’une branche de saule souple se déploie dans l’espace. Un chauve-souris traverse silencieusement la lumière de la lune, apportant un mouvement subtil à la composition.
La peinture est réalisée à l’encre légère avec des lavis très doux. L’artiste utilise de grands espaces vides, laissant respirer la composition. Cette esthétique du vide est caractéristique de la peinture japonaise influencée par la tradition Nanga / Nihonga et par l’esprit du Maruyama-Shijō.
Lecture probable : Akiyama Gyokujō
• 秋山 : Akiyama (nom de famille)
• 玉城 : Gyokujō (nom d’artiste)
Plusieurs symboles se combinent dans l’image :
La lune : symbole de pureté, contemplation et éternité. Le Saule : symbole de droiture, souplesse et noblesse morale. La chauve-souris : dans la culture chinoise et japonaise elle évoque la chance et la prospérité.
Datation probable : fin de l’époque Meiji – début Taishō vers 1890 – 1920
Hauteur : 188 cm
Largeur : 48 cm
Prix : 350 euros






OISEAUX ET BRANCHES DE PIN
Genre :Peinture japonaise traditionnelle – Kacho ga (oiseaux et nature)
Sujet : Deux oiseaux poses sur une branche de pin. La composition évoque l’harmonie, l’équilibre et un dialogue silencieux.
Symbolique :Le pin symbolise la longevite, la constance et la resistance au temps. Associe a un couple d oiseaux, il exprime la stabilité, la fidélité et la serenite.
Saison : Fin de l’automne à l hiver. L absence de fleurs et la présence du pin indiquent une atmosphère hivernale.
Signature et sceau : Signature lue comme Hakuo ou Hako, signifiant Mouette blanche. Il s agit d un nom d artiste.
Datation probable : Environ 1900 a 1935, fin de l ere Meiji, Taisho et début Showa.
Appreciation artistique : Oeuvre raffinée et non décorative. Le dessin des oiseaux est precis, le plumage délicat, et la structure du pin bien maitrisée.
Dans la permanence du pin, deux présences discretes se répondent, image d une fidélité silencieuse a travers les saisons
Hauteur : 130 cm
Largeur : 57 cm
Prix : 220 euros






LUNE ET OISEAU
桃嶺 ‒ Tōrei
Peintre lettré (bunjinga / nanga), actif probablement à la fin de l’époque Meiji ou au début de l’ère Taishō. Style caractérisé par une encre douce, atmosphérique et une grande maîtrise du vide.
Sujet : Oiseau solitaire en vol sous une lune partiellement voilée, émergeant d’un paysage de nuées et de brumes.
Saison :Automne : La lune est un kigo majeur de l’automne dans la peinture et la poésie japonaise. L’oiseau migrateur et l’atmosphère brumeuse renforcent le sentiment de transition et de contemplation.
Signification poétique :Dans un ciel de brume, l’oiseau traverse la lune voilée.Ni départ, ni retour ̶ seulement l’instant suspendu où le silence devient paysage.
Lecture symbolique : L’oiseau évoque la liberté et le détachement, la lune l’impermanence et la vérité voilée. Le vaste espace laissé vide agit comme un lieu de respiration spirituelle propre à l’esthétique japonaise.
Hauteur : 202 cm
Largeur : 64 cm
Prix : 300 euros






MOINEAUX ET HAGI
Genre : Peinture japonaise traditionnelle – Kachō ga, associée à la calligraphie poétique
Sujet : des moineaux sont représentés parmi des herbes d’automne, probablement du hagi (lespédèze), plante emblématique de la saison. La composition verticale associe image et poésie dans un équilibre délicat entre peinture et écriture.
Symbolique : Le hagi évoque l’automne, la fragilité et la mélancolie douce.
Saison : Automne affirmé. Le hagi est l’une des sept plantes de l’automne dans la poésie classique japonaise.
Waka (poème classique) :
Traduction poétique du waka
“Dans les herbes d’automne,
la voix discrète de l’oiseau se pose — au fil du vent,
le cœur s’attarde encore
dans la lumière déclinante”
Signature et sceau : Signature lisible comme Nichiho ou Nisshō, accompagnée de deux sceaux rouges. L’ensemble indique un peintre-calligraphe formé à la tradition lettrée.
Datation probable : Fin de l’ère Meiji à début de l’ère Taishō, environ 1890–1920.
Appréciation artistique : Œuvre raffinée, alliant peinture et poésie. La sobriété du dessin et la fluidité de la calligraphie invitent à une lecture silencieuse et méditative. La peinture et le poème se répondent ici comme deux souffles d’automne, unis dans une même sensibilité.
Hauteur : 200 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 250 euros






MOINEAU PARMI LES GRAMINÉES D’AUTOMNE
雀秋草図 (Suzume Akikusa-zu)
Description : Cette élégante peinture japonaise représente un moineau en plein vol évoluant au-dessus de hautes graminées courbées par la saison. Exécutée avec une remarquable légèreté de touche, l’œuvre capture un instant suspendu où l’oiseau semble flotter dans l’espace, animé par un souffle invisible. Les longues feuilles arquées s’élancent depuis la base de la composition dans un mouvement calligraphique d’une grande fluidité. Les épis chargés de graines dessinent un contrepoint délicat au vol du moineau, créant un équilibre subtil entre terre et ciel, immobilité et mouvement.
Esthétique : Les graminées d’automne occupent une place privilégiée dans l’iconographie japonaise. Elles incarnent la beauté discrète de la saison, lorsque la nature atteint sa maturité avant de s’effacer progressivement vers l’hiver. Leur silhouette souple et ondoyante évoque le vent, le passage du temps et l’éphémère, thèmes fondamentaux de la sensibilité japonaise. Le moineau (suzume), familier des campagnes et des jardins, apporte à la scène une présence vivante et spontanée. Son apparition fugace anime la composition tout en renforçant l’impression de calme contemplatif qui se dégage de l’ensemble. La grande réserve laissée par l’artiste autour des sujets participe pleinement à cette atmosphère. Le vide n’est pas absence mais respiration ; il permet au regard de circuler librement et d’entrer dans le silence du paysage.
Monture : Le kakemono est présenté dans une sobre monture de soie aux motifs géométriques discrets dans des tonalités vert d’eau et argentées. Cette palette douce accompagne harmonieusement le sujet automnal et souligne le raffinement de l’ensemble. Les embouts anciens complètent avec élégance cette présentation traditionnelle.
Impression : Plus qu’une représentation ornithologique ou botanique, cette œuvre est une évocation de l’automne japonais. Le bruissement des herbes, le passage furtif du moineau et l’espace silencieux qui les entoure composent une scène empreinte de poésie et de sérénité.
Hauteur : 197 cm
Largeur : 42 cm
Prix : 220 euros






LIBELLULE PARMI LES HERBES D’AUTOMNE
秋草蜻蛉図
Akikusa Tonbo-zu
Artiste : 雲峰 (Unpō)
Description : Équilibre, silence et légèreté caractérisent ce délicat kakemono représentant une libellule rouge posée sur une herbe d’automne balayée par le vent. Quelques traits d’encre suffisent à suggérer le mouvement des graminées tandis qu’une touche de vermillon anime la composition d’une présence lumineuse et fugace. Au-dessus de l’insecte, un poème calligraphié accompagne la scène. L’écriture, libre et élégante, se déploie dans l’espace laissé volontairement vide par l’artiste, créant un dialogue harmonieux entre peinture et poésie selon la plus pure tradition japonaise.
Le poème : Le texte célèbre la légèreté de la libellule évoluant au-dessus des herbes couvertes de rosée dans les couleurs naissantes de l’automne :
Au-dessus des herbes perlées de rosée,
elle contemple les couleurs de l’automne ;
plus légère encore qu’une luciole,
la libellule se laisse porter par le vent.
Esthétique : La libellule rouge (akatonbo) est l’un des symboles les plus emblématiques de l’automne japonais. Sa silhouette délicate évoque les champs paisibles de la campagne, la lumière dorée des fins de journée et la beauté éphémère du changement de saison. Les herbes représentées ici rappellent le susuki (Miscanthus), l’une des sept herbes traditionnelles de l’automne célébrées dans la poésie classique japonaise. Leur souplesse contraste avec la précision du dessin de l’insecte et confère à l’ensemble une remarquable sensation de mouvement.
Monture : Le kakemono est présenté dans une élégante monture de soie aux tonalités vert mousse, ivoire et beige clair. Cette palette sobre renforce l’atmosphère sereine de l’œuvre et met particulièrement en valeur la finesse du dessin ainsi que l’éclat vermillon de la libellule.
Impression : Cette peinture ne cherche pas à décrire un paysage précis mais à saisir un instant de saison. La libellule semble n’être présente qu’un bref moment avant de reprendre son vol dans la lumière automnale. Le regard suit la courbe des herbes, s’arrête sur l’insecte puis se perd dans le vide du papier où résonnent encore les mots du poème.
Hauteur : 125 cm
Largeur : 60 cm
Prix : 220 euros






Cailles et herbes de la Pampa
川端玉章 — Deux Cailles parmi les Herbes d’Automne
Uzura ni Akikusa-zu (鶉秋草図)
Artiste : 川端玉章 (Kawabata Gyokushō, 1842–1913)
Nom d’artiste populaire : Shibun (子文)
Description : Dans une mer de graminées ondulantes, deux cailles avancent discrètement à travers les herbes de la fin de saison. L’une baisse la tête à la recherche de nourriture tandis que l’autre relève légèrement le cou, attentive au moindre mouvement. Quelques traits d’encre suffisent à faire naître le souffle du vent, la densité des herbes et la présence silencieuse des oiseaux. Gyokushō démontre ici toute la maîtrise qui fit sa réputation. Le pinceau demeure libre et spontané, mais chaque détail est observé avec une extrême justesse. Les plumages sont rendus par de légères touches d’encre nuancée tandis que les longues feuilles de graminées décrivent de vastes mouvements courbes qui traversent toute la composition. L’espace vide occupe une place essentielle. Il devient air, lumière et silence, enveloppant les oiseaux dans une atmosphère de calme profondément japonaise.
Présentation de galerie : Peu d’artistes ont su représenter la nature avec autant de sensibilité que Kawabata Gyokushō. Figure majeure de la peinture japonaise de l’ère Meiji, professeur à l’École des Beaux-Arts de Tokyo (Tōkyō Bijutsu Gakkō), il forma une génération entière de peintres qui marqueront l’art japonais moderne. Dans cette œuvre, le maître abandonne toute recherche spectaculaire pour célébrer une scène humble de la campagne japonaise. Les cailles, cachées dans les herbes d’automne, incarnent une beauté discrète et silencieuse. Depuis des siècles, elles occupent une place privilégiée dans la poésie et la peinture japonaises où elles symbolisent l’automne, la sérénité rurale et l’intimité avec la nature. Les herbes balayées par le vent évoquent le susuki (miscanthus), l’une des plantes emblématiques de la saison automnale. Leur mouvement souple répond à la rondeur des oiseaux et crée un équilibre d’une grande élégance. Le regard suit les courbes des feuillages avant de découvrir les deux petites silhouettes nichées au cœur du paysage, comme un secret offert au spectateur attentif. L’œuvre illustre parfaitement l’esthétique de Gyokushō : observation attentive du vivant, économie de moyens et poésie silencieuse.
Monture : Le kakemono est présenté dans une élégante monture de soie aux tons ivoire et beige doré, parfaitement accordée à la douceur de la composition. Les embouts laqués rouge profond apportent une note raffinée qui rappelle les montures de qualité de la fin de l’époque Meiji.
Période : Ère Meiji (1868–1912)
L’œuvre s’inscrit pleinement dans le style mature de Gyokushō, caractérisé par un naturalisme délicat hérité de l’école Maruyama-Shijō et enrichi d’une sensibilité propre à la modernité artistique de l’ère Meiji.
Impression : À première vue, la peinture semble presque vide. Puis les herbes apparaissent, le vent devient perceptible et les deux cailles émergent doucement du paysage. Toute la scène respire le calme des campagnes japonaises à l’automne. Cette simplicité apparente cache une remarquable maîtrise technique et une profonde compréhension de la nature, faisant de cette œuvre un exemple raffiné de la peinture japonaise de la fin du XIXᵉ siècle
Peinture très réaliste.
Hauteur : 210 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 400 euros






