Suisekis en vente
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望郷 — Bōkyō
« Nostalgie du pays natal »
Setagawa-ishi — 瀬田川石
Japon, préfecture de Shiga
Ancienne collection Soga Sanjin 曽我山人
Cette importante pierre de la rivière Seta présente une masse ample, dense et profondément structurée. Sa surface sombre, animée de reliefs,
d’irrégularités et de nuances naturelles, évoque un vaste paysage montagneux. Sa force tient moins à une forme immédiatement descriptive qu’à cette capacité à suggérer une terre lointaine, silencieuse, presque mémorielle.
Le nom 望郷 — Bōkyō signifie « nostalgie du pays natal ». Le caractère 望 exprime l’idée de regarder au loin, désirer, aspirer vers ; 郷 désigne la terre d’origine, le pays natal. Le titre évoque donc le sentiment du voyageur éloigné de chez lui, dont la pensée demeure tournée vers le lieu qu’il a quitté.
Traduction du poème Pinchot a l’interieur de la Kiribako ancienne :
清溪行 — Qīngxī xíng
« Voyage sur la rivière Qingxi » — Li Bai 李白 (701–762)
“La claire Qingxi purifie mon cœur.
La couleur de son eau diffère de celle de toutes les autres rivières.
Je demande alors à la rivière Xin’an :
où donc trouver une eau aussi limpide jusqu’au fond ?
Les hommes semblent marcher au milieu d’un miroir lumineux, les oiseaux traverser l’intérieur d’un paravent peint. À l’approche du soir retentissent les cris des singes, et leur plainte attriste le voyageur loin de sa patrie”
Le poème donne toute sa profondeur au nom Bōkyō. La contemplation d’un paysage d’une pureté exceptionnelle conduit peu à peu à un sentiment plus intérieur : celui de l’éloignement. La dernière image, celle du voyageur loin de sa patrie, rejoint directement le sens du nom donné à la pierre. La surface de la pierre est comparable a celle d’une rivière.
Soga Sanjin — 曽我山人
Soga Sanjin 曽我山人, de son nom Motoyama Yukio 本山幸男, fut un important collectionneur de suiseki établi à Osaka et une figure reconnue du monde du suiseki du Kansai.
Soga Sanjin 曽我山人 — “Soga, l’homme de la montagne”, nom de lettré évoquant la figure de l’ermite cultivé, retiré du monde et voué à la contemplation, à la poésie et aux arts
Les sources japonaises spécialisées soulignent la grande exigence de Soga Sanjin dans la sélection de ses pierres, notamment pour la qualité de leur matière, leur origine et leur caractère. Sa collection comprenait des pierres remarquables issues de plusieurs grands gisements japonais et jouissait d’une réputation importante dans le Kansai.
Sa culture dépassait largement le seul suiseki. Il était également versé dans le sencha, les objets de lettré et la poésie, ce qui le rattache pleinement à l’univers du bunjin, le lettré cultivé pour qui pierre, calligraphie, poésie et contemplation forment un même ensemble esthétique.
Certaines sources indiquent également qu’il inscrivait personnellement à la laque rouge des poèmes chinois sur des pierres ou des éléments associés à celles auxquelles il attachait une importance particulière.
Dans le cas de Bōkyō, la présence de sa signature à l’intérieur du coffret donne à la provenance une importance particulière. Elle rattache directement la pierre à une collection historique reconnue et à un collectionneur dont le regard, la culture et les choix étaient profondément ancrés dans la tradition lettrée japonaise. Le Daiza a ete realise par le maitre artisan Hashin Ryuseki (龍石)
Cette provenance ne doit donc pas être considérée comme une simple succession de propriété. Elle constitue une véritable valeur documentaire et culturelle, d’autant plus forte ici que le nom Bōkyō, le poème de Li Bai et l’univers de Soga Sanjin se répondent avec une grande cohérence.
