Décorations des Tokonomas
Heian Zohiko (平安象彦) – IXᵉ génération Nishimura Hikobei (西村彦兵衛)
Paire de canards mandarins en maki-e (おしどり置物 – Oshidori Okimono)
Symbole intemporel de l’amour, de la fidélité et de l’harmonie conjugale dans la culture japonaise, le couple de canards mandarins (oshidori) occupe une place privilégiée dans les arts décoratifs depuis l’époque d’Edo. Cette remarquable paire, réalisée par la prestigieuse maison Heian Zohiko, illustre avec éclat l’excellence de la laque de Kyoto et le raffinement d’un savoir-faire transmis depuis plus de trois siècles.
Chaque oiseau est entièrement recouvert d’un décor en maki-e, où de fines poudres d’or dessinent un plumage d’une précision exceptionnelle. Les motifs géométriques, exécutés avec une minutie extraordinaire, se succèdent harmonieusement, tandis que le mâle déploie son spectaculaire plumage vermillon, rehaussé de délicates lignes d’or, contrastant avec l’élégance plus sobre de la femelle. La douceur des volumes, l’équilibre des proportions et la profondeur de la laque confèrent à l’ensemble une présence à la fois majestueuse et apaisante.
Fondée à Kyoto au XVIIᵉ siècle, la maison Heian Zohiko est considérée comme l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses manufactures de laque du Japon. Les œuvres issues de la lignée des Nishimura Hikobei sont recherchées pour la qualité exceptionnelle de leur exécution et leur parfaite maîtrise des techniques traditionnelles du maki-e.
Conservée dans sa boîte d’origine (tomobako) accompagnée de son livret, cette paire constitue un ensemble complet, témoignant du soin apporté à sa préservation. Plus qu’un simple objet décoratif, elle incarne l’élégance de l’artisanat impérial de Kyoto et l’esthétique raffinée qui caractérise les plus belles créations de la laque japonaise du XXᵉ siècle.
Dimensions :
• Mâle : hauteur 5,9 cm × longueur 10,5 cm × profondeur 5 cm
• Femelle : hauteur 5,7 cm × longueur 9 cm × profondeur 4,8 cm
État : excellent état de conservation, avec sa boîte d’origine et son livret. Une œuvre de collection d’une qualité remarquable, destinée aux amateurs exigeants de laque japonaise et des grands ateliers de Kyoto
Prix : 900€














読書 — Dokusho (La Lecture)
有村辰雄作 — Œuvre de Arimura Tatsuo
Dans le silence d’une cellule monastique ou d’un pavillon retiré, un vieil homme est absorbé par sa lecture. Agenouillé, le corps légèrement incliné vers l’avant, il tient entre ses mains un livre ouvert dont les caractères semblent défiler comme une méditation intérieure. Son regard ne se porte pas sur le monde extérieur mais vers la connaissance, le souvenir et la réflexion.
Arimura Tatsuo choisit ici un sujet d’une grande simplicité apparente, mais c’est précisément cette retenue qui confère à l’œuvre sa profondeur. Le visage émacié, marqué par l’âge et l’expérience, révèle une attention intense. Les rides du front, les paupières légèrement abaissées, la barbe naissante et la bouche discrètement entrouverte traduisent l’instant fragile où la lecture devient contemplation. L’artiste ne cherche pas à idéaliser son personnage ; il lui donne au contraire une présence profondément humaine, empreinte de sagesse et d’humilité.
La polychromie participe pleinement à cette atmosphère. Le vert doux du kimono et le brun rouge du kesa composent un accord chromatique sobre et raffiné, évoquant l’esthétique japonaise de la discrétion et du dépouillement. Les couleurs ne dominent jamais la sculpture ; elles accompagnent la forme et soulignent la sérénité du sujet.
L’exécution témoigne d’une remarquable maîtrise. Les volumes sont équilibrés, les mains sont traitées avec délicatesse et le visage concentre toute l’attention du spectateur. Vu de près, l’ouvrage révèle une multitude de détails subtils qui renforcent l’impression de vie intérieure. Cette qualité d’observation rapproche davantage l’œuvre des grandes traditions du ningyō artistique japonais que de la simple sculpture décorative.
Le titre inscrit sur la boîte, 読書 (Dokusho), « La Lecture », résume parfaitement l’esprit de la composition. Pourtant, il ne s’agit pas seulement d’un lecteur. Cette figure incarne également l’étude, la transmission du savoir, la méditation et la quête spirituelle. Dans la culture japonaise, la lecture silencieuse d’un texte classique ou religieux est souvent associée à un exercice de perfectionnement intérieur ; cette sculpture semble capturer précisément cet instant de concentration absolue
Longeur/Profondeur/Hauteur : 18-18-29cm
Prix : 1900€
