LUNE ET HERBES DE LA PAMPA
月に薄図 — Tsuki ni Susuki-zu
Lune d’automne derrière les herbes de susuki
Signé : 後素 (Gosen)
Quelques tiges de susuki s’élèvent avec souplesse depuis le bas de la composition, leurs longues feuilles arquées se croisant en un réseau de lignes d’une remarquable élégance calligraphique. Derrière elles apparaît un disque lunaire à peine suggéré par un léger lavis, présence discrète plus ressentie que véritablement représentée. Rien n’est affirmé, tout est évoqué.
Cette œuvre illustre l’un des thèmes les plus raffinés de l’esthétique japonaise : la contemplation de la lune d’automne (tsukimi). Depuis plus d’un millénaire, poètes, peintres et maîtres de thé célèbrent l’union de la pleine lune et du susuki, les graminées argentées qui ondulent dans les champs lorsque les nuits deviennent plus fraîches. Ensemble, ils incarnent la quintessence de l’automne japonais.
Gosen ne cherche pas à décrire un paysage réel. Son pinceau saisit plutôt une sensation : celle d’une soirée silencieuse où la lumière lunaire se diffuse à travers les herbes mouvantes. Les plumeaux délicats semblent vibrer sous une brise invisible tandis que le disque pâle apparaît puis disparaît derrière leur entrelacement. Le regard erre naturellement entre les lignes souples du feuillage et la forme ronde de la lune, comme porté par le rythme lent de la nature.
La composition repose sur une remarquable maîtrise du vide. Les larges réserves de papier deviennent ciel, lumière et distance. Cette simplicité apparente est le fruit d’une grande sophistication artistique : quelques traits parfaitement placés suffisent à créer profondeur, mouvement et atmosphère. L’œuvre appartient pleinement à cette tradition japonaise où la suggestion est plus éloquente que la description et où l’émotion naît de ce qui demeure volontairement inexprimé.
Dans la culture japonaise, le susuki figure parmi les célèbres Sept Herbes de l’Automne (Aki no Nanakusa). Associé à la lune, il évoque la beauté fragile des choses, la maturité de la saison et cette douce mélancolie que les Japonais nomment parfois mono no aware, la conscience sensible de l’impermanence.
Face à ce kakemono, le temps semble ralentir. Les herbes frémissent encore, la lune éclaire doucement la scène et le silence devient presque palpable. Plus qu’une peinture de plantes ou de paysage, cette œuvre est une invitation à la contemplation, à l’écoute du vent et à la beauté paisible d’une nuit d’automne japonaise.
Monture : soie gris perle à motifs géométriques discrets, embouts ivoire
Période : Japon, fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle
Peinture sur soie réalisé par Gosen, typique des scenes d’automne, belle qualité.
Hauteur : 205 cm
Largeur : 60 cm
Prix : 300 euros






Lune d’Automne
木村観龍 — Kimura Kanryū
Lune voilée au-dessus des herbes d’automne
Dans le silence d’une nuit d’automne, une lune partiellement dissimulée par les nuages apparaît au-dessus d’un champ de graminées balayées par le vent. Quelques traits d’encre d’une extrême économie suffisent à faire naître tout un paysage. Les herbes se penchent sous la brise nocturne tandis que les nuées glissent lentement devant l’astre, créant cette atmosphère suspendue propre aux meilleures peintures de tradition japonaise. Kimura Kanryū ne cherche pas à représenter un lieu précis. Son pinceau suggère plutôt une sensation : celle d’un instant fugace observé dans la pénombre, lorsque le vent anime les herbes et que la lumière lunaire apparaît puis disparaît derrière les nuages. La composition repose entièrement sur la suggestion. Les vastes réserves du papier deviennent ciel, distance et silence. Le regard est invité à compléter lui-même le paysage.
Le thème appartient aux grands sujets classiques de l’automne japonais. La lune d’automne (aki no tsuki) constitue depuis l’époque de Heian l’un des motifs les plus célébrés de la poésie et de la peinture. Associée aux herbes sauvages et aux champs de susuki, elle évoque la contemplation, la solitude paisible et la beauté éphémère du monde naturel. Ici, l’astre n’est pas représenté dans toute sa splendeur ; il est voilé, fugitif, presque insaisissable. Cette retenue renforce l’émotion de l’œuvre et lui confère une profondeur méditative particulière. L’ensemble révèle une remarquable maîtrise du vide. Les nuages sont réduits à quelques lavis délicats, les herbes à quelques lignes souples, pourtant l’espace semble immense. Cette capacité à suggérer davantage qu’à décrire constitue l’une des qualités essentielles de la peinture japonaise classique et témoigne de la sensibilité artistique de Kanryū.
Face à cette œuvre, le spectateur n’observe pas seulement un paysage ; il ressent le souffle du vent dans les graminées, la fraîcheur de la nuit et la présence silencieuse de la lune derrière les nuages. Toute la poésie de l’automne japonais est contenue dans cette scène discrète où le temps paraît suspendu.
Monture : soie gris perle et brun profond, d’une élégante sobriété mettant en valeur la douceur des lavis
Période : Japon, fin de l’époque Edo ou début de l’ère Meiji (à confirmer par examen direct)
Présentation : thème particulièrement apprécié dans le tokonoma automnal, associant la contemplation de la lune (tsukimi) à l’évocation poétique des herbes balayées par le vent
Hauteur : 120 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 250 euros






Feuilles d’Erables
吉野の紅葉
Ōtani Kubutsu (大谷句佛)
Quelques feuilles d’érable rouge flottent librement dans l’espace du papier. Aucune branche n’est visible, aucun paysage n’est décrit. Suspendues dans le vide, elles semblent dériver au gré d’un souffle invisible, comme emportées par les brumes légères des montagnes de Yoshino. Cette extrême simplicité constitue toute la force de l’œuvre.
La calligraphie accompagne cette vision d’un vers classique :
み吉野や 雲の中なる 紅葉かな
« Ah, Yoshino ! Au cœur des nuages, les érables d’automne… »
En quelques mots, le poème transporte le spectateur vers les montagnes sacrées de Yoshino, lieu mythique de la littérature japonaise. Célèbre pour ses paysages enveloppés de brume et ses couleurs saisonnières, Yoshino incarne depuis plus de mille ans la beauté idéale de la nature. Les érables apparaissant parmi les nuages ne décrivent pas seulement un paysage réel ; ils deviennent une vision poétique où le monde visible se mêle à l’émotion et à la mémoire. Moine bouddhiste, calligraphe et poète, Ōtani Kubutsu excellait dans cet art subtil qui unit écriture et image. Son pinceau possède ici une remarquable spontanéité. Les caractères semblent naître naturellement du mouvement de la main tandis que les feuilles d’érable apparaissent comme autant de notes colorées dans une vaste partition silencieuse.
L’espace vide joue un rôle essentiel. Il devient ciel, brume et distance. Les feuilles flottent dans une atmosphère presque immatérielle où le temps paraît suspendu. Cette retenue, cette capacité à suggérer davantage qu’à montrer, appartient à la tradition esthétique japonaise la plus raffinée. Face à cette œuvre, le spectateur ne contemple pas simplement quelques feuilles d’automne. Il assiste à l’apparition fugitive des 紅葉 (momiji) dans les nuages de 吉野 (Yoshino), cette vision célébrée depuis des siècles par les poètes comme l’une des images les plus emblématiques de l’automne japonais.
Période : début du XXᵉ siècle
Monture : soie vert sauge à arabesques discrètes, embouts laqués noirs
embouts noir doré
Hauteur : 180 cm
Largeur : 40 cm
Prix : 230 euros






Oiseau et Arbuste
小禽秋枝図
Oiseau sur une branche d’automne
Un petit oiseau s’est posé sur une branche fine dont les dernières feuilles demeurent suspendues avant l’arrivée de l’hiver. Quelques touches d’encre et de couleur suffisent à suggérer l’ensemble de la scène : la légèreté du plumage, la souplesse des rameaux et le frémissement discret des feuilles brunies par la saison. Rien n’est superflu. L’artiste laisse au papier une large place, transformant le vide en lumière, en air et en silence.
Cette économie de moyens appartient aux qualités les plus raffinées de la peinture japonaise. Le sujet n’est pas l’oiseau lui-même mais l’instant fugitif qu’il habite. Immobile un bref moment sur sa branche, il semble écouter le vent qui traverse les feuillages clairsemés. Le regard suit les lignes délicates des rameaux avant de se poser sur cette petite présence vivante qui anime la composition avec une infinie douceur.
La scène évoque les derniers jours de l’automne, lorsque les jardins se dépouillent lentement et que la nature entre dans une période de calme et de recueillement. Les feuilles restantes deviennent le symbole du temps qui s’écoule tandis que l’oiseau rappelle la permanence discrète de la vie au cœur du changement des saisons. Cette association entre le végétal et l’animal est un thème cher aux peintres japonais, sensibles aux correspondances silencieuses qui unissent tous les êtres du monde naturel.
L’atmosphère qui se dégage de l’œuvre est empreinte de sérénité. Rien ne trouble l’équilibre de la composition. Les branches semblent flotter dans un espace sans limite et l’oiseau apparaît comme suspendu entre ciel et terre. Cette simplicité apparente révèle une grande maîtrise du pinceau, capable d’évoquer tout un paysage intérieur par quelques traits seulement.
Plus qu’une représentation naturaliste, cette peinture est une invitation à la contemplation. Elle capture ce moment particulier où l’automne s’efface lentement, laissant derrière lui le silence, la lumière douce et la beauté fragile des choses ordinaires.
Monture : soie vert céladon à motifs karakusa discrets, encadrements crème à arabesques dorées, embouts en bois laqué sombre
Hauteur : 192 cm
Largeur : 42 cm
Prix : 150 euros