Bōkyō apparaît ainsi comme bien davantage qu’une belle Setagawa-ishi : c’est une pierre dont la forme, le nom, la poésie et la provenance composent un ensemble particulièrement abouti, centré sur le voyage, la mémoire et le regard porté vers une terre lointaine.
Longeur/Profondeur/Hauteur: 37-22-16cm
Prix : 4800 €
Video : https://youtu.be/OOpKjlVAcYw?is=hToOESgXpR0wqR9G















Kōtarō-Ishi 幸太郎石 — Mizu-tamari
Originaire de Hokkaidō, la Kōtarō-ishi (幸太郎石) appartient à une famille de pierres particulièrement singulière dans l’univers du suiseki japonais. Son nom est associé à Kōtarō-sawa, lieu dont sont originaires ces pierres et dont la tradition rapporte qu’il conserverait lui-même le souvenir d’un ancien chasseur aïnou nommé Kawana Kōtarō.
Les Kōtarō-ishi sont réputées pour leur matière dense aux tonalités profondes, allant du bleu indigo au noir, parfois traversées de nuances rouge-brun. Mais leur caractère le plus spectaculaire réside dans l’action de l’érosion : la pierre se creuse, se déchire et se transforme en un véritable paysage de falaises, de cavernes, de passages et de vallées miniatures.
Entièrement naturelle (UBU), la pierre développe une architecture complexe dominée par une haute masse rocheuse. Les différents volumes s’organisent progressivement autour d’une profonde dépression naturelle formant un mizu-tamari, littéralement un bassin dans lequel l’eau peut demeurer.
Une fois rempli, ce bassin devient un véritable lac de montagne. La surface immobile de l’eau introduit un espace de silence au milieu d’un relief particulièrement tourmenté : autour de lui surgissent falaises, escarpements et cavités, donnant à la pierre une profondeur visuelle étonnante.
Sa peau constitue l’un de ses grands attraits. Les parties sombres et profondes côtoient des nuances brun-rouille et ocre, tandis que l’érosion a façonné une multitude de rides, de creux et d’aspérités. Certaines surfaces plus compactes prennent, lorsqu’elles sont humidifiées, une profondeur et un éclat remarquables, caractéristique appréciée des belles Kōtarō-ishi.
Malgré ses dimensions de 25 cm, la pierre possède ainsi une présence presque monumentale. Sa silhouette asymétrique conduit naturellement le regard depuis le sommet vers le bassin intérieur, puis vers les reliefs secondaires. À mesure que l’on tourne autour d’elle, le paysage change : une cavité devient une grotte, une saillie devient une falaise et une dépression se transforme en vallée.
Son daiza en bois sombre, précisément ajusté aux contours naturels de la base, accompagne avec sobriété cette masse rocheuse et lui donne l’assise nécessaire sans en diminuer la puissance.
Une Kōtarō-ishi de paysage remarquable, associant une surface profondément érodée, une architecture montagneuse spectaculaire et surtout un véritable mizu-tamari naturel : une pierre dans laquelle l’eau et la montagne ne sont plus seulement suggérées, mais véritablement réunies.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 25-24-20 cm
Prix : 3500 €
Video : https://youtu.be/ZmLAG-yK3ic?is=-GeCtvP7ju09uBM1


















加茂川石 銘「雲山」
Kamogawa-ishi — « Unzan » 雲山,
“la Montagne de Nuages”
Cette exceptionnelle Kamogawa-ishi (加茂川石) porte le nom poétique 「雲山」– Unzan, littéralement « Montagne de Nuages ».
Par ses dimensions imposantes, la puissance de son relief et surtout la qualité remarquable de sa provenance, elle appartient à la catégorie des grands suiseki de collection.
La pierre développe un vaste paysage montagneux dont la composition est d’une étonnante richesse. À gauche, un massif puissant s’élève par une succession de rochers, de falaises et de profondes anfractuosités. La silhouette s’abaisse ensuite progressivement vers la droite, laissant apparaître des reliefs secondaires puis une longue extrémité basse. Cette construction crée une véritable perspective naturelle, donnant l’impression de contempler une chaîne montagneuse disparaissant lentement dans le lointain.