銅製 芭蕉翁 — Bashō, le poète des chemins
Assis dans une attitude de repos après l’étape, le grand poète Matsuo Bashō (1644-1694) est représenté ici avec une remarquable sobriété. Son large chapeau de voyage posé à ses côtés, son écritoire suspendu à la poitrine et son visage empreint de sérénité évoquent immédiatement l’image du maître errant parcourant les routes du Japon à la recherche de l’instant fugitif qui donnera naissance à ses haïkus immortels.
Cette sculpture en bronze patiné se distingue par la qualité de son modelé. Le visage, traité avec une grande sensibilité, échappe à toute rigidité académique. Le regard paisible, les lèvres légèrement esquissées et la douceur des volumes traduisent l’intériorité du personnage davantage que son apparence physique. Cette capacité à suggérer l’esprit de Bashō plutôt qu’à simplement le représenter témoigne d’un véritable talent de sculpteur.
La patine brun profond, acquise au fil du temps, souligne élégamment les plis du vêtement et les détails du chapeau de pèlerin finement ciselé. L’ensemble dégage cette atmosphère de calme contemplatif qui caractérise les meilleures représentations du célèbre poète. Plus qu’un portrait, cette œuvre incarne une idée : celle du voyage comme chemin de connaissance et de dépouillement intérieur.
La tomobako d’origine porte l’inscription 銅製 芭蕉翁 (Dōsei Bashō-ō), « Bashō en bronze », confirmant sans ambiguïté l’identité du sujet. La présence de cette boîte ancienne, conservée avec la sculpture, renforce l’authenticité et l’intérêt historique de l’ensemble.
Les représentations de Bashō occupent une place particulière dans l’art japonais. Figure majeure de la culture de l’époque Edo, auteur de La Sente étroite du Bout-du-Monde (Oku no Hosomichi), il demeure aujourd’hui encore le symbole du voyage poétique, de l’observation attentive de la nature et de la quête de l’essentiel. Cette sculpture traduit avec justesse cette dimension spirituelle et méditative.
Œuvre de la fin de l’époque Meiji ou du début de l’ère Taishō, elle constitue un remarquable témoignage de l’art du bronze japonais, alliant maîtrise technique, qualité esthétique et profondeur culturelle.
Japon, fin Meiji – début Taishō (vers 1890-1920).
Bronze patiné avec tomobako d’origine.
Dimensions : 16 × 15 × 17 cm.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 16-15-17cm
Prix : 650 euros













Kuzuya – MAISON JAPONAISE EN DEUX PARTIES
中里重利 — Nakazato Shigemori (Shigeemon)
Rare œuvre de Nakazato Shigemori, cette kuzuya représente une ancienne maison paysanne japonaise au toit de chaume, réalisée en deux parties emboîtées : la toiture forme le couvercle tandis que la base constitue le corps de la maison.
Par un remarquable travail d’incisions manuelles, l’artiste restitue avec finesse les bottes de chaume, les ligatures et les réparations traditionnelles visibles sur les vieilles habitations rurales japonaises.
La glaçure ivoire aux nuances ferrugineuses renforce l’atmosphère wabi, empreinte de simplicité et de mémoire du temps.
Même le dessous de la pièce est entièrement travaillé, révélant le soin exceptionnel apporté à l’ensemble.
L’œuvre est conservée dans son tomobako d’origine signé et scellé. Dans la tradition japonaise, cette boîte ne sert pas uniquement à protéger l’objet : elle fait partie intégrante de l’œuvre et de sa transmission.
La pièce est également accompagnée de son rare tissu jaune signé (tomonuno), portant calligraphie et sceaux rouges de l’artiste, élément particulièrement apprécié des collectionneurs japonais.
À propos de l’artiste : Nakazato Shigemori (中里重利), né en 1943 à Arita dans la préfecture de Saga, appartient à la grande tradition céramique japonaise.
Son travail mêle esthétique du thé, esprit mingei et sensibilité rurale japonaise. Une de ses œuvres fut offerte au sanctuaire impérial de Meiji-jingū à Tokyo.
Impression : Cette kuzuya évoque les anciens villages japonais, les maisons oubliées des montagnes et l’élégance silencieuse du Japon traditionnel.
Une œuvre intime et profondément poétique.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 7-4-5cm
Prix : 250 €