狩野興信 — Kanō Kōshin
三幅対 — Sanpukutsui
Triptyque d’hiver : aigrettes, pivoines et bananier sous la neige
Époque d’Edo, XVIIIᵉ siècle
Cet ensemble de trois rouleaux suspendus forme un sanpukutsui 三幅対, c’est-à-dire un triptyque conçu pour être présenté comme un ensemble. Les trois peintures partagent un même thème : la nature sous la neige, développée à travers trois sujets différents et complémentaires.
Aigrettes sous la neige
Le premier rouleau représente deux aigrettes blanches dans un paysage enneigé. L’une se tient droite, le regard levé, tandis que l’autre incline la tête vers le sol. Cette opposition des attitudes anime une composition autrement très silencieuse.
La palette est volontairement retenue : blancs du plumage et de la neige, gris-beige du fond, noirs des becs, des pattes et des rochers. Cette économie chromatique donne à la scène une grande sérénité et met particulièrement en valeur la finesse du dessin des oiseaux.
Pivoines sous la neige
Le deuxième rouleau montre de grandes pivoines roses et rouges couvertes de neige.
Les fleurs, encore éclatantes malgré l’hiver, émergent d’un feuillage sombre alourdi par les masses blanches. Le contraste entre les couleurs profondes des fleurs et la neige donne à cette composition une présence particulièrement décorative.
La pivoine, motif prestigieux de la tradition picturale sino-japonaise, apporte ici une dimension de richesse et de noblesse à l’ensemble.
Bananier sous la neige
Le troisième rouleau représente un bananier japonais — bashō 芭蕉 — sous une importante chute de neige.
Ses grandes feuilles vert sombre ploient sous le poids de la neige tandis que les petites feuilles roussies visibles au pied de la plante introduisent des accents chauds dans la composition.
La neige est rendue à la fois par de larges masses blanches posées sur les feuilles et par une multitude de petites projections, donnant une impression très vivante de chute et de mouvement.
Signature
Les peintures portent la signature :
狩野興信筆
Kanō Kōshin hitsu
« Peint par Kanō Kōshin »
accompagnée d’un grand sceau rouge.
La boîte ancienne porte également l’inscription 三幅対 — sanpukutsui, confirmant qu’il s’agit bien d’un ensemble de trois œuvres.
Kanō Kōshin
Kanō Kōshin est un peintre de l’école Kanō actif au milieu de l’époque d’Edo. Sa date de naissance n’est pas connue et il meurt en 1774.
Il appartenait à une branche de la famille Kanō établie à Saruyamachi, Asakusa, Edo, dont il représentait la quatrième génération.
Il détenait le statut de omote-eshi 表絵師, catégorie de peintres officiellement liés au shogunat Tokugawa. En 1747, il obtint une audience auprès du shōgun, élément notable de sa carrière.
Intérêt de l’ensemble
L’intérêt de ce triptyque tient autant à la qualité des peintures qu’à sa remarquable cohérence.
Les trois rouleaux conservent leurs montures assorties, avec leurs champs de brocart bleu, leurs soieries beige doré et leurs bordures coordonnées, ainsi que leur boîte commune ancienne.
Les trois compositions offrent trois interprétations différentes de l’hiver :
le silence des aigrettes,
l’éclat des pivoines,
la force graphique du bananier.
La neige constitue le véritable fil conducteur de l’ensemble et transforme ces trois sujets de fleurs et d’oiseaux en une composition saisonnière unifiée.
Hauteur : 175 cm
Largeur : 44cm
Prix : 1200 euros


















木村武山 — Kimura Buzan (1876–1942)
寒牡丹図 — Kanbotan-zu
Pivoine d’hiver et buncho sous un vieux tronc
Très beau kakejiku ancien de Kimura Buzan 木村武山, représentant une scène hivernale à la fois sobre et raffinée. L’œuvre est dominée par un vieux tronc noueux, peint à l’encre dans des tonalités grises et brunes, dont la forme verticale structure toute la composition.
À son pied se détache une pivoine rouge d’hiver, ou 寒牡丹 — kanbotan, véritable point focal de la peinture. Le contraste entre la fleur rouge, le vieux bois sombre et les plages bleu-vert de la partie basse crée une composition particulièrement équilibrée.
À gauche apparaît un buncho 文鳥, identifiable ici par son plumage brun, son capuchon noir, ses larges joues blanches et son bec rougeâtre. L’oiseau apporte une présence délicate et vivante à cette scène dominée par la puissance du tronc ancien.
Le thème est confirmé par l’inscription portée sur la boîte :
寒牡丹 — Kanbotan
« Pivoine d’hiver »
Ce motif est clairement associé à la saison hivernale. La pivoine, habituellement printanière, devient ici une fleur précieuse de la saison froide, ce qui donne à l’œuvre une atmosphère à la fois rare, élégante et contemplative.
La peinture porte en bas à droite la signature : 武山 — Buzan
accompagnée d’un sceau rouge. Cette même signature, accompagnée d’un sceau correspondant, se retrouve à l’intérieur du couvercle de la boîte, ce qui renforce fortement la cohérence de l’ensemble. La boîte ancienne en bois porte donc à la fois le titre de l’œuvre sur le couvercle et la signature de Kimura Buzan à l’intérieur. Elle peut être présentée comme la boîte associée à l’œuvre, très vraisemblablement sa tomobako.
La monture est élégante, dans des tons brun chaud et or patiné, avec un brocart à motifs floraux et des bandes intérieures claires. Le revers montre une patine ancienne et des traces d’usage cohérentes avec l’âge de l’ensemble. Les embouts du rouleau sont de couleur ivoire clair ; leur matière exacte ne peut être affirmée sur photographie seule.
C’est une œuvre très représentative de la sensibilité de Kimura Buzan, où la sobriété du dessin, la force du vieux tronc et la délicatesse de la pivoine d’hiver créent un ensemble à la fois puissant et très poétique.
Hauteur : 188 cm
Largeur : 54 cm
Prix : 350 euros









Grues sous un pin — 松鶴図
Kakemono japonais – peinture sur soie
Signature : 狩野探信筆 — « peint par Kanō Tanshin »
Élégant kakejiku représentant une grue du Japon (tancho, 丹頂鶴) accompagnée d’un second oiseau plus petit, sous les branches noueuses d’un vieux pin. La composition associe deux motifs majeurs de l’iconographie japonaise : la grue et le pin, tous deux symboles de longévité, de permanence et de bon augure.
La grande grue constitue le point focal de l’œuvre. Son plumage blanc est rendu avec une remarquable minutie, chaque plume étant individualisée par de fins rehauts clairs. Le contraste avec le cou noir, la calotte rouge et les longues rémiges sombres lui confère une présence particulièrement élégante. À ses côtés, le petit oiseau introduit une note plus intime et vivante dans une composition autrement solennelle.
Le pin (matsu 松) est traité à l’encre dans un langage beaucoup plus graphique : tronc anguleux, branches puissantes et bouquets d’aiguilles stylisés. L’opposition entre la précision décorative du plumage et la vigueur du pinceau employé pour le pin donne à l’ensemble beaucoup de caractère.
Signature et attribution : 狩野探信筆
Kanō Tanshin hitsu
« Peint par Kanō Tanshin »
Le dernier caractère 筆 (hitsu) signifie littéralement « pinceau de » et constitue la formule traditionnelle indiquant l’auteur de la peinture.
Symbolique
L’association pin et grue — shōkaku 松鶴 appartient au répertoire auspicieux classique japonais. Le pin, toujours vert, évoque la constance et la longévité ; la grue est traditionnellement associée à une vie longue et heureuse. Leur réunion forme ainsi une image de longévité, prospérité et félicité, particulièrement appropriée aux célébrations et aux présentations formelles.
La présence du rouge, du blanc et du noir dans le plumage de la grue renforce encore le caractère cérémoniel de la composition.
Monture
La peinture est mise en valeur par une monture ancienne particulièrement raffinée. Le brocart principal associe un fond brun-or à de grands motifs floraux bleu-gris, complété par une bande de brocart à décor végétal doré. Les deux fūtai 風帯, sombres et ornés de motifs dorés, retombent depuis la partie supérieure.
Les extrémités du rouleau, de teinte ivoire et visibles en détail, participent au caractère ancien et soigné de l’ensemble.
Le revers conserve une patine et des marques d’ancienneté cohérentes avec une monture ancienne. L’œuvre est accompagnée de sa boîte en bois, portant une petite représentation de la peinture.
Hauteur : 195 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 600 euros









Hara Zaikei 原在敬
雪中松月図 — Setchū Shōgetsu-zu
Pins sous la neige au clair de lune
Japon, fin de l’époque Edo — première moitié / milieu du XIXᵉ siècle
Encre et légers pigments sur papier, montage en soie.
Signature et deux sceaux de l’artiste. Coffret ancien en bois.
Élégant kakejiku de Hara Zaikei 原在敬 (1801–?), peintre de Kyoto appartenant à l’école Hara, l’une des écoles importantes de peinture de la capitale impériale à la fin de l’époque d’Edo.
Zaikei était le fils de Hara Zaisei et poursuivit la tradition picturale familiale. Il figure dans le Heian Jinbutsu-shi, répertoire consacré aux personnalités et artistes de Kyoto, ce qui témoigne de sa reconnaissance dans le milieu artistique de son époque.
L’œuvre représente un vieux pin couvert d’une épaisse neige sous une pleine lune. Le tronc monumental s’élève à travers la composition tandis que les branches chargées de neige disparaissent progressivement dans une brume grisâtre.
La lune est suggérée par une délicate réserve circulaire dans le lavis, donnant à la scène une atmosphère silencieuse et presque irréelle. Les aiguilles du pin, exécutées par de petites touches d’encre sombre, contrastent avec les masses de neige laissées claires.
Traduction du titre
雪中松月図 — Setchū Shōgetsu-zu
« Pins sous la neige au clair de lune »
ou plus littéralement :
« Lune et pin au milieu de la neige »
Le pin — 松, matsu, toujours vert malgré l’hiver, symbolise au Japon la longévité, la constance et la résistance face aux épreuves. Associé à la neige et à la lune, il devient ici un sujet profondément poétique, parfaitement adapté à une présentation hivernale dans un tokonoma.
Hauteur : 153cm
Largeur : 28cm
Prix : 500 euros