La surface constitue l’un de ses attraits majeurs. Tourmentée, profondément érodée et ponctuée de multiples cavités, elle évoque des parois rocheuses ayant subi pendant des siècles l’action de l’eau et du temps. Les volumes plus arrondis qui émergent de certaines parties contrastent avec les zones plus accidentées et accentuent encore la sensation de profondeur.
Le nom Unzan — « Montagne de Nuages » prend alors tout son sens : les différents volumes semblent apparaître et disparaître comme des sommets traversant une mer de brume. Selon l’angle de contemplation, le paysage peut également évoquer des îles montagneuses surgissant au-dessus d’une vaste étendue d’eau.
Elle rappelle également la place particulière de Kyoto dans l’histoire du suiseki et souligne la réputation ancienne des pierres de la rivière Kamo, façonnées par les eaux des montagnes entourant l’ancienne capitale. Leur harmonie entre couleur, texture, densité et patine leur confère une personnalité très différente de celle des pierres provenant d’autres régions du Japon.
Une provenance de premier ordre :
« Unzan » appartenait autrefois au célèbre amateur de pierres Honda Shōjirō (本田正二郎), collectionneur établi dans la région de Kurama, à Kyoto.
La documentation indique que cette Kamogawa-ishi possède une provenance ancienne et continue et qu’elle fut transmise par Maître Koike Useki (小池雨石先生), après quoi elle fut précieusement conservée pendant de nombreuses années.
Cette succession de propriétaires et son apparition dans une publication spécialisée constituent un élément essentiel de son importance : nous ne sommes plus simplement devant une très belle pierre de paysage, mais devant un suiseki documenté appartenant à l’histoire du collectionnisme japonais.
Une pierre conçue pour plusieurs modes de présentation
雲山 — Un paysage de contemplation
Malgré sa taille cette pierre ne donne jamais une impression de lourdeur. Sa ligne descendante, l’alternance de masses et de vides et l’extrémité droite très basse introduisent un mouvement particulièrement subtil.
Le regard commence naturellement par la masse montagneuse principale avant de parcourir les reliefs successifs et de s’échapper vers le lointain. C’est précisément cette aptitude à suggérer un espace infiniment plus vaste que la pierre elle-même qui caractérise les grands sansui-keiseki, les pierres de paysage montagneux.
« Unzan » n’imite pas simplement une montagne : elle en suggère l’atmosphère.
Les sommets apparaissent dans la brume, les vallées s’enfoncent dans l’ombre et le paysage semble se prolonger au-delà de la pierre. Cette ambiguïté entre roche réelle et paysage imaginé est au cœur de l’esthétique du suiseki.
Par sa dimension exceptionnelle, la complexité de sa surface, son daiza ancien, sa possibilité de présentation en suiban, son nom poétique et surtout sa provenance documentée auprès de collectionneurs japonais reconnus, « Unzan » peut être considérée comme une Kamogawa-ishi de très haut niveau, destinée à une collection exigeante.
Une pierre où se rejoignent les trois dimensions essentielles du grand suiseki japonais : la nature, le temps et la transmission.
Traduction du texte a l’interieur de la Kiribako :
名石 由来書
Pierre renommée ‒ Notice d’origine
Nom de la pierre : 雲山石(Unzan-seki)
Montagne enveloppée de brume
Cette pierre est, depuis les temps anciens, considérée comme une pierre renommée (名石). Elle fut chérie,
conservée et transmise par plusieurs générations de collectionneurs.
Elle provient de l’ancienne collection de feu Monsieur Takahashi (故・高橋氏 旧蔵), et possède ainsi une provenance établie.
Sa forme évoque une montagne naturelle, semblant contenir en son sein les nuées et les brumes. Sa présence est à la fois massive et paisible, empreinte de dignité et de noblesse. Elle supporte une contemplation prolongée, ne lasse jamais le regard, et fait ressentir le mouvement au cœur même du silence.