BRONZE TEMPAI : GRENOUILLE DE MIYAMOTO
MIYAMOTO RISABURŌ (宮本理三郎)
Grenouille sur feuille Bronze à patine brune nuancée Japon, XXe siècle
Description : Bronze finement ciselé représentant une grenouille saisie dans un instant de tension silencieuse, posée sur une feuille allongée dont les nervures sont traitées avec une grande délicatesse. L’animal, légèrement relevé sur ses membres, semble prêt à bondir, incarnant ce moment suspendu si caractéristique de l’esthétique japonaise. Le modelé témoigne d’un remarquable sens de l’observation : texture subtile de la peau, articulation précise des membres, traitement naturaliste sans excès de réalisme. La feuille, longue et élégamment effilée, agit comme un socle naturel, presque calligraphique.
Esthétique : L’œuvre illustre parfaitement la sensibilité japonaise à la nature fugace et aux atmosphères saisonnières. La grenouille, motif traditionnel associé à la pluie, au renouveau et au retour, introduit ici une dimension symbolique discrète mais essentielle. La composition horizontale, d’une grande pureté, évoque une ligne picturale proche de la peinture à l’encre, où le vide et la forme dialoguent avec retenue.
Artiste : Miyamoto Risaburō est reconnu pour ses bronzes animaliers d’une grande finesse, caractérisés par une approche à la fois naturaliste et poétique. Son travail se distingue par une attention particulière portée à l’attitude et à la présence du sujet, plutôt qu’à une simple reproduction formelle
Longeur/Profondeur/Hauteur : 21-6-4 cm
Prix : 800 €










PERSONNAGE DE COUR
Artiste : HARUMAA 春満
Personnage de cour tenant un éventail Sculpture en bois polychrome Japon, XXe siècle
Description : Élégante sculpture en bois polychrome représentant un personnage de cour, richement vêtu et tenant un éventail décoré. L’attitude légèrement inclinée du visage, au regard baissé, confère à l’ensemble une expression de douceur et de retenue, typique de l’esthétique japonaise raffinée. Le travail est particulièrement remarquable dans le traitement du visage, d’une grande finesse, ainsi que dans la richesse des textiles : larges manches, manteau orné de motifs floraux et végétaux, et superposition de couches vestimentaires finement rendues. L’éventail, délicatement peint, apporte une touche narrative et équilibrante à la composition.
Esthétique : L’œuvre s’inscrit dans la tradition des représentations de cour (probablement d’inspiration Heian ou théâtre classique), où l’élégance des gestes et la richesse des costumes priment sur le mouvement. La polychromie, dominée par des tons profonds de violet, rouge et or, crée un contraste harmonieux et souligne le caractère précieux de la pièce. Les motifs — pins stylisés, feuillages et papillons — renforcent la dimension saisonnière et poétique.
Travail & technique : Sculpture en bois finement taillée, recouverte d’une polychromie élaborée avec rehauts dorés. Très beau travail des volumes textiles, donnant une impression de fluidité malgré la structure massive du vêtement.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 14-10-24 cm
Prix : 750 €
Video :https://youtu.be/5wtiovODUFE











PERSONNAGE NO OKINA
OKOHAMA SHŌZŌ(横浜勝三)
Personnage de cour tenant un éventail Sculpture en bois polychrome Japon, XXe siècle
Description : Sculpture en bois polychrome représentant un dignitaire de cour dans une posture codifiée, tenant un éventail richement orné. Le personnage, vêtu d’un ample costume cérémoniel, adopte une attitude à la fois solennelle et mesurée, évoquant les figures issues du théâtre Nō ou des danses de cour impériales (bugaku).
Le visage, finement sculpté et délicatement peint, présente une expression stylisée empreinte de sérénité. Les détails — moustache, barbiche, traitement des paupières — témoignent d’un travail maîtrisé et d’une recherche d’équilibre entre réalisme et idéalisation.
Esthétique : L’intérêt majeur de l’œuvre réside dans la richesse de sa polychromie et le raffinement de son décor textile. Le manteau est orné de motifs hexagonaux (kikkō), symbole traditionnel de longévité et de prestige, exécutés avec précision et rehauts dorés.
Les superpositions de vêtements, aux tonalités ivoire, or et vert pâle, créent un jeu subtil de volumes et de textures. L’éventail polychrome, traité avec vivacité, introduit une dynamique visuelle qui équilibre la composition.
Artiste : Yokohama Shōzō est connu pour ses sculptures figuratives inspirées des traditions classiques japonaises. Son travail se distingue par la qualité de la polychromie et une attention particulière portée à la représentation des costumes et des attitudes codifiées.
Signature & boîte : Signature gravée sous la base Tomobako d’origine avec inscription calligraphiée et sceau rouge Japon, XXe siècle.
État :Très bon état général. Usures mineures de la polychromie, conformes à l’âge et sans altération structurelle.
avec boîte d’origine.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 21-18-40 cm
Prix : 850 €
Video :https://youtu.be/fDcP2sgtgWg












©Droits d’auteur. Tous droits réservés