Sakai Hōitsu 酒井抱
Pivoine — 牡丹図 Botan-zu
Japon, époque d’Edo — Bunsei 8 (1825)
Encre et couleurs légères sur soie
Kakejiku avec boîte ancienne en bois inscrite D’une grande délicatesse, ce kakejiku représente une pivoine rose en pleine floraison, accompagnée de son feuillage sombre et d’un faisceau de paille s’élevant derrière elle. La composition, volontairement dépouillée, laisse une place essentielle au vide et à l’atmosphère.
La fleur est évoquée par des lavis transparents et quelques accents de couleur rose, tandis que les feuilles sont traitées dans des tonalités sourdes de vert et d’encre. Cette économie de moyens donne à l’ensemble une présence silencieuse et particulièrement raffinée, dans l’esprit de la peinture florale de la tradition Rinpa.
La vaste étendue laissée libre au-dessus de la pivoine accueille une calligraphie qui dialogue directement avec l’image. Le poème se lit :
牡丹活けて
庵の古きに
篭りけり
Botan ikete / io no furuki ni / komorikeri
« Ayant disposé les pivoines,
je me retire
dans le vieil ermitage. »
La simplicité du poème répond admirablement à celle de la peinture : la somptuosité de la pivoine contraste avec l’idée de retrait et de solitude, créant une atmosphère de contemplation intime. La pivoine, botan 牡丹, est traditionnellement associée au début de l’été dans la poésie japonaise.
En bas à droite apparaît une inscription comprenant :
乙酉皐月 抱一暉真筆
soit, dans son sens général :
« Cinquième mois de l’année 乙酉 — peint par Hōitsu Kishin. »
L’année cyclique 乙酉 – kinoto-tori correspond ici à 1825, Bunsei 8, trois ans avant la mort de Sakai Hōitsu. La présence de 抱一暉真 — Hōitsu Kishin, accompagnée d’un sceau rouge, constitue l’élément principal sur lequel repose l’attribution.
L’œuvre est ainsi présentée avec prudence comme attribuée à Sakai Hōitsu 酒井抱一 (1761–1828), figure majeure de la renaissance de l’école Rinpa à Edo. Issu d’une grande famille de samouraïs, Hōitsu consacra une part importante de son œuvre à la représentation des fleurs, des plantes et des phénomènes saisonniers, développant un langage d’une grande élégance fondé sur la suggestion, le rythme et la poésie.
Le montage ancien est particulièrement harmonieux, associant des soies beige, brun et or très assourdies. Les longues bandes de fūtai 風帯, les brocarts anciens et les embouts de rouleau brun rouge donnent à l’ensemble une présence sobre et aristocratique.
La boîte de conservation en bois porte également une longue inscription manuscrite à l’intérieur du couvercle. Son début est clairement daté :
昭和二十七年四月
« Avril 1952 »
Cette inscription documente l’histoire moderne de conservation et de remontage du rouleau et constitue un élément intéressant de sa provenance matérielle. Une œuvre d’une grande poésie, réunissant peinture, calligraphie et haïku autour d’un même thème : la beauté éphémère de la pivoine et le silence du retrait. Le raffinement du montage ancien, la datation cyclique de 1825, la signature et la boîte inscrite renforcent considérablement l’intérêt de cet ensemble.
Hauteur : 185cm
Largeur : 26cm
Prix : 450 euros









木村武山 — Kimura Buzan (1876–1942)
寒牡丹 — Kan-botan, « Pivoine d’hiver »
Kakejiku – Nihonga
Élégante œuvre attribuée à Kimura Buzan (木村武山), représentant une pivoine d’hiver protégée sous un abri de paille, surmonté d’un unique moineau.
La composition est d’une grande sobriété. L’abri, suggéré par de larges lavis gris et bruns, occupe l’espace sans jamais l’alourdir. À sa base, la pivoine apparaît dans des tons rose très pâle, accompagnée de quelques feuilles vertes. Au sommet, un seul moineau, traité avec quelques touches d’encre particulièrement expressives, anime cette scène silencieuse.
Le sujet est celui du kan-botan 寒牡丹, la pivoine cultivée pour fleurir pendant l’hiver et protégée du froid par une couverture de paille. Cette opposition entre la délicatesse de la fleur et la rudesse de la saison donne à la peinture une dimension profondément poétique, évoquant la résistance, la pureté et la beauté éphémère.
La peinture porte la signature de Buzan ainsi qu’un sceau rouge. Le montage ancien, dans des tonalités crème très sobres, accompagne parfaitement la douceur du sujet.
L’ensemble est surtout conservé avec sa boîte ancienne en bois, portant une importante inscription calligraphiée et signée. Cette boîte signée constitue un élément notable de provenance et d’authentification de l’œuvre, particulièrement appréciable pour un kakejiku ancien de cette qualité.
Une composition raffinée et très japonaise, idéale pour un kazari hivernal, où la pivoine protégée et le moineau solitaire créent une atmosphère de calme, de froid et de contemplation
Hauteur : 200 cm
Largeur : 40 cm
Prix : 300 euros









KIMURA BUZAN 木村武山 (1876–1942)
Oiseau en vol auprès de pivoines protégées pour l’hiver
Kakejiku – Japon, époque Meiji–Shōwa
Dimensions : 195 × 43 cm
Très belle œuvre de Kimura Buzan, représentant un petit oiseau en plein vol auprès de pivoines protégées du froid hivernal.
Les grandes protections visibles autour des pivoines sont caractéristiques des dispositifs employés au Japon pour préserver ces fleurs durant l’hiver. Ce détail donne à la composition une saisonnalité très précise et inscrit clairement l’œuvre dans une atmosphère hivernale.
Buzan construit ici une scène particulièrement élégante, fondée sur le contraste entre le mouvement vif de l’oiseau et le calme du décor végétal. Les tons gris, verts et brun rouge restent volontairement assourdis, tandis que les larges espaces laissés libres apportent profondeur, silence et légèreté à l’ensemble.
La peinture porte la signature 武山, Buzan, accompagnée du sceau rouge de l’artiste.
Le montage est lui aussi de belle qualité, avec une soie vert céladon à motifs de nuages, des bandes décoratives claires et des jikusaki de teinte ivoire.
L’œuvre est accompagnée d’un double coffret ancien : une kiribako intérieure en bois de paulownia et une boîte extérieure de protection. La boîte intérieure porte une inscription calligraphiée ainsi qu’un sceau, éléments importants pour l’identification et la documentation de l’œuvre. La présence de cette double boîte ancienne, avec inscriptions, renforce nettement l’intérêt de l’ensemble pour une collection.
Saison : hiver
Une œuvre très raffinée, où la délicatesse du sujet, la qualité du montage et la présence de la double boîte inscrite composent un ensemble particulièrement cohérent et recherché
Hauteur : 195cm
Largeur : 43cm
Prix : 350 euros









雪中山水図 – Setchū Sansui-zu
« Paysage de montagnes sous la neige »
Cette œuvre est attribuée à Mori Ippō (森一鳳, 1798–1871), peintre de l’école Maruyama-Shijō actif à Osaka. La signature 一鳳 – Ippō, accompagnée de deux sceaux rouges, est clairement visible dans la partie inférieure de la peinture. L’inscription portée sur la boîte indique :
La composition déploie un vaste paysage hivernal presque silencieux. Sous un ciel chargé de brume, la lune apparaît comme un disque pâle, tandis qu’une montagne enneigée domine un village à peine esquissé. Quelques architectures, arbres et silhouettes ponctuent la rive ; les grandes étendues d’eau et de neige sont suggérées par d’immenses réserves de soie laissées presque vierges.
Ippō construit ainsi le paysage avec une remarquable économie de moyens : quelques lignes d’encre, des lavis gris très dilués et de larges espaces laissés vides suffisent à créer profondeur, froid et distance. Le village semble progressivement disparaître dans la neige et la brume, donnant à la scène cette atmosphère méditative caractéristique de la peinture Shijō.
Le gros plan révèle une exécution particulièrement délicate : pagode, habitations et arbres sont réduits à une succession de touches extrêmement fines, tandis que les méandres sombres de l’eau animent discrètement le premier plan.
Le montage ancien est particulièrement élégant, avec un nakamawashi bleu-vert à décor floral doré, qui contraste magnifiquement avec les tons ivoire et gris de la peinture. La conservation de la boîte ancienne inscrite constitue également un élément intéressant pour l’histoire de l’œuvre.
Artiste : attribué à Mori Ippō 森一鳳 (1798–1871)
Sujet : paysage enneigé, montagne, village et lune
Titre : 雪中山水図 – Paysage de montagnes sous la neige
Époque : Edo, XIXᵉ siècle
Saison : hiver – 冬
Dimensions : 180 × 44 cm
Une œuvre d’une grande poésie, où le véritable sujet n’est finalement pas seulement le paysage, mais le silence de l’hiver japonais, rendu par la lumière de la lune, la neige et le vide
Hauteur : 180 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 350 euros









中林竹洞 Nakabayashi Chikutō. (1776–1853)
富士図 — Fuji-zu — « Mont Fuji dans les brumes »
Époque Edo, première moitié du XIXᵉ siècle Encre et légers lavis sur soie — kakejiku
Attribué à Nakabayashi Chikutō 中林竹洞
Dans une composition d’une remarquable économie, le mont Fuji enneigé émerge d’une vaste étendue de brume. Chikutō abandonne ici toute description superflue : la montagne apparaît presque immatérielle, construite par quelques contours pâles tandis que des touches d’encre plus profondes suggèrent les forêts accrochées à ses pentes. Une longue diagonale claire traverse la composition vers la droite, donnant au paysage une profondeur spectaculaire tout en conservant cette atmosphère silencieuse propre à la peinture de lettré.
L’œuvre est signée 沖澹 — Chūtan, l’un des noms d’artiste employés par Nakabayashi Chikutō. Les sceaux rouges renvoient également à son nom personnel 成昌 et à son nom de lettré 伯明, appellations documentées pour l’artiste. Chikutō, originaire d’Owari et installé ensuite à Kyoto, fut l’une des grandes figures du Nanga / Bunjinga de la fin de l’époque Edo, particulièrement reconnu pour ses paysages et sa connaissance approfondie de la peinture lettrée chinoise.
La boîte ancienne apporte un élément particulièrement intéressant. Son couvercle porte l’inscription :
富士圖 竹洞之筆
Fuji-zu — Chikutō no hitsu
« Vue du mont Fuji — de la main de Chikutō »
ainsi que 壹幅, « un rouleau ». À l’intérieur figure une ancienne inscription d’expertise datée du 20 mars 1896 — 明治二十九年三月二十日鑑之, soit seulement quarante-trois ans après la mort de l’artiste. Cette documentation ancienne renforce considérablement l’intérêt historique de l’ensemble.
Le montage, très raffiné, associe une soie ivoire à deux bandes de brocart doré délicatement fleuri. Les jikusaki sombres apportent un contraste particulièrement élégant. L’ensemble possède une retenue presque monochrome qui convient parfaitement à l’esprit du sujet.
Une œuvre de grande présence, où le Fuji n’est plus seulement représenté comme une montagne mais comme une apparition : silencieuse, lointaine et presque suspendue hors du temps. Pour un kazari, je la situerais idéalement en hiver ou au tout début du printemps
Hauteur : 188 cm
Largeur : 57 cm
Prix : 400 euros