空山堂主人 記
Rédigé par le maître de la Salle Kūzandō
(sceau personnel apposé).
Longeur/Profondeur/Hauteur : 54-29-14cm
Prix : 8500 €
Video : https://youtu.be/9K_Xxc638rk?is=eODOF3wMKThpqKDh


















Kamogawa Maguro-ishi — 加茂川真黒石
Ancienne collection Yonekura Nobuhiro — Collection Asai Yoshiaki
Cette remarquable Kamogawa Maguro-ishi, provenant de la rivière Kamo à Kyoto, offre malgré ses dimensions contenues une composition d’une étonnante monumentalité. Sa masse sombre et profondément travaillée évoque un paysage montagneux ancien, fait de falaises abruptes, de plateaux rocheux, de gorges et de passages naturels.
La face principale est dominée par un sommet puissant qui s’élève au-dessus de plusieurs plans successifs. Les grandes parois verticales donnent à la pierre une architecture presque construite, tandis que les nombreuses anfractuosités et ruptures de relief introduisent profondeur et mouvement. Le regard ne s’arrête jamais à une seule surface : il pénètre progressivement dans la pierre, découvrant vallées, escarpements et espaces dissimulés.
L’une de ses caractéristiques les plus remarquables apparaît cependant lorsqu’on la contourne. À l’arrière, la roche forme naturellement un véritable pont, ouvert entre deux masses du relief. Cette percée apporte une dimension supplémentaire au paysage : elle crée une circulation du regard à travers la pierre et suggère un passage suspendu au-dessus d’une gorge. Selon l’angle d’observation, la composition se transforme ainsi profondément, offrant plusieurs paysages au sein d’une même pierre.
Cette richesse tridimensionnelle constitue l’une de ses grandes qualités. La pierre ne possède pas seulement une belle face : elle invite à être observée sous différents angles, chacun révélant une nouvelle organisation des sommets, falaises, cavités et passages.
Sa matière sombre, caractéristique des Maguro-ishi de Kamogawa, renforce encore cette impression de profondeur et d’ancienneté. Les nuances gris-noir, ponctuées de tonalités terreuses dans les creux, soulignent naturellement le relief sans jamais rompre l’unité de la pierre.
La pierre bénéficie enfin d’une provenance japonaise documentée par sa kiribako. Le couvercle porte clairement l’inscription 加茂川真黒石 — Kamogawa Maguro-ishi. Au revers est mentionnée l’ancienne collection de Yonekura Nobuhiro (米倉信博翁), à Tokyo, le caractère honorifique 翁 témoignant du respect attaché à son nom. La boîte porte également la mention Nagaoka, Niigata — collection Asai Yoshiaki (浅井芳昭 蔵) ainsi que la date de janvier 2004.
Une Kamogawa Maguro-ishi de grande qualité, où la puissance des falaises et du sommet contraste avec la subtilité des vides et des passages. Son exceptionnel relief arrière en forme de pont naturel en fait surtout une pierre que l’on ne contemple pas seulement de face : elle se découvre progressivement, comme un véritable paysage miniature.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 21-11-16cm
Prix : 2400 €
Video : https://youtu.be/97dFdTrw2Ns?is=r-YiKrLnccyL17iH















富山石 銘「夕映えの断崖」
Toyama-ishi – Mei « Yūbae no Dangai » (Les Falaises embrasées du crépuscule)
Cette remarquable Toyama-ishi, portant le nom « Yūbae no Dangai » (夕映えの断崖), évoque une succession de falaises dominant un rivage paisible. Son profil allongé, rythmé par deux reliefs principaux séparés par une profonde échancrure naturelle, crée un paysage d’une grande sérénité où le regard chemine librement d’un sommet à l’autre.