狩野洞玉 — Kanō Dōgyoku (1762–après 1830)
富士群鶴図 — Fuji gunka-zu
Mont Fuji et groupe de grues
Kakejiku ancien – encre et légères couleurs sur soie
Avec kiribako ancienne inscrite
Très belle composition de l’école Kanō représentant un groupe de grues au bord de l’eau, devant un paysage dominé par la silhouette majestueuse du mont Fuji. Les oiseaux occupent le premier plan, certains debout dans les roseaux, d’autres regroupés derrière eux, tandis que la montagne apparaît dans une atmosphère brumeuse et presque immatérielle.
Le traitement associe une encre souple à de discrètes touches de couleur, notamment autour des têtes des grues. Le contraste entre leur dessin précis et la représentation très légère du Fuji donne à l’œuvre une belle profondeur. La présence de plusieurs grues, symbole japonais de longévité, de fidélité et de bon augure, renforce la dimension auspicious de la scène.
L’inscription portée sur la peinture semble lire 法眼洞玉筆 — « peint par Dōgyoku, au rang de Hōgen ». Cette lecture correspond à Kanō Dōgyoku / Kanō Eishō (景山洞玉・狩野永章), peintre de la tradition Kyō-Kanō, né vers 1762. Il fut élève du huitième maître de la lignée de Kyoto, Kanō Eishun, reçut ensuite le nom Kanō et atteignit le rang honorifique de Hōgen. Les sources japonaises le décrivent comme un peintre attaché à la tradition classique Kanō tout en étant sensible aux développements contemporains des écoles de Kyoto.
Le montage ancien est particulièrement séduisant, avec un brocart bleu-vert à motifs floraux et des éléments dorés qui encadrent harmonieusement les tons sépia de la peinture. La kiribako portant une inscription ancienne constitue également un élément intéressant de provenance.
Une œuvre raffinée et très japonaise, réunissant deux symboles majeurs — le Fuji et les grues — dans une composition équilibrée, poétique et particulièrement adaptée à un tokonoma ou à une présentation de suiseki.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 45 cm
Prix : 300 euros









Attribué à Kanō Isen’in Naganobu 狩野伊川院栄信 (1775–1828) & Kanō Seisen’in Osanobu 狩野晴川院養信 (1796–1846)
富士越龍図 — Fuji-koshi no Ryū-zu
« Dragon franchissant le mont Fuji »
Époque Edo, vers 1819–1828
Encre, lavis et rehauts sur soie — Kakejiku
Ancienne boîte en bois portant une attribution aux deux artistes
Composition spectaculaire associant deux des symboles les plus puissants de l’imaginaire japonais : le mont Fuji et le dragon. Le Fuji, presque entièrement traité en réserve, apparaît au-dessus d’épaisses masses de brume. Dans la partie inférieure, un dragon surgit d’un tourbillon d’encre noire, de nuages et d’écume, son corps se révélant par fragments au milieu des lavis.
Le contraste est remarquable : immobilité lumineuse du Fuji contre énergie presque explosive du dragon. Les projections d’encre, les lavis très libres et les zones de noir profond donnent au phénomène atmosphérique une puissance inhabituelle, tandis que la montagne reste silencieuse et immuable à l’arrière-plan.
L’œuvre porte deux signatures et deux sceaux, correspondant aux appellations Isen / Naganobu et Seisen Hōgen / Osanobu. Surtout, l’inscription ancienne de la boîte indique 富士越龍之圖 (Fuji-koshi no Ryū no zu) et précise 伊川法印・晴川法眼 合作, c’est-à-dire « œuvre réalisée conjointement par Isen Hōin et Seisen Hōgen ». Cette indication est particulièrement intéressante car Naganobu et Osanobu étaient père et fils, respectivement huitième et neuvième maîtres de la maison Kanō de Kobikichō. Des œuvres conjointes des deux peintres sont bien documentées dans les collections japonaises.
La combinaison des titres Hōin pour Naganobu et Hōgen pour Osanobu permet même de proposer une datation assez précise : 1819–1828, période durant laquelle leurs grades respectifs se chevauchent avant la mort de Naganobu.
Une œuvre particulièrement forte par son format horizontal inhabituel, son spectaculaire traitement de l’encre et surtout par sa présentation comme collaboration de Naganobu et de son fils Osanobu.
Saison : hiver / Nouvel An — sujet auspicieux particulièrement adapté au Shōgatsu.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 68 cm
Prix : 600 euros









Attribué à Kanō Tan’yū 狩野探幽 (1602–1674)
富士三保松原図 — Fuji et les pins de Miho
Époque Edo
Encre et légers lavis sur soie — Kakejiku
Dimensions : 123 × 50 cm
Avec kiribako en bois de paulownia
Élégant paysage représentant le mont Fuji dominant la baie de Suruga, tandis qu’au premier plan s’étire une langue de terre ponctuée de pins, évocation de Miho no Matsubara, l’un des points de vue historiques les plus célèbres sur la montagne sacrée.
La composition repose sur une grande économie de moyens. Le Fuji apparaît presque immatériel, à peine suggéré par de subtils lavis d’encre, tandis que les reliefs et les pins émergent progressivement de la brume. Les vastes espaces laissés vierges deviennent partie intégrante du paysage et créent une atmosphère silencieuse, méditative et profondément japonaise.
En bas à droite figure une signature lisible comme 探幽斎 守信 — Tanyūsai Morinobu, accompagnée de deux sceaux rouges. Morinobu est le nom personnel de Kanō Tan’yū, figure majeure de l’école Kanō et peintre officiel du shogunat Tokugawa.
La manière, le sujet, la sobriété de l’exécution ainsi que l’ancienneté apparente du support sont compatibles avec la tradition picturale de Tan’yū, mais en l’absence d’une authentification ancienne formelle ou d’une expertise spécialisée des sceaux, l’œuvre doit être présentée avec prudence comme attribuée à Kanō Tan’yū.
Le montage ancien, aux tonalités naturelles très sobres, renforce la délicatesse de la peinture. Le rouleau est conservé dans une kiribako ancienne en paulownia, sans inscription d’authentification visible sur les photographies disponibles.
Une représentation particulièrement raffinée du Fuji, construite sur la brume, le vide et la suggestion, dans laquelle la présence monumentale de la montagne contraste avec la finesse presque calligraphique des pins de Miho.
Hauteur : 123 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 350 euros









Kanō Arinobu 狩野有信 (1606–après 1680)
友閑斎有信 — Yūkansai Arinobu
富士三保清見寺図 — Le mont Fuji, Miho no Matsubara et Seiken-ji
Époque Edo, XVIIᵉ siècle
Encre et lavis sur soie — Kakejiku
Avec kiribako en paulownia
Très beau paysage de l’école Kanō consacré à l’un des grands sujets classiques de la peinture japonaise : le mont Fuji vu depuis la baie de Suruga. La montagne sacrée domine la composition, traitée par réserve et lavis atmosphériques, tandis que les reliefs de la côte et les constructions de Seiken-ji apparaissent progressivement dans les brumes. Au loin se développe le paysage associé à Miho no Matsubara, traditionnellement lié aux représentations du Fuji depuis cette région.
L’œuvre porte la signature 友閑斎有信 — Yūkansai Arinobu, accompagnée d’un sceau rouge. Yūkansai 友閑斎 est bien le gō de Kanō Arinobu 狩野有信, peintre du début de l’époque Edo, né en 1606, élève de Kanō Tan’yū, qui servit Matsudaira Shinano-no-kami.
La peinture se distingue par sa grande économie de moyens : le Fuji n’est pas délimité par un contour appuyé mais semble émerger de la brume, tandis que les montagnes du premier plan sont construites par superpositions de lavis gris. Les vastes zones laissées presque vierges donnent au paysage une profondeur silencieuse et une qualité méditative typique de l’esthétique développée par l’Edo Kanō au XVIIᵉ siècle.
Le montage ancien, aux brocarts brun-or et aux bandes décorées de motifs floraux, accompagne harmonieusement les tonalités retenues de la peinture.
Une œuvre raffinée de la première génération de l’école Kanō d’Edo, particulièrement intéressante par son sujet du Fuji et par sa signature Yūkansai Arinobu, élève direct de Kanō Tan’yū.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 400 euros









LONGÉVITÉ ET BONHEUR
Texte a modifier et mettre l’ensemble dans la section Hiver
壽福長久
Jufuku Chōkyū
Kyōdō Uesaka (上坂杏堂)
Description : Au centre de la composition se déploie avec force la calligraphie 壽福長久, tracée d’un pinceau ample et assuré. Les caractères occupent l’espace avec une présence monumentale tout en conservant l’élégance fluide propre à la tradition japonaise du shodō. Sous cette invocation de bonheur et de longévité apparaît une composition picturale d’une grande délicatesse : une fleur de camélia rouge émerge devant un sac porte-bonheur traditionnel. L’association de la calligraphie et de la peinture forme un véritable message de bon augure. La vigueur de l’encre noire répond à l’éclat vermillon de la fleur tandis que les larges réserves de papier préservent une sensation de calme et de pureté.
Présentation de galerie : Dans la culture japonaise, certaines œuvres ne sont pas seulement destinées à être contemplées ; elles portent également un souhait. Ici, Kyōdō Uesaka unit la puissance symbolique de la calligraphie à la poésie discrète de la peinture. Le camélia rouge, fleur d’hiver particulièrement appréciée dans l’esthétique japonaise, annonce le renouveau et la vitalité. Le sac représenté derrière lui évoque les trésors et les bénédictions accordées par les divinités du bonheur. Dominant l’ensemble, la formule 壽福長久 proclame un vœu intemporel : que la prospérité, la joie et la longévité demeurent présentes année après année. L’œuvre possède ainsi la double qualité d’une peinture raffinée et d’un talisman de bon augure, caractéristique des kakemono présentés lors des fêtes saisonnières ou dans les tokonoma destinés à accueillir les invités.
Signature
L’œuvre est signée : 上坂杏堂 Uesaka Kyōdō
Kyōdō Uesaka est connu pour ses œuvres mêlant calligraphie et peinture traditionnelle, dans lesquelles les thèmes auspiciaux occupent une place importante. Son pinceau conjugue spontanéité, équilibre et lisibilité, qualités essentielles de la grande calligraphie japonaise.
Monture : Le kakemono est présenté dans une élégante monture de soie à motifs floraux dorés sur fond brun clair. Cette monture chaleureuse accompagne parfaitement le rouge profond du camélia et renforce le caractère festif de l’ensemble. Les embouts en laque sombre apportent une finition particulièrement soignée.
Impression : Cette œuvre diffuse immédiatement une atmosphère de sérénité et de bienveillance. La force tranquille de la calligraphie, associée à la douceur du camélia en fleur, exprime l’un des idéaux les plus chers à la culture japonaise : une existence longue, heureuse et harmonieuse. Plus qu’un simple kakemono décoratif, il s’agit d’un véritable souhait de prospérité transmis par le pinceau de l’artiste
Peinture ancienne sur papier réalisé par Kyodo Uesaka avec la mention » Longevité et Bonheur », la fleur de camelia amène de la fraicheur , avec boite et embouts en bois.
Hauteur : 178 cm
Largeur : 36 cm
Prix : 320 euros