La richesse de cette pierre réside dans le contraste entre sa peau sombre, délicatement patinée, et les veines ocre qui traversent naturellement la roche. Ces nuances évoquent les dernières lueurs du soleil couchant illuminant les parois rocheuses, donnant au paysage une profondeur et une atmosphère remarquables.
Selon l’angle d’observation, elle suggère tantôt une côte escarpée, tantôt un ancien plateau montagneux entaillé par les éléments. Cette diversité de lecture, alliée à l’équilibre de sa composition, lui confère une présence à la fois puissante et contemplative.
Présentée dans un daiza moderne en bois de rose de très haut niveau parfaitement réalisé, cette Toyama-ishi exprime pleinement l’esthétique du 幽玄 (yūgen), cette beauté discrète et intemporelle qui invite à une contemplation silencieuse.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 16-5-5cm
Prix : 2800 €
Video : https://youtu.be/Q6rZby0bMns?is=rVfE4yeM9bUdFSrh











佐治川石 — 蘇東坡立像
Saji-gawa ishi — « Su Dongpo debout »
Cette imposante pierre de la rivière Saji (佐治川 Tottori prefecture) appartient à la tradition des sugata-ishi, ces pierres dont la forme naturelle évoque une figure humaine. Sa silhouette élancée fut reconnue comme celle de Su Dongpo (蘇東坡, 1037–1101), nom d’art de Su Shi, l’un des plus illustres poètes, calligraphes et lettrés de la Chine des Song.
La boîte porte ainsi l’inscription 蘇東坡立像 — Sotōba ritsuzō, « Figure debout de Su Dongpo ». La masse sombre de la pierre suggère une figure vêtue d’une longue robe, immobile et légèrement inclinée, comme un lettré absorbé dans la contemplation.
Cette identification prend toute sa profondeur avec l’inscription calligraphiée à l’intérieur de la boîte. Elle reprend deux célèbres vers de Su Dongpo :
溪聲便是廣長舌
山色豈非清淨身
« Le murmure du torrent est la vaste langue [du Bouddha] ;
la couleur des montagnes n’est-elle pas son corps pur ? »
Ces vers expriment une conception profondément bouddhique de la nature : nul besoin de paroles pour recevoir un enseignement. L’eau qui coule devient la voix du Bouddha et la montagne, la manifestation de son corps.
Le choix de ce poème pour accompagner une pierre de la Saji-gawa est particulièrement subtil. La pierre façonnée durant des siècles par les eaux de la rivière devient elle-même l’expression de cette pensée : matière, eau, montagne et poésie se répondent.
Plus qu’une simple ressemblance figurative, 蘇東坡立像 réunit ainsi trois dimensions essentielles de l’art du suiseki : la puissance suggestive de la pierre naturelle, la culture du lettré et la contemplation silencieuse du paysage.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 11-54-10cm
Prix : 3500€
Video :















鴟尾 — Shibi (鴟尾)
Cette remarquable Kurama-ishi puise sa force dans une évocation profondément ancrée dans l’histoire du Japon. Sa silhouette ample et majestueuse rappelle immédiatement le shibi (鴟尾), cet imposant ornement qui couronnait les faîtages des palais et des grands temples des périodes Asuka et Nara. Dressé vers le ciel à chaque extrémité des toitures, le shibi symbolisait à la fois la protection contre les incendies, la puissance spirituelle et le prestige des édifices qu’il surmontait.
La pierre reproduit avec une étonnante fidélité cette forme ancestrale. Son élégante courbe centrale et ses extrémités relevées évoquent les anciennes sculptures de terre cuite qui dominaient autrefois les toits des résidences impériales et des grands sanctuaires bouddhiques. Loin d’être une simple curiosité de forme, elle fait renaître la mémoire d’une architecture presque disparue, dont seuls quelques vestiges témoignent aujourd’hui.
La surface minérale, patinée par le temps, révèle toute la noblesse des meilleures pierres de Kurama.