OISEAU ET NANDINA SOUS LA NEIGE – 南天小禽図
Description
Peinture à l’encre et couleurs sur soie représentant un petit oiseau en vol parmi des branches de nandina chargées de baies rouges. Une projection de blanc anime la surface et évoque une chute de neige. La composition verticale oppose un large espace vide à une zone végétale dense et rythmée.
Esthétique
Travail raffiné dans la tradition kachō-ga. Le contraste entre les baies rouges et le feuillage sombre structure l’image, tandis que la neige projetée apporte vibration et profondeur. Le traitement de l’oiseau, précis et dynamique, renforce la tension visuelle de l’ensemble.
Période
Japon, époque Meiji (fin XIXe siècle) – début XXe siècle
Signé 翠峰 (Suihō) en bas à gauche, accompagné d’un sceau rouge.
Montage en kakemono avec soie à motifs géométriques.
Jikusaki en ivoire ou imitation ivoire.
Monture élégante et cohérente avec le sujet.
Bon état général. Rousseurs et taches liées à l’âge visibles sur la soie. Usures légères de la monture.
Impression
Œuvre décorative de belle qualité, lisible et équilibrée. Le thème du nandina sous la neige, symbole de bon augure dans la culture japonaise, en fait une pièce particulièrement attractive
Hauteur : 179 cm
Largeur : 44 cm
Prix : 250 euros








旭日海浪図 – SOLEIL LEVANT ET VAGUES
Kakémono japonais représentant un soleil levant émergeant au-dessus de la mer, accompagné d’un mouvement de vagues délicatement tracé à l’encre
Une composition épurée et puissante où la lumière du soleil se diffuse dans une atmosphère douce, contrastant avec le rythme fluide et vivant des vagues
Le travail subtil de l’encre, associé à de légères projections évoquant l’écume, donne à l’ensemble une vibration naturelle et élégante
Saison : Nouvel An / début d’année
Signature 竹外 (Chikugai) avec cachets
Époque fin Edo – début Meiji (XIXe siècle)
Monture sobre et raffinée, parfaitement adaptée à l’œuvre
Une pièce idéale pour un tokonoma, symbole de renouveau, d’énergie et de bon augure, particulièrement recherchée pour les présentations de début d’année
Un kakémono élégant et intemporel, alliant force visuelle et poésie Une œuvre de collection à forte présence, parfaite pour une présentation haut de gamme
Hauteur : 110 cm
Largeur : 47cm
Prix : 250 euros







MONT FUJI SOUS LA NEIGE
富士雪景図 — 雅雪(Sekkei)
Le Mont Fuji surgit d’une brume hivernale dense, traité dans un lavis d’encre d’une grande sobriété. La montagne s’impose sans rigidité, presque flottante, tandis qu’au premier plan quelques embarcations glissent lentement sur l’eau, apportant une présence discrète et une profondeur silencieuse à la composition.
L’ensemble s’inscrit dans la grande tradition des paysages à l’encre inspirés des maîtres chinois Song et Yuan, où le vide devient un élément actif, structurant l’espace et l’émotion. La retenue du geste, la dilution maîtrisée et l’absence de surcharge donnent à l’œuvre une dimension méditative, profondément japonaise.
Signé 雅雪(Sekkei), cette œuvre est attribuée, à Yamaguchi Sekkei, peintre de l’époque d’Edo né à Kyoto sous le nom de Sōsetsu. Également connu sous les noms de Baian et Hakuin, il aurait été formé soit dans l’entourage de l’école Hasegawa, soit auprès de Kanō Einō à Kyoto. Refusant la copie, il s’est consacré à la peinture à l’encre dans l’esprit des dynasties Song et Yuan, admirant particulièrement Sesshū et Muqi, dont il aurait combiné les caractères pour former son nom. Il compte parmi ses disciples Mochizuki Gyokusen, futur fondateur de l’école Mochizuki. Il s’éteint en 1732 à l’âge de 88 ans.
Monture ancienne, patinée, en cohérence avec une œuvre de tradition, renforçant son caractère intemporel.
Boîte en bois avec étiquette manuscrite ancienne et vignette illustrée.
Traduction :
富士図 — Vue du Mont Fuji
Une œuvre ancrée dans la tradition du paysage à l’encre, où le Mont Fuji devient présence silencieuse, entre permanence et effacement
Hauteur : 118 cm
Largeur : 63 cm
Prix : 500 euros








万両図 — 桂秀(Keishū)
Manryō – Ardisia japonica
Le kakemono représente une branche de 万両 (manryō), reconnaissable sans ambiguïté : feuilles épaisses, légèrement vernissées, et surtout ces grappes de baies rouges pendantes sous le feuillage. C’est un motif hivernal classique au Japon, associé à la prospérité et aux vœux de Nouvel An.
La composition est simple et lisible. La branche s’inscrit dans la partie basse, laissant un large espace vide au-dessus. Ce vide structure l’image et isole le motif, sans recherche particulière d’effet. Le traitement est régulier : feuilles en aplats sombres, fruits posés de manière répétée et propre. L’ensemble est équilibré, mais reste dans une logique décorative.
La signature se lit clairement 桂秀(Keishū), accompagnée d’un sceau rouge cohérent. Il n’y a pas d’indication complémentaire permettant de rattacher ce nom à un artiste référencé majeur. On est donc face à une signature valide, mais sans attribution précise documentée à ce stade.
Les éléments techniques — exécution, pigments, traitement des formes — ainsi que la monture (propre, régulière, sans caractère ancien marqué) situent l’ensemble dans une production Nihonga d’atelier du début du XXe siècle, probablement Taishō à début Shōwa (environ 1910–1930).
Ce type de kakemono correspond à une peinture destinée à l’intérieur domestique, en lien avec les saisons et les usages traditionnels, notamment hivernaux
Hauteur : 200 cm
Largeur : 30 cm
Prix : 250 euros








雪中草庵図 — Chaumière sous la neige
Quelques traits d’encre suffisent ici à évoquer tout un monde. Au cœur d’un paysage recouvert de neige se dresse une modeste chaumière dont le toit disparaît sous le manteau hivernal. Une clôture légère s’éloigne dans le silence du paysage tandis qu’un vieux prunier aux branches tourmentées étend sa silhouette sombre au-dessus de l’habitation. Sous l’avancée du toit apparaît une discrète présence humaine, presque effacée, comme absorbée par la quiétude du lieu.
L’œuvre appartient à cette tradition japonaise où l’essentiel naît de la retenue. Les vastes réserves du papier deviennent la neige, l’air et le silence. Rien n’est décrit avec précision et pourtant tout est présent : le froid de l’hiver, la solitude du refuge, le calme d’un matin immobile. Le regard complète naturellement ce que le pinceau ne fait qu’esquisser.
Le vieux prunier constitue l’âme de la composition. Arbre de prédilection des poètes et des peintres d’Extrême-Orient, il fleurit alors que l’hiver n’a pas encore quitté la terre. Sa présence devant cette humble demeure évoque la persévérance, la noblesse discrète et la promesse du renouveau. Les branches noueuses témoignent du passage des années tandis que leur élan vers le ciel suggère une force intérieure intacte.
La petite maison enneigée rappelle les retraites idéales des ermites, des moines ou des lettrés qui cherchaient dans la nature un refuge contre l’agitation du monde. Cette image, profondément enracinée dans l’esthétique du bunjinga et dans la poésie classique sino-japonaise, célèbre une forme de richesse spirituelle fondée sur la simplicité. Le silence de la neige devient alors un espace de contemplation où l’homme retrouve sa juste place au sein du paysage.
La composition révèle une remarquable maîtrise du pinceau. Les contours vigoureux du prunier répondent à la délicatesse des lavis qui modèlent les collines enneigées. Les lignes de la clôture conduisent naturellement le regard vers l’entrée de la chaumière avant de remonter vers les branches déployées de l’arbre. Cette circulation subtile crée une harmonie paisible où chaque élément trouve son équilibre.
La signature visible se lit probablement 耳庵, lecture qui demeure à confirmer faute d’une empreinte de sceau suffisamment nette. Plus qu’une simple scène hivernale, cette peinture offre une méditation sur le temps, la solitude choisie et la beauté silencieuse des choses modestes. Elle exprime avec une grande élégance l’esprit du wabi-sabi, cette sensibilité japonaise qui trouve dans la simplicité et l’impermanence une source inépuisable de poésie.
Époque probable : fin Meiji – début Shōwa (vers 1900–1930)
Encre sur papier montée en kakemono
Hauteur : 130 cm
Largeur : 34 cm
Prix : 200 euros








松月図 — Pin et pleine lune
Dans cette composition d’une remarquable pureté, Kino Hironari réduit le paysage à deux présences essentielles : un vieux pin et la lune. Aucun détail superflu ne vient distraire le regard. Une immense sphère lumineuse émerge du fond argenté tandis qu’une branche tourmentée traverse l’espace avec une élégance souveraine. Les aiguilles sombres du pin forment une masse profonde qui contraste avec la clarté immaculée de l’astre et confère à l’ensemble une puissance silencieuse.
Cette économie de moyens est l’une des grandes qualités de la peinture japonaise classique. Le vide n’est jamais absence mais espace de respiration. Ici, la lune n’est pas seulement représentée : elle devient le centre spirituel de l’œuvre. Sa forme parfaite, presque abstraite, évoque à la fois la sérénité, l’éternité et le passage immuable des saisons. Le regard oscille naturellement entre le disque lumineux et la branche qui semble vouloir l’atteindre sans jamais la toucher.
Le pin, arbre vénéré dans l’esthétique japonaise, symbolise depuis des siècles la permanence et la longévité. Battu par les vents, marqué par les années, il conserve pourtant sa vigueur. Son tronc sinueux raconte le temps qui passe tandis que son feuillage demeure vivant et résolu. Cette opposition entre la stabilité terrestre du pin et la perfection céleste de la lune crée un dialogue silencieux entre le monde humain et l’ordre cosmique.
La composition possède également une profonde résonance poétique. Depuis l’époque de Heian, les pins et la lune constituent l’un des grands thèmes de la littérature et de la peinture japonaises. Les poètes voyaient dans leur rencontre l’expression de la beauté mélancolique des nuits d’automne, lorsque le monde semble suspendu dans une lumière douce et intemporelle. Kino Hironari s’inscrit pleinement dans cette tradition, mais avec une retenue qui annonce déjà certaines sensibilités modernes : quelques formes suffisent à évoquer l’infini.
La maîtrise du pinceau est remarquable. Les aiguilles du pin sont exécutées avec une vigueur calligraphique qui contraste avec les subtils dégradés du fond. La branche principale, modelée par des lavis délicats, possède une présence presque sculpturale. L’équilibre entre les masses sombres et la lumière du disque lunaire témoigne d’une compréhension exceptionnelle de l’espace pictural.
Peintre actif à la fin de l’époque Edo, Kino Hironari (1777–1839) appartient à cette génération d’artistes qui perpétuèrent les grands idéaux esthétiques de la peinture savante japonaise. Dans cette œuvre, il atteint une rare intensité expressive sans recourir à aucun effet narratif. Tout repose sur la relation entre la lumière, le vide et la forme.
Le résultat est une image d’une grande noblesse contemplative, où la lune semble flotter hors du temps derrière les ramures du pin séculaire. Plus qu’un paysage, cette peinture est une méditation sur la permanence des choses essentielles, sur la beauté silencieuse du monde naturel et sur cette harmonie subtile qui unit la terre au ciel.
Encre et légers rehauts sur soie
Époque Edo tardive
Monture ancienne en soie
Hauteur : 167 cm
Largeur : 35 cm
Prix : 200 euros






Lune et Branche de Pin
雪月松陰図 — Pins sous la neige et lune d’hiver
Une vaste étendue enneigée s’étire dans le silence de la nuit. Au premier regard, tout semble immobile. Les lourdes masses de neige recouvrent les branches d’un vieux pin dont les formes puissantes émergent à peine de l’obscurité. Plus loin, presque dissimulée au creux du paysage, une petite habitation laisse deviner une présence humaine. Au-dessus de cette scène paisible flotte une lune pâle dont la lumière diffuse se répand sur la neige et se confond avec les brumes hivernales. L’artiste construit sa composition autour du contraste entre la densité du premier plan et l’immensité du vide. Les pins chargés de neige occupent l’espace avec une force tranquille tandis que l’arrière-plan s’efface progressivement dans un lavis délicat. Cette disparition graduelle des formes crée une profondeur remarquable et donne au paysage une dimension presque méditative. L’œil voyage des branches alourdies par l’hiver vers la lune suspendue dans le ciel, avant de se perdre dans l’infini des étendues neigeuses.
Le pin occupe depuis des siècles une place privilégiée dans l’imaginaire japonais. Persistant au cœur de l’hiver lorsque les autres arbres se dépouillent, il symbolise la longévité, la constance et la fidélité aux principes. Recouvert de neige, il devient l’expression même de la résistance silencieuse face aux épreuves du temps. La lune, quant à elle, apporte une dimension contemplative à l’ensemble. Présence discrète mais essentielle, elle éclaire le paysage sans le dominer et invite à une observation calme et intérieure du monde.
La petite demeure nichée sous les branches enneigées rappelle les refuges isolés des poètes, des moines et des lettrés. Réduite à quelques traits de pinceau, elle apparaît comme un lieu de retraite où l’homme vit en harmonie avec les saisons plutôt qu’en opposition à elles. Cette vision d’une existence simple et retirée constitue l’un des thèmes majeurs de la peinture savante d’Extrême-Orient, où la grandeur ne réside pas dans la richesse mais dans la capacité à contempler la beauté silencieuse de la nature.
L’exécution témoigne d’une réelle maîtrise de l’encre. Les volumes de neige sont rendus avec une étonnante économie de moyens tandis que les branches sombres du pin dessinent un réseau de lignes vigoureuses qui structurent toute la composition. Les dégradés du ciel et des lointains créent une atmosphère de profondeur brumeuse particulièrement raffinée. Cette alliance entre puissance graphique et délicatesse des lavis confère à l’œuvre une présence calme et majestueuse.
La signature se lit 浩盧寫 (Kōro sha ou Kōro hitsu selon la lecture artistique), signifiant littéralement « peint par Kōro ».le style, la qualité du montage en soie et l’esthétique générale évoquent une production de la fin de l’époque Meiji ou du début de l’époque Shōwa, lorsque les peintres de nihonga perpétuaient encore les grands thèmes saisonniers hérités de la tradition classique.
Cette peinture n’est pas seulement un paysage d’hiver. Elle est une évocation du silence lui-même : celui de la neige qui absorbe les sons, de la lune qui traverse lentement le ciel nocturne et du temps qui semble suspendu dans la solitude bienveillante d’une nuit d’hiver japonaise.
Époque probable : fin Meiji – début Shōwa (vers 1900–1935)
Encre sur papier montée en kakemono de soie
Peinture sur soie réalisé par Kino Hironari (1777-1839) , embouts en bois , il y a un peu de neige sur la branche de Pin, très belle scène pleine de sérénité.
Hauteur : 125 cm
Largeur : 72 cm
Prix : 400 euros






Bambous sous la Neige
愛涯 — Aigai
Pavillon caché dans les bambous
Au cœur d’un épais bosquet de bambous apparaît un modeste pavillon, presque dissimulé sous le feuillage. À peine révélé par quelques traits d’encre, il semble émerger de la végétation avant de s’y fondre à nouveau. Les hautes tiges verticales rythment la composition comme une forêt de colonnes naturelles, tandis que les lavis délicats créent une atmosphère de brume légère où les contours se dissolvent progressivement dans le silence du paysage.
L’œuvre d’Aigai (愛涯) appartient à cette tradition de peinture contemplative où la nature devient le reflet d’un état intérieur. Le petit abri niché parmi les bambous n’est pas seulement une construction ; il représente un lieu de retrait volontaire, un refuge éloigné des préoccupations du monde. Dans l’imaginaire des lettrés d’Extrême-Orient, ces pavillons perdus dans la montagne ou au cœur d’un jardin étaient les espaces privilégiés de la méditation, de la poésie et de l’étude.
La composition repose sur une remarquable économie de moyens. Les feuillages sont suggérés par une multitude de touches d’encre légères tandis que les vastes espaces laissés vierges deviennent lumière, air et profondeur. Rien n’est décrit avec précision excessive. Tout est suggéré afin de laisser l’esprit du spectateur poursuivre le paysage au-delà du papier. Cette esthétique du non-dit, si caractéristique de la culture japonaise, confère à l’œuvre une profondeur qui dépasse largement son apparente simplicité.
Le bambou occupe ici une place essentielle. Symbole de droiture, de résilience et d’élégance naturelle, il protège le pavillon comme une enceinte végétale. Son mouvement vertical contraste avec la stabilité tranquille de l’architecture et crée un dialogue harmonieux entre l’homme et la nature. L’ensemble évoque un lieu où le temps semble suspendu, loin du bruit du monde.
Le montage ancien en soie aux motifs floraux raffinés accompagne parfaitement cette atmosphère de calme et de retenue. Sa patine et son élégance discrète témoignent d’un objet destiné à la contemplation plutôt qu’à l’ostentation, fidèle à l’esprit des kakemono appréciés dans les tokonoma des amateurs éclairés.
Face à cette peinture, on imagine le bruissement du vent dans les bambous, l’ombre fraîche d’un après-midi d’été et la présence silencieuse d’un poète retiré dans son refuge. Plus qu’un paysage, l’œuvre propose une expérience intérieure : celle du calme retrouvé et de l’harmonie entre l’homme et la nature.
Encre sur papier
Japon, XIXᵉ siècle (fin Edo – début Meiji, attribution traditionnelle)
Montage ancien en soie de belle qualité
Hauteur : cm
Largeur : cm
Prix : 380 euros






Calligraphie Hivernale
Poème Waka avec des refflets d’argent sur le thème de l’hiver :
« Le vent souffle,
la brise dans les pins est glacée,
et la montagne est couverte de neige.
Ce que je prenais pour des nuages
n’était qu’un voile flottant »
Hauteur : 120 cm
Largeur : 50 cm
Prix : 230 euros






Nuages Propices
très beau Kakemono original , ouevre authentique et ancienne , la scene est de bonne augure et pleine de sérénité , avec boîte.
Hauteur : 135 cm
Largeur : 66 cm
Prix : 190 euros






Fin de Journée d’Hiver
scene hivernale paisible avec la lune pour témoin, vendue avec sa Kiribako, belle peinture.
Hauteur : 125 cm
Largeur : 66 cm
Prix : 270 euros







谷文晁 Tani Bunchō (1763–1840)
富士越龍図 — Fuji-koshi Ryū-zu
Dragon surgissant des nuées devant le mont Fuji
Japon — fin de l’époque Edo, vers 1839–1840 Encre et couleurs légères sur soie, montée en kakejiku
Signature : 七十七叟 文晁 — « Bunchō, vieillard de 77 ans »
Deux sceaux rouges de l’artiste
Important kakejiku attribué à Tani Bunchō 谷文晁 (1763–1840), grande figure de la peinture japonaise de la fin de l’époque Edo.
La signature visible à droite comporte la formule 七十七叟 — shichijūnana-sō, « vieillard de 77 ans », suivie du nom 文晁 — Bunchō. Cette indication situerait l’œuvre dans les toutes dernières années de la vie du peintre, vers 1839–1840.
La composition associe deux symboles majeurs : le dragon 龍 — ryū, surgissant d’une masse de nuées sombres, et le mont Fuji 富士山, apparaissant au loin dans la brume.
Le dragon, lié traditionnellement à l’eau, aux nuages, à la pluie et aux forces célestes, semble s’élever vers la montagne sacrée. Le Fuji, traité avec une grande économie de moyens, apporte au contraire une impression de stabilité, de silence et de permanence.
L’œuvre repose sur un subtil travail de lavis. Les masses sombres se dissolvent progressivement dans le fond brun doré de la soie, tandis que certaines parties du dragon apparaissent puis disparaissent dans les nuées. Cette manière de suggérer davantage que de décrire donne à la peinture une grande profondeur atmosphérique.
La soie ancienne, profondément patinée, renforce encore cette impression de paysage mystérieux.
Le hyōsō est particulièrement raffiné : brocart ivoire à décor végétal, soie bleu-gris à motifs géométriques et médaillons dorés, importantes sections ocre-or à motifs floraux argentés, et deux longues bandes décoratives fūtai 風帯.
Malgré son format relativement compact ce kakejiku possède une forte présence visuelle. L’association du dragon céleste, des nuées et du mont Fuji crée une composition puissante, poétique et profondément évocatrice.
Un remarquable kakejiku de la fin de l’époque Edo, attribué à Tani Bunchō, associant la puissance du dragon à l’immuabilité du mont Fuji.
L’attribution repose sur la lecture de la signature « 七十七叟 文晁 », les sceaux et la cohérence stylistique de l’œuvre ; une authentification définitive nécessiterait une comparaison directe avec des œuvres documentées de l’artiste.
Hauteur : 108cm
Largeur : 45cm
Prix : 320 euros