La pierre semble porter en elle l’empreinte silencieuse des grands monuments de l’ancienne capitale, comme si un fragment de leur esprit avait été préservé dans cette forme minérale. La pierre est Ubu à savoir entièrement naturelle.
Présentée lors de la 11e Exposition Générale Japonaise de Suiseki au prestigieux Ueno Green Club de Tokyo en avril 1995, cette œuvre fut reconnue pour son caractère exceptionnel et son pouvoir évocateur. Sa sélection dans une exposition nationale confirme l’intérêt particulier que les connaisseurs lui accordèrent. Conservée dans son tomobako d’origine et accompagnée de son daiza ancien parfaitement adapté à sa silhouette, elle constitue un témoignage rare de l’esthétique japonaise la plus raffinée (une photo commémorative de l’événement est jointe).
Le shibi est considéré comme l’ancêtre des célèbres shachihoko et de certains ornements de toiture plus tardifs. Posséder une pierre portant ce nom revient à conserver la mémoire d’un symbole architectural vieux de plus de mille ans. À travers sa forme simple et monumentale, cette Kurama-ishi relie le monde naturel à l’histoire sacrée du Japon, faisant dialoguer la pierre, l’architecture et le temps.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 29-7-18cm
Prix : 2800 €
Vidéo : https://youtu.be/b8iPlT82jQo?is=x7XokUO51loWg0lB



















Kurama-ishi 鞍馬石 — 銘「山良波」
Prefecture de Kyoto
“Yamanami”
Cette Kurama-ishi (鞍馬石), développe un remarquable paysage montagneux composé de deux reliefs séparés par un large col.
Elle porte le nom 山良波 — “Yamanami”évocation poétique d’une succession de montagnes ondulant à l’horizon. Ce nom trouve naturellement son écho dans la silhouette de la pierre : un sommet principal s’élève avec puissance tandis qu’un second relief, plus bas et plus doux, lui répond à distance. Entre eux, la dépression centrale apporte profondeur et respiration au paysage.
La pierre présente les tonalités brun ferrugineux caractéristiques des Kurama-ishi, avec une surface ancienne et profondément patinée. Ses nuances terreuses, ses irrégularités et l’érosion naturelle de sa peau donnent au paysage une impression de très grande ancienneté.
Le daiza en bois sombre, particulièrement fin, épouse avec élégance les mouvements de la base. Sa ligne discrète accompagne la pierre sans jamais prendre le dessus et accentue encore l’impression d’une chaîne montagneuse se déployant dans l’espace.
Une Kurama-ishi particulièrement évocatrice, dont la beauté repose sur l’équilibre des volumes, la qualité de sa patine et cette remarquable capacité à suggérer, à partir d’une forme naturelle très simple, l’immensité d’un paysage.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 28-16-9cm
Prix : 1800 €
Video : https://youtu.be/3tEgV2j2rvk?is=41HKd9BYsby06mGD















八海山石 — 銘「東嶽」
Hakkaisan-ishi — Mei « Tōgaku »
« Le Pic de l’Est »
Cette remarquable Hakkaisan-ishi évoque un vaste paysage montagneux dans une composition d’une rare élégance. Sa longue ligne de crête s’élève vers un sommet puissant avant de redescendre progressivement en une succession de reliefs plus doux, donnant à la pierre une profondeur étonnante.
À gauche, un bassin naturel creusé dans la roche constitue l’un de ses détails les plus séduisants.
Cette petite dépression, susceptible de retenir l’eau, introduit au pied du massif l’image d’un lac ou d’une étendue d’eau paisible. Elle enrichit considérablement le paysage et crée un contraste subtil entre la verticalité de la montagne et le calme suggéré par l’eau.