富士遠望図 – FUJISAN EN LOINTAIN VOILE
Description
Un Mont Fuji silencieux émerge d’un voile de brume, traité avec une extrême économie de moyens. La ligne est douce, presque effacée, comme vue à travers l’humidité de l’air.Le sommet enneigé, à peine suggéré, donne toute la profondeur à la composition.
À gauche, une inscription calligraphique fluide accompagne la scène, comme une respiration poétique.
Esthétique
Minimalisme pur, presque zen.
On est ici dans une vision “yohaku” (余白) – l’espace vide devient le sujet.
Le Fuji n’est pas décrit : il est évoqué, flottant entre apparition et disparition.
Très proche des sensibilités bunjin-ga (文人画).
Signature & sceaux
Né à Bungo (préfecture d’Ōita). Diplômé de l’École préfectorale de peinture de Kyoto, Son vrai nom était Iwahiko. On le surnommait Muitsu et Shisei. Il est également connu sous les noms de Chikuson, Ichiraku-so, Hakusaen et Hekirei-rokyo. Il a étudié auprès de Tanomura Chokunyu à Kyoto. Il a rejoint l’Association japonaise de peinture Nanga en 1896 et a participé activement à l’Exposition Bunten. Il a fondé l’Académie japonaise de peinture Nanga en 1921. Il est décédé en 1922 à l’âge de 59 ans
Traduction de l’inscription (calligraphie)
Calligraphe :
山内曲川 Yamanouchi Kyokusen (1817-1903) Né en 1817 à Izumo (aujourd’hui Matsue, préfecture de Shimane), il était antiquaire. Également connu sous le nom de Kaichiro, il étudia le haïku auprès d’Araki Banrai à Kyoto et acquit une certaine renommée à Edo. Après un voyage à travers Oshu, il retourna chez lui en 1858 et se consacra à la diffusion de la cérémonie du thé et de la poésie haïkaï. Il mourut en 1903 à l’âge de 87 ans
La calligraphie est cursive (sōsho), très libre. On distingue une structure poétique classique.
Lecture interprétative :
富士を出て昇る空ある初日かな
曲川
(印は「釣年」)
« Le premier soleil levant de l’année se lève derrière le mont Fuji et s’élève dans l’immensité du ciel»
Monture sobre, probablement remaniée.
Soie patinée, avec usure homogène cohérente avec l’âge.
Jiku (embouts) en bois laqué simple
Hauteur : 104 cm
Largeur : 53 cm
Prix : 350 euros








CALLIGRAPHIE WAKA
Cette calligraphie est écrite en kana cursif (草仮名 / kana sōsho), style utilisé pour écrire : des waka/des poèmes classiques/ou des textes littéraires japonais L’écriture est très fluide, presque musicale.
Le poème évoque une scène très japonaise, centrée sur la nature et la saison. La lecture la plus cohérente du texte est proche de l’idée suivante :
« Au bord du chemin, les fleurs s’ouvrent silencieusement. Le vent du printemps les effleure et déjà leurs parfums se mêlent à l’air du soir »
Ce type de texte appartient à la tradition waka, poésie courte contemplative. Le texte ne décrit pas simplement des fleurs.
Il parle de : la naissance du printemps/la fragilité des fleurs/le passage du temps. Dans la poésie japonaise, ces images évoquent souvent :
• la beauté éphémère
• le moment fragile où une saison change.
La signature semble être : 春峰 (Shunpō / Harumine) « sommet du printemps »
Cette écriture possède plusieurs caractéristiques : trait rapide mais contrôlé/grandes variations d’épaisseur/lignes très longues/respiration importante entre les colonnes.
Elle appartient au style : 草書かな (kana cursif poétique).
Datation probable : fin XIXe siècle – début XXe siècl ère Meiji / début Taishō (1880-1920).
Cette calligraphie n’est pas seulement un texte, Elle est un mouvement. Le pinceau avance, hésite, s’élance, puis disparaît dans le vide. Les caractères deviennent presque des herbes balayées par le vent. On ne lit pas seulement un poème. On voit le geste du calligraphe respirer sur le papier.
Dans un tokonoma, ce rouleau parlerait de :
• la légèreté du printemps/la beauté fragile des fleurs/ le souffle du vent.
Il accompagne parfaitement : un bonsaï en fleurs/ ou un suiseki évoquant un paysage printanier.
Hauteur : 84 cm
Largeur : 22 cm
Prix : 120 euros






PAYSAGE ABSTRAIT
Ce kakejiku présente un éventail japonais (sensu) peint à l’encre dans un style très libre. La surface évoque un paysage abstrait ou une mer agitée, avec des formes sombres semblables à des rochers ou des îlots émergents dans des vagues. Le travail de l’encre et des lavis crée une impression de mouvement et de profondeur.
Cette approche appartient à la tradition japonaise du sumi-e, où l’artiste suggère la nature avec quelques gestes spontanés.
La signature manuscrite est très stylisée et difficile à lire précisément, mais elle correspond à une signature d’artiste moderne de tradition zen ou calligraphique.
Peinture réalisée avec :
• encre sumi / lavis d’encre diluée/ touches texturées appliquées au pinceau.
Le style évoque les traditions de peinture zen et lettrée (bunjinga / nanga).
La composition est extrêmement épurée :
• grand fond doré / éventail central
• paysage suggéré par quelques masses d’encre.
Ce minimalisme correspond à l’esthétique japonaise du ma, l’espace vide qui donne force à la composition.
Le paysage suggéré évoque :
• la montagne / la mer/ les forces naturelles.
Dans l’esthétique zen, ces paysages abstraits symbolisent :
• la contemplation / la nature changeante/ la simplicité.
Ce rouleau peut être exposé toute l’année, mais il s’accorde particulièrement avec une présentation de suiseki paysage / un tokonoma minimaliste.
Montage élégant en soie dorée.
Le montage paraît dater de la période Shōwa (milieu XXᵉ siècle). Peinture moderne inspirée de la tradition zen et lettrée.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 67 cm
Prix : 250 euros






Galerie
Hauteur : 192 cm
Largeur : 60 cm
Prix : 300 euros






PINS ET OISEAU
Composition très japonaise : 3 grands pins élancés/un relief rocheux/un oiseau solitaire/fond très épuré, C’est une scène typique de paysage poétique minimaliste.
L’oiseau Probablement : hibari (alouette) ou petit moineau de montagne
Dans la peinture japonaise, un petit oiseau seul évoque souvent : le calme/l’écoute du vent / la solitude contemplative
Dans l’iconographie japonaise : pin + oiseau solitaire = paysage hivernal méditatif On est clairement dans la tradition nihonga / peinture classique tardive. Les arbres ont un mouvement naturel, presque calligraphique.
La signature lit : 不二 (Fuji)
Ce type de signature simple est fréquent chez des peintres régionaux de la fin Edo / début Meiji, l’artiste est Kodama Kibou.
Le montage est typique fin Edo / début Meiji :
tissu karakusa classique/structure simple/proportions anciennes
Datation probable : fin période Edo — début Meiji
1850 – 1880
Ce que l’œuvre évoque (lecture poétique) :
« Un oiseau s’est posé sur une branche, Le vent traverse les pins, La montagne est silencieuseC’est un moment suspendu »
Livre avec deux boites.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 48 cm
Prix : 300 euros









Galerie
Hauteur : 187 cm
Largeur : 45 cm
Prix : 350 euros






SOLEIL ROUGE ET BRUME
Thème classique japonais appelé :
• 旭日図 (Kyokujitsu-zu) — soleil levant
• ou 瑞日 (Zuijitsu) — soleil de bon augure
Symbolique : renouveau, prospérité, énergie positive, souvent associé au Nouvel An ou au début du printemps dans un tokonoma.
Traduction de Inscription :
« Respectueusement peint : scène de nuages lumineux et de soleil de bon augure»
Signature : 秀文 (Shūbun / Hidefumi)
Peinture de type nihonga (peinture japonaise traditionnelle moderne).
Caractéristiques visibles :
• pigments minéraux / lavis atmosphérique
composition minimaliste / importance du vide
La scène repose sur trois éléments simples : disque solaire, brume, espace vide.
Datation : Période la plus cohérente : fin Meiji – début Taishō ≈ 1890 – 1915
Hauteur : 188 cm
Largeur : 48 cm
Prix : 350 euros









Galerie
Hauteur : 90 cm
Largeur : 42 cm
Prix : 150 euros






Galerie
Hauteur : 200 cm
Largeur : 43 cm
Prix : 250 euros






Galerie
Hauteur : 190 cm
Largeur : 60 cm
Prix : 300 euros






CALLIGRAPHIE NUAGES ET MONTAGNES
Kato Ryuho (1915-1992)
Il fut le 128e abbé du temple Zuiganji de l’école Myoshinji de la secte Rinzai.
Traduction :
Des nuages blancs flottent sans but.
Et les montagnes restent imperturbables. Le nuage blanc est une métaphore de l’illusion, du trouble, etc., et la montagne demeure intacte, même si les nuages vont et viennent.
De même, si nous prenons conscience de notre nature de Bouddha originelle, nous ne serons pas trompés par les nuages des troubles et des illusions
Hauteur : 175 cm
Largeur : 25 cm
Prix : 140 euros






Soleil et Mer
belle peinture de soleil sur la mer, avec nuage doré signe de bonne augure, embouts en os.
Hauteur : 180 cm
Largeur : 42 cm
Prix : 180 euros






Soleil et Vague
Peinture ur papier réalisé par Matsuo Sogo, la vague montre un bon dynalisme et le soleil pale l’accompagne bien, ideale pour accompagner un pin.
Hauteur : 185 cm
Largeur : 32 cm
Prix : 180 euros






Vagues et Soleil
Les vagues et le soleil sont réalistes, le mouvement des vague dynamique, beau kakemono
Hauteur : 180 cm
Largeur : 57 cm
Prix : 170 euros






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