Mais l’une des qualités les plus remarquables de Tōgaku réside dans son équilibre visuel. La masse rocheuse semble presque suspendue au-dessus de son daiza, comme portée par un point d’appui étonnamment réduit. Cette impression de légèreté paraît presque paradoxale face à la puissance du massif : la pierre semble défier son propre poids. Selon l’angle du regard, cet équilibre délicat accentue encore davantage son caractère sculptural.
Son nom Tōgaku (東嶽), « Le Pic de l’Est », inscrit sur le couvercle de sa boîte, accompagne parfaitement cette vision. Sa surface sombre et profondément patinée, parcourue de creux, de plis et d’irrégularités naturelles, lui confère l’apparence d’une montagne ancienne façonnée par les siècles.
La pierre repose sur un superbe daiza en bois de rose réalisé par Kōji Suzuki. Son travail précis épouse la base complexe de la roche tout en préservant cette extraordinaire sensation d’équilibre. Les pieds fins et discrets allègent encore la composition.
Tōgaku réunit ainsi trois éléments particulièrement évocateurs : la puissance d’un sommet, la sérénité d’un bassin et cette fascinante impression d’une montagne en équilibre. Un paysage miniature qui semble moins posé sur son socle qu’en suspension au-dessus de lui.
Longeur/Profondeur/Hauteur : 32-12-10cm
Prix : 3000 €
Video : https://youtu.be/eJYqSAsDZ8Y?is=285jqnR2f4Z5Cba5

















古谷石 — Furuya-ishi
Paris 雲嶺幽境 — Unrei Yūkei
« Paysage secret dans les montagnes des nuages »
Issue des célèbres gisements de Furuya, cette pierre de paysage présente une silhouette spectaculaire où s’élèvent de hautes aiguilles rocheuses semblables à une chaîne de montagnes sacrées émergeant de la brume. Les pics centraux, puissants et élancés, créent un rythme vertical remarquable tandis que les reliefs plus bas qui les entourent évoquent des contreforts escarpés, des vallées profondes et des passages invisibles perdus dans l’immensité.
La matière possède toute la noblesse recherchée des meilleures pierres de Furuya : une surface sombre, dense et subtilement satinée, parcourue de fines veines minérales claires qui rappellent les cascades lointaines descendant le long des falaises. Sous certains éclairages, ces lignes naturelles animent la montagne d’un souffle presque vivant, comme si les eaux de fonte ou les nuages venaient encore modeler la roche.
L’observateur découvre progressivement un véritable paysage intérieur. Les arêtes abruptes suggèrent des sommets inaccessibles, tandis que les cavités naturelles et les passages entre les pics invitent l’imagination à parcourir des chemins anciens menant vers des ermitages oubliés. L’ensemble possède cette profondeur visuelle rare qui permet à une pierre relativement compacte d’évoquer un territoire immense.
Le daiza, admirablement exécuté et signé par Suzuki Kōji (鈴木宏司), épouse avec une précision remarquable chaque mouvement de la base. Son travail met en valeur la puissance du relief tout en préservant l’équilibre visuel de la composition. La patine profonde du bois crée un contraste élégant avec les nuances minérales de la pierre et témoigne d’un savoir-faire de tout premier ordre.
La présentation est complétée par une double boîte de conservation (nijū-bako), comprenant un kiribako intérieur de protection et un coffret extérieur habillé d’un élégant cordon tressé. Cet ensemble, souligne le soin accordé à l’œuvre tout au long de son histoire et renforce son caractère de pièce de collection.
Cette pierre évoque les grands paysages des rouleaux de peinture des Song du Nord : des montagnes dressées vers le ciel, baignées de silence, où l’homme disparaît devant l’immensité de la nature. Elle invite à la contemplation lente, à la méditation et à cette sensation profondément japonaise de distance et de mystère qui constitue l’une des plus hautes expressions de l’art du suiseki
Longeur/Profondeur/Hauteur :
21-8-10cm
Prix : 1500 €
Vidéo : https://youtu.be/D4-WV75fBbg?is=UrBi9AHISApzwFeQ



















